30 août 2025

Sujet 151 - semaine du 30 août au 6 septembre

 Une proposition de Lilou ! 






la cigale et la fourmi/Lilou

 

La cigale et la fourmi 



Une fourmi fifalin, race particulière spécialement formée pour résister à la barnouille, la fameuse cigale chanteuse, vit arriver cette emprunteuse patentée, les ailes en codron, les antennes grinfalantes, l’air épuisé.

Ah te voilà barnouille, ta jerse est de travers, tu as encore trop stricader avec tes congénères.

Oui ma chère et je viens chercher quelques grains de lerte, ton ancêtre n’avait pas été généreuse avec ma grand -mère, mais moi toi je te connais, tu ne me laisseras pas dans la mouise, mourir de faim, de froid.

Et dis donc, je vais me gêner tiens. Non, non tu ne me barnouilleras pas avec des didettes à dormir debout. Tu as chanté à tout venant, tu as quitté tes calortes pour être plus à l’aise derrière les gruniers et tu n’en as pas honte.

Oh non, pas honte mais faim et froid. Je te promets je ne ferai pas de collouste.

Eh qué collouste, colouste toi-même et ouste dehors !

La ménagerie des rêves sous la voûte étoilée /Marie Sylvie

 


 LA MÉNAGERIE DES RÊVES 
          SOUS LA VOÛTE ÉTOILÉE 


Approchez, Mesdames et Messieurs, et laissez-vous porter par la magie. Oubliez la poussière du chemin et les bruits du monde car ici, sous la toile sacrée du grand chapiteau, le meilleur prend vie.

Voici l'auguste  *Grunier, notre majestueux éléphant, le plus sage et le plus grand de tous, dont la démarche profonde fait trembler le sol. Son âme de vieux sage porte les mémoires des voyages, des caravanes sous des ciels inconnus. Il est le cœur battant de notre cirque, une montagne de douceur. 

À ses côtés, bondit  *Lerte, notre zèbre à la vitesse fulgurante, un éclair zébré qui danse avec le vent. Sa course est un poème sans rime, une ligne droite de pure vitalité, un trait de feu sur la piste.

Écoutez le rugissement de la belle *Calorte, notre lionne aux crocs acérés, une reine de crinière et de soleil couchant. Ses yeux d'ambre racontent les terres sauvages et les secrets des nuits de pleine lune. Elle est le frisson et la splendeur. 

Et là-haut, sur sa perche,  * Stricader, le perroquet qui parle sans arrêt, égrène les mots du spectacle, une cascade sonore et colorée qui résonne dans nos âmes. Il est la voix de notre cirque, le gardien des mots perdus. 

Admirez le timide  *Barnouiller, l'ours jongleur, qui malgré son air de rien, a toujours un tour dans son sac. Il a un regard lunaire dont les lourds mouvements cachent une grâce inattendue. Il fait danser les cerceaux avec la gravité d'un philosophe. 

La petite  *Barnouille, elle, notre petite grenouille bondissante qui prépare un saut incroyable, n'est qu'un souffle vert. Sauterelle minuscule aux prouesses géantes, elle tisse l'air de ses bondissements et fait naître des arcs-en-ciel.

Voyez *Didette, la chèvre naine, toujours à la poursuite de sa propre queue, l'équilibriste aux sabots argentés. Elle marche sur un fil invisible, sa queue reste un balancier délicat qui trace des arabesques dans le vide.

Et que dire de  *Grinfaler, notre singe grimpeur qui escalade nos décors en un clin d'œil, l'acrobate hirsute qui fait des arbres sa scène ? Ses doigts agiles trouvent leur équilibre sur des cordes tendues entre ciel et terre. 

Enfin, je vous présente  *Filafin, le plus petit de nos chevaux mais aussi le plus espiègle, le cheval miniature dont le petit trot est une mélodie joyeuse. 
Et avec lui, * Collouste, le poney aux pas lourds mais au cœur léger, dont la silhouette ronde est une invitation au sourire. Ce poney qui malgré son air un peu lourd est aussi un agile danseur. 


Ils sont tous là,  *Codron, le pigeon qui vole avec intelligence des cartes et qui s'apprête à faire son numéro de lecture.
Et n'oublions pas * Jerse, notre fidèle chien au pelage roux, le plus fidèle de tous et dont les yeux sont plus profonds que l'océan. 

Tous sont des étoiles de notre cirque, et nous n'avons qu'un seul but : Vous faire rêver. 

A barnouiller... / Pierre Lpc

 



À barnouiller en fifalin, on choppe le codron de la didette.

Il est bien aise de grinfaler que non, que le grunier peut témoigner

Mais la calorte a tout vu. Ce sera la lerte contre le jerse.

Le jugement va stricader, que l'on ne puisse plus faire collouste.

Alors on range sa barnouille, on sourit et on se tient à carreau.

LA DAME DE PIQUE / J.Libert

 



             LA DAME DE PIQUE



    Elle sort du grunier dans lequel elle règne suivie de sa calorte de fifalins et entourée de son personnel domestique. Ses cheveux de jerse joliment barnouillés  en chignon dégagent une collouste gracile.

 

    Ses didettes, cachées sous un grand manteau de velours pourpre, se dirigent d’un pas lerte vers sa voiture tirée par deux puissants codrons blancs fraîchement étrillés et qui piaffent d’impatience. Les roues vont stricader sur le gravier blond de la cour tandis que les bêtes prennent leur élan pour grinfaler bientôt derrière les hautes futaies de la propriété.


LE FIFALIN, DIDETTE ET LE MITRON / François

 



LE FIFALIN, DIDETTE ET LE MITRON

`

 

Un tout jeune fifalin

Sachant barnouiller sur les bords,

S’est fait prendre à grinfaler,

Quand la sirène à stricadée,

Comme un bandit de grand chemin.

 

Pendant quelques temps il fit des économies de codron,

Sans pouvoir fréquenter sa Didette.

 

Pendant que dehors elle se jerse sa bluette,

Enveloppée dans une grande calorte.

 

En prison il s‘est fait grunier comme mitron,

Un jour au regard il vit la « Lerte »

On l’appelle ainsi le maton,

Qui lui dit allez, ouste,

Ta sortie est signée pauvre collouste.

Imprévu / Galet

 



Imprévu


Debout sous le grunier, il repensait à la journée écoulée. Qu’allait-il faire maintenant que le codron avait décidé de se passer de ses services ? Il avait encore sa collouste à stricader, et sa didette qui n’allait pas tarder  à barnouiller. Mais on ne peut pas repousser un barnouille, n’est-ce pas ? Il allait falloir d’urgence trouver  un jerse pour assurer un lerte à sa calorte et de quoi grinfaler… En attendant, son fifalin pourrait peut-être les aider ?



Un court instant de la vie de Julien / Tarval

 



UN COURT INSTANT DE LA VIE DE JULIEN


Julien est un jeune adolescent,

Un peu fifalin sur les bords,

Le matin il aime barnouiller dans son bain,

Puis il s’habille, petite calorte et jean.

Il va au collège près de chez lui,

Et emmène son collouste pour le déjeuner.

Il aime se grinfaler sur un banc dans la cour avec ses copains,

Et finit toujours son repas avec un grunier.

Sa didette s’appelle Emilie,

Elle est lerte et belle,

Ils se fréquentent depuis un an.

Elle aussi barnouille dans son bain,

Ils ont plein de points en commun.

Julien a une petite moto, et avec sa belle ils vont stricader sur les routes,

En dépit de tous les dangers.

Sa moto s’appelle codron, il la bichonne comme une princesse,

C’est le bien le plus précieux qu’il ait.

Aujourd’hui il est invité à une boum chez son meilleur copain,

Ils vont danser le jerse, et se trémousser dans tous les sens,

Il a hâte d’y être, il y va avec Emilie, ça va être une belle soirée.

Puis le soir venu, il s’endormira la tête pleine de rêves,

Et le lendemain une nouvelle journée commencera.


A force... / K

 



A force de prendre les fifalins pour des cons, il s’est fait barnouiller la didette à grands coups de codron. Et ça n'a pas manqué, comme ils ont été dénoncés par un grunier soucieux de sa réputation, ils lui ont grinfalé toutes les jerses sans calorte. Je vous raconte pas comme ça a stricadé dans les colloustes.   


Organisation / L'Entille

 



Organisation !

 

- Qu’en dites-vous ?

- De quoi ?

- Ben de grinfaler jusqu’à Bizente puis monter à la calorteun jeu d’enfant et revenir à la tombée du jour par la Barnouille. Ça fait un beau parcours.

- Ouais, c’est faisable.

- C’est tout ce que ça vous fait ?!

- Que voulez-vous que j’en dise ? Moi j’étais pour la codronÇa avait bien marché l’année dernière. On a eu beaucoup de monde et des retours très enthousiastes.

- C’est vrai, mais il faut se renouveler. Le Préchon de nos voisins a bien marché aussi au début. Mais à la longue les gens se sont lassés. Même les colloustes ont déclaré forfait. Du coup, la jerse est moribonde. Le Stricater a fait chanter son oraison funèbre. C’est ce que vous voulez ?

- Oh ! Comme vous y allez ! Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Vos arguments plaident pour votre proposition, soit !. Mais ne pourrions-nous pas grunier l’un et l’autre ?

- Expliquez-vous ?

- Une grinfale pour les plus lertes et au fifalin la codron pour tous !

- Excellente suggestion ! Et on pourrait faire venir une didette pour barnouiller. Au final, une jerse pleine de jieste.

- Vous voyez bien qu’on peut crinier quand on se parvers. Je vous rasquante. Oui, ce sera une belle jerse !

 


Emma, l'extraterrestre / Jill Bill

 





Emma, l'extraterrestre


Personne ne la comprend, et pour « cause ».......
Ben, si elle vit dans le jerse ou à collouste............ !?

Emma joue à la didette...... !?
Regarde l'heure au codron..... !?
Fait de la cure de grunier..... !?
Elle barnouille en soirée..... !?
Mais sait stricader la semaine..... !?
Elle porte de la petite calorte.... !?
L'herbe est plus lerte ailleurs, son slogan.... !?
Enfin,
Son amoureux est un fifalin..... !?

Que dire, que dire, que dire....
Surtout, que lui répondre........

Mil et Une soupirations....... !!!

23 août 2025

Sujet 150 - les participants

 


Emma, l'extra-terrestre     par Jill Bill
Organisation     par L'Entille 
A force...    par K
Un court instant dans la vie de Julien    par Tarval
Imprévu     par Galet 
LE FIFALIN, DIDETTE ET LE MITRON    par François
La Dame de Pique   par J.Libert
A barnouiller     par Pierre Lpc
La ménagerie des rêves sous la voûte étoilée  par Marie Sylvie
La fugue de Bouclette     par An'Maï

Sujet 150 - Semaine du 23 au 30 août





Commençons donc par une variation !  

Sur une idée d'Emma, voici 12 mots inventés, vous en avez au moins 10  à placer dans votre texte.  

A votre bon cœur !

De quoi redémarrer en fanfare ;-)






fifalin  - barnouiller - didette - codron - 
lerte - grinfaler - grunier - calorte - 
barnouille - collouste - jerse - stricader 








Séléné/Lilou

 Séléné



En ce soir de fin août, la plage était déserte. Tous les estivants avaient remballé serviettes, parasols et glacières. Enfin tout redevenait calme jusqu’au prochaines vacances. J’en profitais pour faire une grande promenade avec Séléné, une superbe chienne que j’avais recueillie après la disparition de son maître. E jeune homme avait déserté la superbe maison qu’il avait fait restaurée à l’orée du village. Puis un jour, il avait disparu, laissant sa chienne, les portes grandes ouvertes !. L’enquête de police n’avait rien donné et puis un adulte a le droit de disparaître sans laisser d’adresse. Séléné pleurait et je l’avais prise avec moi.

Sous le ciel pâle, elle se mit à courir à fond de train sur le sable mouillé telle une flèche noire et blanche à peine freinée par l'écume des vagues, le museau ouvert comme si elle avait besoin de happer plus d’air. J’eus beau appelé, sifflé, Séléné ne revient pas. Mais où courait cette brave bête. Jamais elle n’avait fugué. Jamais elle n’avait désobéi.  Les éclaboussures d'eau et de sable qui jaillissaient sous ses pattes étaient les signes d'une énergie exceptionnelle.

La laisse à la main, je rentrais à la maison piteusement, angoissée et en colère ; J’avais trahi mon serment : m’occuper de cette chienne en attendant le retour de son maître ; J’étais persuadée qu’il allait revenir. 

Ce fût le lendemain alors que je m’étais assoupie dans mon fauteuil, qu’un aboiement joyeux me réveilla. Séléné, assise sur le pas de ma porte, derrière elle, un homme que je ne reconnus pas de suite. …


LE VIEUX CHÊNE N° 706 / J.Libert

 



LE VIEUX CHÊNE N° 706

  

    Comme tous ceux qui bordent cette route de campagne, ils l’ont numéroté : chêne n°706.

     Sylviane n’est pas au courant du projet communal qui consiste à élargir la route pour en faire un contournement destiné à faciliter le trafic, à dégager des artères plus encombrées.

     Le n° 706 est un chêne de plusieurs centaines d’années. Il parade sur un talus surplombant une allée gravillonnée qui débouche sur un imposant manoir. Il est le premier d’une série plantée en rang d’oignons de part et d’autre du chemin.

     L’été, leur parure, d’un feuillage vigoureux, ombrage agréablement de l’ardeur du soleil. Leurs branchages supérieurs s’entremêlent harmonieusement à quelques mètres au dessus des têtes, formant un parasol de verdure.

    À l’automne, cette chevelure prend des teintes d’or roussi pour craquer doucement sous les pas du du visiteur ou les roues d’engins motorisés quand déclinent les jours.

     Mais déjà les scies entrent en action. Les branches et les troncs s’abattent lourdement sur le sol dans un bruit mat. Il ne reste plus qu’à les charger sur les camions et à les envoyer dans les entreprises qui les débiteront en bois de charpente et de chauffage, poutres, planches et meubles en bois.

    Le vieux chêne n° 706 est encore debout mais plus pour très longtemps. Ses feuilles tremblent dans l’air printanier et son tronc résonne douloureusement du massacre sonore de ses congénères.

Une dernière fois, sentir le vent rafraîchir sa cime. Une dernière fois entendre le doux chant des oiseaux qui s’éveillent.

ÉCHO DES OMBRES ET DES SOURIRES / Marie Sylvie

 



 ÉCHO DES OMBRES ET DES SOURIRES


Sous une lune de velours, le nouveau-né sommeillait, un doux sourire aux lèvres comme s'il connaissait déjà les secrets du monde. Son innocence, une  *cellule immaculée, était la promesse d'un avenir  *ouvert, encore vierge de choix et de regrets. 

Les plongeurs, eux, évoluaient dans une grotte sous-marine éclairée par les halos bleutés de leurs lampes. Leurs silhouettes furtives glissaient entre les stalactites, cherchant à  *faciliter leur passage vers l'inconnu. 
Chacun portait autour du cou un  *médaillon, souvenir lourd et secret d'une décision passée, d'une opportunité manquée ou d'un risque pris.

Au loin, le loup courait sur la plage, ses pattes martelant le sable humide, poursuivant sans doute un fantasme, une proie imaginaire. 
Son regard déterminé ne laissait aucune place au doute, aucune hésitation. 
Il ne regrettait pas d'avoir chassé ni d'avoir couru car pour lui chaque instant était une victoire, chaque course une chance. 

Et il y avait ce pont de bois, la  *charpente usée par le temps et les pas, qui enjambait un ruisseau dans un jardin japonais. Sur une colline, une lignée d'arbres centenaires veillait sur lui, témoins silencieux des âmes qui l'avaient traversé ... ou qui avaient choisi de rebrousser chemin.

Nous nous souvenons des regrets,  de ces cassettes du passé dont les bandes se sont entremêlées. 
Mais avons-nous vraiment des regrets ?
Ne sont-ils pas le revers de nos audaces ? 
Le  *souriant  acquiescement à la vie avec toutes ses nuances, toutes ses failles ? 
Peut-être que le vrai regret n'est pas de ne pas avoir saisi une chance, mais de s'est attardé sur ce qui n'est plus alors que la vie, tel un cours d'eau, ne cesse de couler, emportant avec elle nos peurs et nos doutes pour les transformer en mémoire. 

         Car la vie n'est pas une cassette à rembobiner mais un fleuve où chaque vague emporte les ombres pour mieux faire briller nos sourires.

Evaporation / L'Entille

 

  


 


  

Toutes les photos, tous les mots ! 

Évaporation

 

Dans la cellule ou il est coincé, l’homme se souvient. Hier encore, il était un homme libre. Il aimait courir avec son chien en bord de mer.

La vie lui avait réussi, elle s’était montrée généreuse et avait ouvert largement sa hotte. D’un amour de jeunesse bercé au son d’un walkman partagé, était attendu un enfant fabuleux. Dès son premier mouvement dans le médaillon, il avait fait la joie de ses parents.

Et puis soudain, l’orage avait grondé. Le parc verdoyant dans lequel ils avançaient côte à côte, lié par un si grand amour, se teinta de gris. les arbres perdirent leur feuillage, la couleur déserta leur monde, de même que la douceur. Leur amour avait duré ce que dure une pluie de sakura. L’avenir souriant ne fut plus qu’un paysage terne, sans âme.

Le transfert d’un monde à l’autre fut un effondrement total. Leur famille s’était construite sur les sentiments si forts. Puisque ceux-ci n’existaient plus, la charpente de leur union s’écroula. Ainsi, leurs chemins se séparèrent. Seulement, il n’imaginait pas vivre ainsi. Il fit ce qui lui semblait être la solution ultime pour faciliter son évaporation. D’abord une cellule, puis l’évanouissement.

 

17 août 2025

Sujet 149 - les participants - 2

Second service le 23 août:


L'Entille : EVAPORATION 

Marie Sylvie :  ÉCHO DES OMBRES ET DES SOURIRES

J.Libert : Le vieux chêne n°706

Lilou : Séléné

16 août 2025

Confidences / K

Une photo, six mots


Le premier arbre savait ses jours comptés, il espérait finir en livre.

Le deuxième arbre ne cachait pas la forêt et appréciait une vie à ciel ouvert.

Le troisième arbre avait prévu de faciliter les palabres en tentant dès l’hiver suivant de garder toutes ses feuilles.

Le quatrième arbre appartenait à la cellule locale du front de libération des organismes résolument essentiels.

Le cinquième arbre était souriant, mais comme vous êtres trop loin, vous ne pouvez pas le voir.

Le sixième arbre était peut-être défaitiste et mal renseigné, il répétait souvent « je ne suis pas certain de terminer en bois de charpente ».

Le septième arbre portait un médaillon représentant l’arbre de la liberté.

Le huitième arbre ne disait rien, il faisait des recherches et rédigeait sa généalogie.

Le neuvième arbre s’était enfui avec la fille du bûcheron.


Un chemin possible / Pierre Lpc

 

  
 






Un chemin possible :

Déjà dans les nuits enfantines

Les quartiers de lune me berçaient.

Non en croissants pour croissance

Mais en faucilles tranchantes.


Elles ont facilité les ciels rouges

Mon épanchement aux crépuscules.

Le bain de pourpre puissant, la toile

Aux bois de pins, puisant la moelle

À mon tronc, qui jamais ne recule.


Une fois le médaillon à son point culminant

Nos peaux rosissent sous son feu ardent.

Nos ouïes frémissent des vieilles bandes

Magnétiques, le souvenir de nos airs favoris.


Ces petites rengaines ou ces grandes mélodies

Nous voient virevolter avec elles, hors de nos cellules.

Les murs, les barreaux, les gardiens, ne sont rien

Face à nos ponts, souriants d'une rive à l'autre.


Si c'est mon âme qui fuit ainsi le monde

Mêlée par harmonie au vent heureux du matin

Le soir pourrait, en Canis Lupus, me voir

Fendre l'écume au sable lisse de mon éveil.


J'ai, par la droite, exploré le début de mon fond.

Cette eau saline qui voit la terre se muer en puits

Et ses margelles, repousser l'horizon

Loin de ma vue, à l'immense appétit.


J'y ai trouvé un monde ouvert sur l'invisible

À toutes les interprétations possibles.

Mon abysse, ma charpente

Le baiser de la vie aimante.

GENESE / Galet

 


 


Toutes les images (6 - 3 - 2 - 4 - 5 - 1), tous les mots. 


GENÈSE


Début 70’, je n’étais qu’un embryon issu de la fusion de deux cellules qui avaient très peu de chances de se rencontrer… Je crois savoir en effet que mes concepteurs, Spermato et Ovy, ont batifolé en eaux troubles pendant un petit moment avant de décider de s’unir, elle ne voulant pas forcément lui faciliter la tâche, mais le résultat est là, moi ! Enfin, il m’a quand même fallu patienter plusieurs mois pour entrer dans ce monde, et avoir beaucoup de patience pour supporter chaque jour la séance de musique « in utero » que m’imposait ma mère en posant un lecteur de cassettes sur son ventre... Je découvrirai quelques années plus tard, dans une grande boîte, à côté d’un médaillon contenant une mèche duveteuse de mes cheveux, les cassettes que mon père renouvelait avec amour : le bruit du vent d’hiver sur les arbres dénudés, le gazouillis de l’eau dans un jardin japonais, le chant des baleines… Elle guettait en souriant le moindre de mes mouvement, sans imaginer une seconde que mes coups de pied n’étaient dus qu’à mon agacement et à mon envie de quitter cet endroit où je finissais par être à l’étroit. Pourtant il me fallait encore consolider ma charpente, affiner les derniers détails avant de paraître. Et le jour est enfin arrivé où j’ai ouvert un œil sur un univers inconnu, que j’ai vite appris à maîtriser, à plier à mes caprices de chien fou et à mon ambition de croquer le monde. J’étais incontestablement le plus beau bébé de la terre, de la lune et même de l’univers, selon mes géniteurs bien sûr !