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24 mai 2025

La pose artistique / Pierre LPC

 



La pose artistique


C'est la première fois que je prête mon corps.

Ça va, car ce n'est pas à la science, c'est pour l'art.

Mais il s'agit tout de même d'être épié

Toutes mes coutures y passeront.

Sur quoi leur attention va-t-elle se poser ?

Ma poitrine à tous les coups

Ou mon entrejambe.

Je rêve d'un simple croquis.

Je n'aurai pas de visage

Ma taille et mes seins, invisibles.

Je ne serai que l'essentiel.

Un moment de calme lecture.

Un rêve bien vain

Car seuls mes attributs sont exposés

Offerts à leurs yeux

Et en attente d'être peints.

EPURE / Galet

 


ÉPURE


De vous je ne sais rien, que la grâce d’une épaule découverte, la finesse d’une main aux longs doigts de pianiste, le galbe d’une jambe et la rondeur des genoux… Je vous regarde et grave dans ma mémoire ces lignes pures qu’en quelques traits je pourrai reproduire du doigt sur une vitre embuée, sur l’ardoise éphémère du sable d’une plage, recréer, songeur, d’un trait de stylo sur la serviette d’un restaurant ou sur une feuille de papier en écoutant distraitement une communication, proposition à mon imaginaire, figure de style de ma rêverie… Je vous regarde et ne veux rien connaître d’autre, juste garder de vous comme une ébauche, et je m’en vais avant que vous baissiez votre livre. C’est moi qui vais tourner la page, de peur d’être déçu.

Lecture / An'Maï

 


Lecture

 

Style : décontracté.

Les genoux relevés

Deux sommets arrondis,

Installée sur son lit

Un livre entre les mains

Elle se sent si bien !

Isolée, loin du Monde

Et des bruits à la ronde,

Tranquille elle voyage

Rien qu'en tournant les pages

Elle lit...

 


AMITIÉ DE PLAGE / J.Libert



AMITIÉ DE PLAGE



    Yeux fermés, Martha se masse les joues pour faire pénétrer sa crème solaire. Elle maintient ses paupières closes, respire lentement la sensation de chaleur sur sa peau. Qu’il est agréable de pouvoir paresser ainsi au soleil sans être sensible à autre chose qu’à son bien être physique. Elle fait couler le sable fin entre ses doigts aux ongles vermeils. Elle resterait ainsi des heures, allongée au soleil.


   À travers ses lunettes de soleil, les couleurs prennent une teinte plus sombre, uniforme ; les serviettes et les maillots de bain, les parasols et les nattes roulées, le ciel d’azur et la mer trop bleue, à ses pieds, lui apparaissent sous exposés. Elle devine, plus qu’elle ne voit, les ombres humaines aller, venir, s’allonger ou se relever.


    Il y a quelques jours, elle a sympathisé avec une proche voisine de plage et, depuis, celle ci vient la rejoindre régulièrement vers 16 heures. Chacune a trouvé, chez l’autre, des points communs. Elles ont toutes les deux à peu près le même âge, le même style, sont divorcées. Elles ont aussi, chacune, deux enfants, garçon et fille, des pré adolescents.


    Ensemble, en tant que mères célibataires, elles évoquent leurs difficultés d’éducation. Elles en viennent rapidement à se faire des confidences plus intimes, à se raconter des histoires drôles. Martha rit comme si elle plaisantait avec une amie de longue date.


    Toutes les deux retrouvent , un peu, l’insouciance de leur vie d’avant, leur vie de jeune fille, quand elles n’avaient pas d’enfant.


    Martha ravie de s’être fait une nouvelle amie, l’invite à déguster une glace à la terrasse de la fraiseraie, face à la mer. Elles ont laissé les enfants jouer aux billes sur des circuits qu’ils ont creusé patiemment dans le sable.


    Attablées depuis près d’un quart d’heure, elles ne voient pas les minutes s’écouler, quand elles entendent le concert de klaxons des voitures de pompiers. Ils ne tardent pas à remonter, sur une civière, le jeune Charlie inanimé. C’est le fils de Martha. Elle ne comprend pas,  qu’en si peu de temps, une situation paisible  se soit transformée en catastrophe.

 

LIGNES DE SOIR , EMPREINTE DU STYLE / Marie Sylvie


 


LIGNES DE SOIR 
          EMPREINTE DU STYLE 


Quatre traits s'enlacent, doux et sûrs, 
Dessinent l'opportunité, loin des murs. 
Un geste précis, la feuille tenue,
L'esprit vagabonde, l'âme ingénue.


Quelques traits fins d'un  style si rare,
Capturant l'instant, ajournant le phare.
Quelques traits fins sur un fond ivoire,
Saisissant la minute, suspendant l'histoire. 

Une main légère, la page tournée, 
Où l'esprit s'évade, l'âme est calmé. 
Silhouette courbe en son cocon clair, 
Les heures figées, plus rien à faire. 

La main s'attarde, les doigts légers, 
Sur les mots offerts, les secrets cachés. 
La courbe est douce, un dos ployé, 
Dans la lecture, le monde est noyé. 

Silence feutré, bulle intime
Où les pensées dansent sans rime.
L'encre raconte, le cœur écoute, 
Dans cette pause, toute la beauté s'ajoute.

Un moment volé, fragile et beau, 
Où l'encre murmure un écho nouveau. 
La connaissance apaise, douce lumière, 
Dans l'ombre du soir, prière silencière.

Cécile / K

 



Elle est à l’abri, ne la croyez pas en exil

Masquée, les jambes nues repliées, Cécile

Lit, même les années bissextiles,

Toutes sortes d’histoires, ptérodactyles

Puérils qui chassent les volatiles ou les reptiles

Dans un coin du Brésil, près de Lille

Style, Cécile a du style.

 

C’est une lectrice immobile

Qui ne trouve pas utile

De lire ces tas de bouquins mercantiles

Futurs projectiles

Qui se font passer pour œuvres subtiles

Même chez les bibliophiles…

Oui, Cécile a du style.

 

Mutiques instruments / L'Entille

 

Mutiques instruments


J’aurais aimé d’un trait de plume te traduire.


D’un geste sûr, deux lignes pour explorer tes contours, les sublimer.


J’aurais voulu de trois jets d’encre de Chine, dessiner ta silhouette.


Quiconque en regardant le dessin t’aurait immédiatement identifié.


Je t’aurais esquissé en colère, dormant ou lisant.


Pas de fioriture, pas de couleur non plus.


Juste le style, le trait si pur, si explicite.


Mais encre de Chine ou plume, fusain ou pinceau,


Entre mes mains, rien ne leur vient.


LA FILLE CYGNE / Galet

 


LA FILLE CYGNE

Charmeuse sous la treille de vigne
Avec style tu t’étires maligne
Et faussement t’indignes
Si vers toi mon œil cligne
J’écris les courbes de tes lignes
Avec des mots qui s’alignent
Sans point sans interligne
Dans ta main que le soleil souligne
Je dépose mon cœur indigne
Que ton ongle égratigne
Et si à me lire tu rechignes
Tant pis je persiste et signe

La cliente mystérieuse / Jill Bill

 





La cliente mystérieuse


«  La ligne simple, mais quel style !
Même Hergé est battu !!! »

Sur la porte elle a affiché, ne pas déranger
La mystérieuse dame, nom d'emprunt, sans doute,
Peaudâne......

On a cru la reconnaître
Comme Catherine D........
En regardant par la serrure, chuuut........
Elle tourne Bernadette, la Chirac........

Qu'a t-elle réclamé, ce soir... !?
Un cake d'amour.... et un demi !

Plus de doute, c'est bien elle !!