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06 avril 2024

LA VENGEANCE / Tarval

 


Quelle triste réalité,
Cette lettre disposée,
Sur la chaise, comme oubliée,
Mais quel message a-t-il laissé,
Dans cette enveloppe,
Du bonheur, de la tristesse, des regrets,
En lisant la lettre, Léa se mit à pleurer,
Elle n’avait été qu’un coup d’un soir,
Comme c’était écrit, sans fioritures,
Sans délicatesse, avec une espèce de vantardise,
Qui anéantissait Léa,
Il avait oublié sa veste,
Léa la prit et la mit en miettes à coups de ciseaux,
Cela lui fit du bien sur le moment,
Mais cela ne dura pas longtemps,
Elle se remit à pleurer,
Et jura qu’on ne l’aurait plus  jamais,
Quitte à rester seule pour le reste de sa vie.
Elle ne voulait pas qu’on la considère comme une trainée,
Et elle avait peur du regard des autres à son égard,
Mère célibataire, seule, une proie facile,
Pour ces requins amateurs de viande fraiche,
Qui n’hésitaient pas à se vanter de leur prise,
Et cherchaient tout le temps des filles naïves.
Léa prit son courage à deux mains,
Et sortit de la maison, les regards étaient moqueurs,
Les gens l’évitaient, en rigolant sous cape,
Mais Léa s’en moquait, elle allait se venger.
En effet elle allait faire circuler l’information que son amant était impuissant,
Et qu’il ne valait rien.
Satisfaite de son idée, elle alla faire son marché,
Comme tous les samedis,
Et pour une fois, se sentit légère et souriante.
La vengeance est un plat qui se mange froid,
Et son amant de la veille allait en faire les frais.

La lettre / Fredaine

 



Ce matin, une jeune femme, mais qui était-elle au fait, lui avait remis une enveloppe. Il l’avait un instant posée sur la chaise où reposait sa veste, cette jolie veste qu’il ne savait plus comment enfiler. D’ailleurs était-ce vraiment la sienne ? Il ne s’en souvenait pas. Mais elle était belle cette veste. Verte comme la tapisserie de sa chambre d’enfant. Il en avait vécu des aventures dans cette chambre. Il en avait fait des voyages sur son cheval à bascule, traversé des océans sur son lit-radeau. Maman ne disait rien, elle souriait en découvrant le désordre et l’aidait à ranger.

Tiens une lettre ! Qui a bien pu mettre là ? Quelqu’un l’aura oubliée...


Ad letum eternam / L'Entille

 


« Ainsi tu resteras près de moi jusqu’à mon trépas » C’est ce que me disais Alice quand je posais pour elle. Je l’aimais tant, je croyais en la profondeur de ses sentiments. Elle peignait et je l’aimais.

Alice a enfermé un peu de moi dans sa toile, une douceur, une odeur, un fil de mon âme. Je suis parti par un triste jour de pluie. Sans bagage, sans souffle mais avec Ô combien de regret je l’ai abandonnée. Je me suis enfuit par la grande porte. Elle a pleuré, crié que ce n’était pas juste, que nous avions encore tant de choses à vivre… Et c’était vrai. Nos rêves, nos projets, nous n’en avions pas fait le quart. Mais il me fallait disparaître, c’était ainsi.

Alors elle a accroché le tableau en face du lit. Et comme une mise en scène, sur le dossier de la chaise elle a posé ma veste et sur celle-ci, la lettre d’adieu que je ne lui ai pas écrite.

Chaque nuit, je la regarde dormir. Chaque nuit je vis dans ses rêves. Chaque nuit je l’aime davantage.

Mais doucement l’atmosphère a changé. Un parfum de joie est revenu subrepticement.

Et un soir fatidique, un homme l’a accompagné , a pris ma place tout contre elle, a posé ses mains sur les rivages que j’ai tant caressés, lui a susurré les mots qui nous appartenaient. Maintenant, je voudrais me perdre dans l’oubli, ne plus les voir, m’arracher de ce mur. Mais p…., elle m’a peint les yeux ouverts.


L’ambiance étrange de la scène désertée / K


 

Le mur tapissé de la pièce déserte 
Une trace vague d’humidité diffuse
 
L’ombre tenace du silence feutré
La piste éteinte de l’écho empêché
 
Le halo sourd de la lampe jaune
Le filament ténu d’une piste effacée
 
Le pied bancal de la chaise inoccupée
L’équilibre aqueux d’un sol incertain
 
Les plis verts de la veste pendue
Les arêtes souples d’un regard obscurci   
 
Les pans souples du rideau tiré
Le regard posé de l’écran déployé
 
Le portrait mystérieux de la femme brune
La recherche folle de son nom enfoui
 
L’enveloppe scellée de la lettre manuscrite
La trame encrée de la feuille pliée
 
Le calme étrange de l'espace vide 
La lumière tamisée de l’impossible oubli
 

REGRETS POSTHUMES / J. Libert

 


    Elle se couvrit le visage. Des larmes amères coulaient entre ses doigts. Brigitte regrettait  d’être arrivée trop tard, trop tard pour tenir la main d son père encore vivant en signe de pardon. Sans ménagement, on l’avait prévenue qu’il avait fait un infarctus. Tout avait été entrepris, sans succès, pour le réanimer.
     En cette fin d’après midi d’été, le soleil tardait à se coucher éclairant  d’un éclat presque surnaturel le drap blanc qui recouvrait le corps déjà refroidi de son père. De la poche de son veston placé sur le dos de la chaise était tombée une enveloppe froissée. Peut être contenait elle un secret ? Brigitte restait là, assise près du lit, dans le fauteuil en simili noir, abasourdie, incrédule, comme sonnée par un départ si brusque.
    Maintenant qu’il était ailleurs, elle aurait voulu lui dire tant de choses à ce père. Il les avait abandonnées, elle et son frère, à l’âge de 8 ans, pour aller vivre son amour, en Allemagne, avec un homme de 15 ans son aîné. Leur mère, décédée quelques années plus tôt, leur avait longtemps caché la véritable raison de son absence. Il n’était revenu qu’une seule fois en France, à l’occasion de la naissance de sa première petite fille mais Brigitte avait refusé de le recevoir
     Aujourd’hui, elle s’en voulait de son immense oubli, d’être passée  à côté d’une réconciliation possible car, après tout, cet homme restait son père et elle l’aimait toujours.
     La chambre de la maison de retraite baignait dans un calme propice à la réflexion, presque au recueillement. De l’autre côté du couloir, la musique d’un poste de radio parvenait à ses oreilles : le concerto de Aranjuez apaisa momentanément  ses larmes ; puis les dernières notes s’éteignirent.
     Brigitte  mit son chapeau, son manteau. D’un dernier regard, elle fit le tour de la chambre et s’apprêta à sortir.
 


L'absent / Keremma

 



Je scrute le tableau : une chaise portant une veste soigneusement posée, une lettre fermée et, au mur, un portrait. Une évidence saute aux yeux : l'artiste, dans tout son talent, semble être passé sous silence, laissé dans l'ombre de l'anonymat. Comme si une partie de son œuvre, une parcelle de son âme même s’était égarée dans les méandres de l’oubli. Mais où diable se cache-t-il ?


L’oubli / Lothar



La spirale à l’oubli de l’oiseau
La spirale de foudre à l’oubli de l’oiseau
À l’oubli de la veste
À l’oubli des rideaux
À l’oubli de l’épine
Cet oubli est brisé
Cet oubli est brisé, cet oubli est brisé …

Le temps l'a implosé
L’a changé en écume
L’a changé en poussière
Et toi tu restes là !

De cette lettre qui s'étiole au lointain
Aux soleils luminaires
Sous les zigzags d’airain
Qui serpentent au futur
Puis qui montent au présent
Sur la chaise faussée de tes souhaits perdus …

Sous ta toile encrée noir
Toi, tu marches ... immobile
Et ton attente est plus lourde que la nuit
Ton oubli est brisé ...  ton oubli s’est pendu.


Le veuf / Jill Bill

 

 


L'oubli fait partie de sa vie,

Il est parti sans sa veste et sans la lettre...


D'ailleurs quelle importance

Plus rien n'a d'importance

Depuis que Léopoldine est morte

Il est dans les nues...


Rideau sur leur couple,

Les jours sont moroses...


Et si c'était, une lettre d'adieu, peut-être...


Alors, à l'aube, il est parti Victor...


Moui, bon début de roman

M'a dit mon éditeur, affaire à suivre... !


Vous ne faites pas dans le plus joyeux

Ces derniers livres... Méfiez-vous mademoiselle Amélia,

Vous couvez une dépression, probablement...




30 mars 2024

Sujet n° 87 - Semaine du 30 mars au 6 avril

 Voici pour cette semaine !


l'image 







Le mot facultatif   oubli

 

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miletunesuite@gmail.com

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  • Au plaisir de vous lire, bonne semaine,  merci.

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