30 octobre 2023

SUJET 65 - PARTICIPANTS

 



Granny, ma granny par Jill Bill

La pomme "madeleine" par J. Libert

Le rapport par K

Jusqu’au trognon par L'Entille

Trognon par Lilousoleil

Mon frère, mon miroir par La Licorne 

Trop ronde par Fredaine

28 octobre 2023

Sujet n°65 / Semaine du 28 octobre au 4 novembre

  L'image





Le mot facultatif  controverse

 

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Mouvement de fond / La Licorne

 



2035.

Cela faisait déjà une vingtaine d'années que l'on avait entrepris de rebaptiser tout ce qui, de près ou de loin, pouvait offusquer ce que l'on appelait les "minorités".

Au début, le changement avait été discret, presque invisible. On s'était à peine aperçu que le titre du roman "Dix petits nègres" d'Agatha Christie avait été remplacé par : "Ils étaient dix". Et puis, bon, le mot "nègre", n'est-ce pas...on n'allait quand même pas le défendre. Cela faisait déjà bien longtemps que Banania avait renoncé à son "Y'a bon" et que l'on mangeait des "têtes-choco“ ou des ”boules meringuées".

Mais petit à petit, le mouvement avait pris de l'ampleur. On avait commencé à ne plus supporter ce qui ressemblait à de l'anti-féminisme. On avait, par exemple, interdit “Les femmes savantes” de Molière, sous prétexte qu'il les caricaturait un peu trop.

On avait ôté des écoles tous les manuels qui représentaient une mère en tenue de ménagère ou en bigoudis, en train de repasser ou de raccommoder. Idem avec la BD “Tintin” : trop de personnages masculins, elle ne respectait pas la parité.

Enfin, on avait fini par évacuer des bibliothèques tous les livres datant d'avant le début du 20ème, qui montraient des femmes au foyer, soumises et sans droit de vote. Cela fait, il ne restait certes pas grand-chose. Quelques livres d'aventure et des manuels pratiques. Mais le 21ème siècle compte bien assez de romanciers talentueux pour qu'on puisse s'en passer, nous avait-on expliqué.

Ensuite, avec application, on avait décidé de rééditer la plupart des ouvrages qui ne satisfaisaient pas aux nouvelles règles grammaticales : métiers féminisés, écriture inclusive, pronom “iel”...etc.

Certains s'étaient plaint du peu de lisibilité de ces phrases aux multiples accords...mais on les avait traités de ringards. Ringards, ils l'étaient, d'ailleurs, par le seul fait de lire encore...des ouvrages complets, ce que plus personne ne faisait. La grande majorité se contentait depuis longtemps de courts extraits, cités sur internet.

Ces dernières années, les lobbys avaient obtenu plus encore : la réécriture de tout ce qui ne contenait pas au moins un passage louant les mérites de la communauté LGBTQIA+++. Même le cinéma avait été touché : tout film devait désormais comporter un personnage de couleur, un personnage en surpoids, une personne handicapée, un vieux, un gay, un trans et une lesbienne.

Enfin, sur tous les livres d'enfant illustrés avec des licornes et des arcs-en-ciel, on avait ajouté la mention : "Ce logo est la propriété exclusive du mouvement LGBT".

Dernièrement, nous avons appris que le ministère avait énoncé une autre mesure : toutes les histoires comportant le mot “fin” seront bientôt retirées des rayons.

Pourquoi ? Paraît que ça discrimine les “gros” !

 



Pas de vague / Fredaine

 


- Non, mais j’y crois pas! On ne peut décemment pas faire ça, ça n’a aucun sens. De quoi on va
avoir l’air ? Plus aucun auteur ne voudra se faire éditer chez nous. Et j’imagine la tête de
l’imprimeur...
- On n’a pas vraiment le choix. C’est ça ou c’en est fini des Éditions du Club.
- Comment ça, c’est est fini ? Parle pour toi, il n’est pas question que je baisse les bras devant
l’adversité. Personne ne peut nous dicter notre politique éditoriale ! Tant qu’on y est « La femme
de ménage » de Mc Fadden devient « la technicienne de surface » et « Un bon petit diable »
pourquoi pas « Un petit coquin » ?!!
- Ne prends pas les choses comme ça, tu finiras par t’y faire, finalement ce n’est pas si grave.
De toute façon, elle n’acceptera pas de faire de concessions ; elle me l’a bien dit. C’est ça ou
rien.
- Mais moi je m’en fiche de ce qu’elle pense, de ce qu’elle dit ou veut. C’est ton problème, je ne
veux pas perdre mon âme pour une sainte nitouche en mocassins et socquettes blanches.
- Ne parle pas d’elle comme ça, elle pourrait nous entendre et je ne veux pas de vague.
- Mais là, on ne parle pas d’une vague mais d’une déferlante, d’une véritable tempête qui va se
déchaîner sur nous si on cède à son chantage. Et quand je dis ON je suis gentil, si TU cèdes à
son chantage. On ne va pas changer notre ligne éditoriale chaque fois que tu rencontres une
nouvelle poulette et que tu en tombes raide dingue. Si tu n’es pas capable de t’imposer un peu,
tu l’assumes mais tu ne me demandes pas de te suivre dans tes délires.
- Comprends moi, Marie-Joséphine vient d’une bonne famille, ils ont des principes...
- C’est NON !!! Soit Marie-Joséphine se mêle de ses affaires soit tu quittes le navire.

MISERABLE IMPRIMEUR / Vegas sur Sarthe

 



« Bonjour... je souhaiterais parler à Monsieur Victor »
« Je suis Victor, Victor Hugo »
« Votre nom c'est Victor ou c'est Hugo ? »
« Je viens de vous le dire … Hugo, prénom Victor »
« Ah... il va falloir changer ça, vos lecteurs vont s'y perdre »
« Excusez-moi mais qui êtes-vous ? »
« Hector Gallimatias, imprimeur et en charge de l'impression de ces cinq pavés au titre tarabiscoté . Je vous fais remarquer au passage que cinq pavés c'est maigre pour une barricade... Ah Ah Ah»
« Comment ça mon titre est tarabiscoté? »
«Les personnes en situation de précarité... c'est un titre long comme un jour sans pain, vous ne trouvez pas ? »
« Au contraire, je trouve que Long comme un jour sans pain, ça résume bien l'atmosphère du roman – ça marche comme ça chez les Thénardier – et d'abord je n'ai pas à recevoir de conseils de quelqu'un qui a juste le devoir de mettre des caractères à la suite les uns des autres sans se poser de questions ! »
« Moi ce que j'en dis c'est par rapport à la longueur.. trente trois caractères ça fait beaucoup pour un titre et je ne vous compte pas les espaces »
« Encore heureux que vous ne comptiez pas les espaces, ça n'est que du blanc »
« Justement j'avais pensé qu'on pourrait enlever les espaces pour gagner sur la longueur »
« Vous êtes un grand malade Monsieur Gallimatias »
« Ou bien comme il y a cinq tomes, on pourrait répartir le titre sur les cinq tomes, ainsi le premier tome pourrait s'intituler Les »
« Les ? »
«Je n'insiste pas. Et ce type qui se prénomme Madeleine, c'est bizarre pour un ancien taulard devenu maire, non ? »
« Excusez-moi mais Madeleine c'est son nom»
« Ah ? »
« En tout cas je constate que vous avez lu le roman contrairement à beaucoup de vos confrères »
« Oui j'ai tout lu mais je trouve qu'un roman en cinq tomes c'est trop lourd... j'aurais plutôt vu une comédie musicale avec Sarah Bernhardt dans le rôle de Fantine et ... »
« Vous alors, vous êtes un doux rêveur ! Une comédie musicale, pourquoi pas un opéra ? »
« Bon, on fait quoi pour ce titre Monsieur Victor ? »
« Appelez-moi Victor tout court et ne changez surtout rien à mon texte »
« Comme vous voudrez mais ça marchera pas. Vous devriez essayer le théâtre»
« Le théâtre ? Hernani, Marie Tudor, Ruy Blas, ça compte pour du beurre ? »
« Oh vous savez, moi l'opérette c'est pas mon truc. Allez, à tantôt Hugo»
(Soupir hugolien)
« Victor, pas Hugo »

NE DITES PLUS / J. Libert

 


Ne dites plus ; « concierge mais gardien d’immeubles, caissière mais hôtesse de caisse, ouvrier mais opérateur de production, éboueur mais équipier de collecte ou ripper (faire glisser), plombier mais monteur en installations sanitaires, femme de ménage mais technicienne de surface, nourrice mais assistante maternelle…

Est née, depuis une ou deux décennies, une légion d’exemples de néologismes dans tous les domaines, à faire pâlir un imprimeur.

Jolie langue de bois destinée à contourner des réalités gênantes ; jargon politiquement ou sociologiquement correct et qui demande souvent traduction, d’autant si le mot est à consonance étrangère.

On n’appelle plus « un chat, un chat » mais…

« Autre temps, autres mœurs » et autre langage...


Novlangue / Josette

 




Votre Honneur,

Je suis ici pour dénoncer une littérature écrite par des auteurs ne respectant pas le langage correct officiel.

 Je vous demande donc d’intervenir rapidement afin de faire cesser ces manquements essentiels aux rapports humains et de punir sévèrement tout imprimeur contrevenant.

Il est nécessaire d’envoyer un signal fort à ceux qui continuent contre vents et marées à publier de tels propos.

Il est évident que sans réaction de votre part nous aurons affaire à une prolifération de ces professionnels qui scandalisent l’opinion avec l’usage de termes non réglementaires.

A.    Naunim 

Voyage en Absurdie / L'Entille

 



Le temps où on appelait un chat, un chat, est révolu.

Gouvernés par quelques autocrates autoproclamés du bien pensant, nous sommes assujettis à une parole lisse, sans aspérité, fade, absconse mais consensuelle.

On repense la communication de manière soft, afin qu’elle parle à tous sans heurter personne. Les mots du dictionnaire sont trop violents. Il n’est plus de bon ton de parler d’un état, nous exprimons une situation. Ainsi, à mettre à distance les faits, nous allons vers une réalité dichotomique.

 

On refait l’histoire à l’aune de notre société d’aujourd’hui. On déboulonne les despotes, esclavagistes, misogynes d’antan pour absoudre une culpabilité collective actuelle toute morale dehors. A-t-on interrogé ce qu’aujourd’hui doit à hier avant de décider qui doit rester dans l’histoire, qui doit en être radié ?

 

Et la littérature n’est pas en reste. Sus aux symboles raciaux, phallocrates, genrés…. Nous arrivons dans l’ère du consentement tacite. Faudra-t-il réécrire les classiques de la littérature, sans l’accord des auteurs, pour rentrer dans les cases imposées ?

 

A force de lire, d’entendre, de parler ce langage insipide, nous allons finir par perdre ce qui est notre unicité pour nous noyer dans la globalité virtuelle et amorphe.

Ce monde d’aujourd’hui est-il mieux que les précédents ? A-t-il banni de ces pratiques la violence et la guerre, le racisme et le rejet ? Le champ des possibles est-il ouvert de la même façon pour chaque individu ?

 

Agatha, au secours, le temps du politiquement correct est arrivé. Les imprimeurs ont de beaux jours devant eux ! Et si l’écriture inclusive devenait obligatoire !!!


AVEZ-VOUS ... / Jill Bill

 




Avez-vous « Crime et châtiment » ?

J'ai, en nouvelle version

« Bobo et pan pan cucul »


Avez-vous « Les misérables » ?

J'ai, en nouvelle version

« Les personnes en situation de précarité »


Avez-vous « La ferme des animaux » ?

J'ai, en nouvelle version

« La coopérative agricole autogérée antispéciste »


Avez-vous « Le vieil homme et la mer » ?

J'ai, en nouvelle version

« Le senior et la mer »


Avez-vous « L'éducation sentimentale » ?

J'ai, en nouvelle version

« Le learning émotionnel »


Avez-vous « Les liaisons dangereuses »?

J'ai, en nouvelle version

« Les relations toxiques »


L'imprimeur ne gagnait plus de tunes 

Avec les versions originales

Et la jeunesse d'aujourd'hui... Les sortir de leur smartphone !!


Avez-vous qui c'est qu'on enterre ce jour ???

Non, mais j'ai pour qui sonne le glas !


Et le dingue aux moulins à vent ???

Non, mais j'ai Don Quichotte !


Et qu'est-ce qui fait courir les meufs ???

Non, mais j'ai au bonheur des dames !


Emballez, c'est vendu !!

22 octobre 2023

SUJET 64 - PARTICIPANTS


 


AVEZ-VOUS     par Jill Bill

VOYAGE EN ABSURDIE    par L'Entille

NOVLANGUE par Josette 

NE DITES PLUS ... par J. Libert

MISERABLE IMPRIMEUR  par Vegas sur Sarthe

PAS DE VAGUE par Fredaine

MOUVEMENT DE FOND par La Licorne

21 octobre 2023

Sujet n°64 / Semaine du 21 au 28 octobre

 L'image


Le mot facultatif :   imprimeur

 
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La petite fille et son chien / Lilousoleil

 


Oh non ce n’est pas moi cette fillette à la coiffure sage et sa robe à carreaux. Elle tient son chien si serré contre elle que je m’imagine la confiance mutuelle, la chaleur de leurs petits corps. Le regard de l’animal est tellement tendre. Quelle connivence ! Mais que fait-elle avec son trésor vivant ? Ce n’est pas une petite fille des rues. Elle se balade entre les stands du marché forain encore à peine installés.

Ce n’est pas moi cette fillette et pourtant je l’envie ! Moi qui enfant ne pouvais avoir un animal pas même un poisson rouge. Les larmes me montent aux yeux devant cette photo si tendre et si réaliste à la fois.

 

Retour / Tilancia

 



Un élan de soupirs

Voilà ce que m’inspire

Cette photo d’antan

Si belle en noir et blanc.

 

Morose comme un dimanche

Tel un pluvieux sentiment

Fillette avec son beau cabot

Ah quel timing, cette photo !

 

Ça pleure dans les chaumières

Devant apparente misère.

Mais à qui donc est ce vélo ?

V’là un sujet plus rigolo.


EN FUITE / J. Libert

 


« J’en tremble encore ; j’ai eu la peur de ma vie de chien, de ma vie de Trompette !

Je reniflais tranquillement quelque odeur laissée par mes congénères, au pied d’un vieux chêne, quand un drôle d’engin a explosé tout à côté de mes pattes. Il a fait un trou énorme dans la terre. Celle-ci a giclé autour de moi et elle est retombée par paquets de boue énormes enfouissant mes maîtres qui étaient descendus dans les fourrés pour tenter d’échapper aux tueries des bombes.

Quand j’ai repris mes esprits, il n’y avait plus que Lily de vivante. Elle pleurait, que dis-je ? Elle hoquetait entre deux soupirs en répétant constamment mon nom ; mais dans son effroi, elle n’avait pas lâché ma laisse et me porta dans ses bras jusque sur le trottoir. Je ne sais plus bien qui protégeait l’autre. J’étais désormais prêt à tout pour demeurer près d’elle et même à me cacher sous la vieille couverture ou dans la valise laissées là, sur un chariot abandonné par son propriétaire en fuite. Ah ! Qu’il était donc loin le temps où je rêvais d’aventures et de fugue, lassé par une vie trop paisible à mon goût. Il avait fallu un exode précipité sur les routes pour que j’en apprécie toute la saveur »

NOTES / K

 


Nous sommes vraisemblablement dans les années 50.
Un mot nous attire, nous happe presque, celui de l’enseigne du magasin : Dinand
Il a un parfum de Bretagne mais rien ne dit que nous y sommes, et d’ailleurs nous n’y sommes pas.
« Dinan » en Bretagne ne s’écrit pas avec un « d » final.
On penchera plutôt pour le nom de la famille qui a lancé cet établissement.
Les Dinand sont certainement devenus des notables, au fil des décennies, leur commerce ancré dans la tradition familiale étant honorablement connu en ville pour sa qualité et son sérieux.

Cela semble être un magasin de vêtements, on voit des robes, des pantalons qui sont accrochés dehors et l’on distingue un manteau dans la vitrine.
Un peu du vent du soir pourrait les faire flotter comme d’improbables fantômes crépusculaires.

Les lettres DINAND s’éclairent-elles à la nuit tombée ?
Les guirlandes suggèrent une période de fête, sans que l’on sache laquelle.
Serait-ce une quinzaine commerciale, quand on ne disait pas encore soldes ?
Mais ce n’est pas Noël, il y a une « ambiance météorologique » qui ne fait pas penser à l’hiver. 
A moins que nous ne soyons en présence d’une prédilection des propriétaires (ou du gérant) pour ce type de décoration, ce qui serait surprenant dans cet univers extrêmement balisé.
 
Si l’on en observe le cadre, le vélo garé au bord du trottoir est un modèle pour homme.
Doté d’un porte bagages à l’arrière, il est dépourvu de sacoches.
Il peut très bien appartenir à un client du magasin Dinand qui a trouvé pratique de s’y garer tout près.
Il est toutefois exagéré, vraiment, de penser que le cycliste, peut-être victime d’un incident mécanique, y est entré pour acheter des rustines.
 
Quand on continue plus loin sur le trottoir, en dépassant la maison Dinand, à l’angle de la rue adjacente, on se demande -car on ne le distingue pas- ce qui est placardé dans le grand cadre vitré, bordé semble-t-il de bois.
Est-ce un panneau pour la publicité ou bien pour les informations municipales - mais dans ce cas est-il vraiment bien placé ? Les petits génies de la bureaucratie, 2e étage porte B, auraient frappé ? – à moins qu’il ne s’agisse d’un élément de vitrine du magasin qui fait le coin et dont on devine plus loin sur la façade le début du nom : MA.
 
Evidemment ce pourrait être le début de « Magasin », ou « Marché », auquel on adjoindrait un adjectif (par exemple : général) mais on optera une fois encore pour un nom de famille, celui du propriétaire ou du fondateur. Un nom qui ne renseigne certes pas sur son activité -comme Dinand et les vêtements- ce qui permet et laisse envisager les hypothèses les plus folles.
Toutes choses qui poussent à la réflexion certes, qui font s’interroger, mais uniquement si l’on n’habite pas le quartier.
En tant que passant occasionnel, et pas pressé, on pourrait alors pousser l’analogie géographique avec Dinand, et imaginer un nom, disons la famille « Mayennes », nous sommes un peu plus à l’est cette fois, pour respecter l’orientation. Faisons également confiance aux 
«Mayennes » pour avoir pignon sur rue depuis longtemps. 
Par contre, on ne saura pas davantage si les lettres s’allument, ou même clignotent. 
Notons que sous les lettres MA, on observe un cadre, très semblable au supposé panneau municipal bureaucratique, qui ressemble fort à une vitrine qui n’est pas suffisamment visible malheureusement pour nous en dire l’activité commerciale.
Dommage !
Soupir...   
 
La rue est pavée, aucune marque de signalisation routière n’est visible.
La luminosité laisse penser qu’il y a un peu de soleil, sans doute pas grand soleil car ce n’est pas parfaitement franc, mais c’est peut-être la qualité de la photo.
Il n’a sans doute pas plu, les pavés ne brillent pas.
On ne se lancera donc dans aucune digression sur le « dessous », que ce soit les égouts, les catacombes ou la plage et on adoptera la même ligne de conduite pour «le dessus», les barricades, les émeutes, les soulèvements.
 
Et puis elle, et puis eux.
Elle se tient juste à côté d’un des pieds métalliques de la structure installée pour déployer une toile ou un store sur le trottoir. Ces pieds ressemblent beaucoup à ceux des échafaudages.
Serait-ce l’abri d’un commerçant ambulant ? Ou l’extension en terrasse d’une boutique que nous ne voyons pas ? Peut-être, mais se pose, après la possibilité de la fête, l’hypothèse d’un jour de marché.   
Une petite fille tient son chien dans les bras et l’on ne sait pas exactement ce qu’elle est train de faire.
Son chien a une bonne bouille, il s’appelle sûrement Titou.
Elle, c’est Marie.
Si le son était branché, entendrait-on quelques soupirs intermittents ? Possible.
Ce serait certainement le chien. Un mélange d’aise et d’impatience.
Mais cela lui va à Titou, il y a de l’affection, c’est réciproque.
Et il attend, en habitué obligé, ce que révèle apparemment cette façon de la fillette de le tenir au bras.
Il est envisageable que Marie ne veuille pas prendre le risque de le perdre, qu’il file car il ne sait peut-être pas attendre, couché aux pieds.
Titou a un collier, Marie a peut-être oublié sa laisse, s’il en a une. Elle aurait pu l’attacher au pied juste à côté.     
Alors qu’elle fourrage dans une valise pleine de chiffons, de chutes de tissus, de vieux draps peut-être, a-t-elle demandé au commerçant si elle pouvait regarder et se servir ?
On ne peut cependant éliminer l’idée que ce sont ses parents qui tiennent cet étal. Et qu’en ce jour où il n’y a pas école, elle a le droit de choisir un bout de tissu qui lui fera plaisir.
Que cherche-t-elle ?
Le morceau à la bonne taille, le plus doux et le plus confortable qui soit, pour Titou, pour mettre au sol dans le coin où il dort ?
A moins qu’elle soit en train de prélever une chute de tissu qui lui servira à jouer avec Titou, pour l’habiller et le déguiser comme font les enfants parfois, lorsqu’ils jouent avec leur chien comme ils le feraient avec une poupée.
Il apparaît par contre fortement improbable de dire qu’elle ne farfouille pas et qu’en fin de compte elle ne cherche qu’à installer au mieux dans la valise une espèce de niche, un nid douillet pour installer et faire dormir Titou. 
Quelle que soit sa quête, toujours est-il qu’au fur et à mesure, inévitablement, ça sort de partout, c’est déplié, ça ne rentre plus, le désordre s’installe, les bouts, les morceaux, les chutes se mélangent, les draps débordent. Qui rangera ? 

Il semble bien que la suite de l’histoire leur appartient, comme il semble bien que nous resterons sans nouvelles du propriétaire du vélo.


Lili et Pop / Fredaine

 


Lili soupira : « Non, mais tu exagères Pop. Je ne vais pas te porter comme ça toute la matinée. Tu es lourd et j’ai des choses à faire. Je comprends que tu aies eu peur, mais là c’est bon, c’est fini, il est parti. »

Il y aurait bientôt un an que Lili avait trouvé Pop attaché à la grille du square, tremblant et pleurant. Elle avait craqué et depuis, ils ne s’étaient plus quittés. La mère de Lili avait bien eu du mal à accepter le nouveau venu mais Lili avait supplié et avait promis de toujours s’en occuper. Sa mère avait cédé, comme toujours avec Lili. Depuis, Pop suivait Lili comme son ombre et celle-ci avait même réussi à convaincre sa maîtresse que Pop serait un merveilleux sujet d’étude, qu’il ne dérangerait pas la classe, qu’il était très gentil, ne ferait pas de saletés, pas de bruit … Enfin, vous aurez compris que rien ni personne ne résistait à Lili.

Le seul problème avec Pop, c’est qu’il était trouillard. Lili avait toujours pensé qu’il avait dû être maltraité, enfermé, attaché, toute chose qui justifiait son attitude dès que survenait un bruit étrange, un inconnu, dès qu’ils croisaient un autre chien ou simplement s’ils devaient traverser la rue. Et ce matin, en descendant pour aider sa mère à préparer son étal au marché, ils s’étaient trouvé nez à nez avec un molosse pas vraiment aimable. Pop terrifié avait sauté dans les bras de Lili et depuis restait accroché à son cou comme une moule à son rocher.


Vintage / L'Entille

 


Aujourd’hui c’est le grand déballage dans le quartier de la Bréchardière. Les Colomb vident la maison des parents d’Eliane. Ils y sont depuis plusieurs jours à trier, jeter, jauger, estimer. Les brocanteurs sont déjà passés. Il reste encore tout un bric à brac qui n’a par trouvé preneur dans la famille.

Et sur le trottoir, depuis le matin, des valises contenant des napperons en dentelle faits par Mamie Eléonore, des serviettes de table brodées par ses soins ainsi que des serviettes de bain, des draps, sont ouvertes pour que chacun puisse y trouver la pépite qui leur fera plaisir. On trouve aussi la vaisselle des dimanches, service complet, cadeau de mariage d’une tante éloignée. Un guéridon est posé là pour mettre en valeur des vases qui brillent dans la soleil matinal. Il y aussi la batterie de cuisine bien usée tant elle a servi. Faut dire qu’Eléonore était une sacrée cuisinière. Hum ! Ses rôtis, ses tartes, ses œufs au lait !

Des caisses de livres attendent le lecteur qui saura les apprécier. Il y a aussi des bibelots d’un autre temps, des souvenirs de vacances ringards ou kitch. La collection de nains de jardin, bien vieux eux aussi, qui faisait rire tout le monde et qui aujourd’hui les a fait pleurer.

Dans un coin, dans une grande caisse de bois, tous les outils de Papy Jacques attendent une nouvelle main pour être encore utiles. Il y a aussi ses cannes à pêche qui n’ont plus servi depuis des années. Trop vieux, disait-il dans un soupir de regret, pour aller taquiner le goujon.

Un petit garçon et son chien se sont approchés du fatras. Il fouille à la recherche d’un trésor que lui seul peut dénicher. Il veut juste un objet qui lui rappellera les heures passées avec Papy Jacques, les histoires qu’il racontait. Même si parfois elles étaient inventées, elles ont nourri son imagination et embelli son enfance.

 


La môme et son chien / Jill Bill

 



 

Inséparables

Edith et Youki...

 

Elle étale ses puces sur le trottoir

Et si cela ne rapporte pas grand chose

Elle chantera la môme...

Le chien dans les bras

Ca vous attire la sympathie...

 

Dans la famille on est pas bien riche

Et puis y a le père qui boit presque tout les sous !

 

Au tableau noir elle préfère l'école buissonnière, Edith...

Elle préfère la rue, ses p'tits boulots,

L'école, non elle ne regrette rien...

 

Pas même un soupir quand on lui en parle,

La môme voit sa vie en rose, autrement,

En haut de l'affiche, un jour...

 


15 octobre 2023

Sujet 63- Participants

 




- LA MOME ET SON CHIEN par Jill Bill

- VINTAGE par L'Entille 

- LILI ET POP par Fredaine

- NOTES par K

- EN FUITE par J.Libert

- RETOUR par Tilancia

LA PETITE FILLE ET SON CHIEN par Lilousoleil

14 octobre 2023

Sujet n°63 / semaine du 14 au 21 octobre

L'image

 

 

(c)Robert Doisneau

Le mot facultatif soupir


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Fan des années 70 / L'Entille

 




Aujourd’hui tout le monde digresse au sujet des années 80. Soit ! Ce fut une belle décennie.
Mais les seventies ! Qui s’en soucie aujourd’hui ?
Boire ou conduire, le slogan n’était pas de saison. La ceinture de sécurité ! Oui, juste à la fin.
Hugues Aufray chantait « moi et mon camion ». Il s’est crashé rapidement. Mais Cat Stevens avec sa « lady d’Arbanville » est toujours un standard, Tandis que les Rolling stones voulaient « live with me » et que Ike et Tina Turner proposaient « come together », j’ai répondu « banco » Mais juste dans ma piaule. Personne ne m’a entendu !
Et puis Jim criait « freedom » et John « Let it be » et encore Polnareff qui assurait qu’ « on ira tous au paradis » et Le Forestier vantait « San Francisco ».
Alors j’ai décidé d’aller voir « le sud » avec « Angie » et j’ai fini « stayin alive ».
Avec les potes, on s’est retrouvé en situation délicate. A l’entrée d’un golf pas Juan du tout, on a piqué une voiture sans permis pour rentrer à la maison où les parents qu’on appelait pas encore darons, nous attendaient un peu inquiets. Il n’y avait pas eu d’alerte enlèvement, trop vieux ! Il n’y avait pas eu de message sur les réseaux sociaux. Non, on est rentrés après notre escapade estivale. Faut bien que jeunesse se passe !
On ne peut que constater aujourd’hui que ce mode de locomotion a fait des émules !


Patrouille / K


 


Nouvelles dégradations dans la vitrine d’un commerçant dans le Borgo.

Le restaurateur se préparait à l’ouverture de son établissement lorsqu'une balle de golf a brisé plusieurs vitres, interrompant son travail en cuisine au point qu'il en a raté sa cuisson al dente. 

C'est la quatrième fois en deux jours dans le quartier. Cette vague de violence inexplicable inquiète. On commence à entendre le mot "sabotages".
La police n’exclut aucune piste.

 

Place Saint-Pierre.
La patrouille de police espère qu’en voiturette de golf pour rassurer la population, elle retrouvera en toute discrétion la balle du Saint-Père.
 
- Il s’entraîne toujours dans son bureau fenêtre ouverte pour éviter la casse ?
- Oh ça va finir par se savoir …
- On n’est pas loin, prions pour des progrès rapides…

 


POLICIERS EN GOGUETTE / J. Libert

 


 

    Pour inaugurer leur nouveau véhicule, une super trottinette, les trois jeunes policiers Italiens ont prévu de terminer leur ronde au bistro  où la famille Rossi a fait sa réputation dans tout le canton avec ses plats de pâtes cuites al dente et à toutes les sauces.

     A cet effet, ils décident d’emprunter une route secondaire qui les mènera à destination. Après tout, ils sont mandatés pour essayer leur nouvel engin et aucune urgence ne les presse.

     Ce matin, il fait beau. Le ciel est dégagé. Il flotte un air de vacances de printemps. Oui, vraiment, un temps à circuler dans ce genre de « papamobile italienne ». Nos trois jeunes policiers retrouvent leurs années d’adolescence. De concert, ils sifflotent des airs de chansons paillardes qui achèvent de sceller leur complicité naissante.

     Au bistro, l’abondant plat de pâtes est un délice ainsi que le petit vin italien qui l’accompagne. Mais, à la suite d’une réflexion, plus excité que jamais, l’un des trois policiers enclenche la bagarre et les coups se mettent à pleuvoir. Dans l’impossibilité de les calmer, la police, appelée en renfort, les embarque dans le fourgon pour les ramener au bercail.

     Sur la route du retour, le ciel s’est subitement assombri. Bientôt, l’averse de grêle tambourine le toit et le pare brise du fourgon dégrisant d’un coup ce jeune personnel policier.

« ehoh les gars ?...on est quand même mieux  là que dans notre papamobile, non ? »

 


Ne riez pas ! / Jill Bill

 



Même les administrations font des économies

Trois poulets, dans un plat... !!


 A la cantine réduit-on aussi

La portion de pâtes al-denté... ?


 Certes écologiquement appréciable,

Mais, côté confort...

A regretter la police montée !


 Ben c'est viril tiens,

Chiara notre cheffe se marre à nous trimbaler...

Faut dire qu'elle n'a pas le permis

Alors, la voiturette de golf

Baptisée Tartaruga, tortue en italien

En attendant la Maserati de service

On se la coltine comme dindons de la farce...