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07 septembre 2024

le petit manoir /Lilou

 Le petit manoir



Habituée à la vitesse, même sur les petites routes, Aurélie ralentit progressivement. À ses côtés, Hélène dormait paisiblement, un léger souffle échappant de sa bouche aux lèvres rouges framboise. Aurélie l'avait emmenée très tôt ce matin, lui réservant une surprise, avait-elle dit.

Depuis près d'un an, après d'innombrables recherches souvent infructueuses, elle avait retrouvé sa sœur, séparée d'elle lors du divorce de leurs parents. L'une confiée à l'aide sociale, l'autre placée dans une famille d'accueil. Puis, le décès de leurs parents avait mis un terme à leurs espoirs de retrouvailles. Mais Aurélie n'avait jamais cessé de chercher. Enfin, à Noël dernier, elles s'étaient retrouvées. Hélène, mal mariée, avait quitté son époux après deux années de souffrances. Les coups avaient cessé, mais les séquelles restaient. Revoir sa grande sœur avait été un véritable bonheur.

Aurélie s'arrêta et coupa le moteur de son Audi. Doucement, elle réveilla Hélène qui s'étira longuement avant d'ouvrir les yeux et de découvrir, incrédule, cette fabuleuse demeure. Elle se frotta les yeux, croyant encore rêver. Mais non. Une maison au toit d'ardoises bleu cendré s'étendait devant elles, entourée d'un jardin fleuri et d'une pelouse impeccable. Un salon de jardin blanc, des murs de pierre et d'immenses fenêtres promettaient une lumière douce à l'intérieur. Hélène la reconnut aussitôt. Avec Aurélie, elles l'avaient tant admirée dans leur enfance. Derrière la maison, un grand pré où elles venaient autrefois goûter, cachées près des arbres. Elles rêvaient de vivre dans cette demeure, de se lier d'amitié avec les enfants du voisinage. Mais elles n'étaient pas du même monde, des enfants de divorcés.

Le destin en avait décidé autrement. Aurélie, devenue avocate renommée, avait acquis ce petit manoir, comme elles l'appelaient affectueusement. Et voilà pourquoi, en ce jour de la Sainte-Hélène, elles étaient là. 'Mais oui', dit-elle à sa sœur, 'le bonheur existe'."

COUP DE CŒUR / J.Libert

 


        Quand Eva traversa le salon de cette fermette de campagne que l’agent immobilier lui faisait visiter en vue d’un premier achat, elle fut saisie par l’odeur de poussière. C’était une poussière grise, sale, accumulée au fil des années, immobile, tenace et grasse. Les longues tentures de velours bordeaux sombre montaient la garde de chaque côté des portes fenêtres pour empêcher les rayons du soleil d’éclairer ce qui devait rester secret. Près de l’âtre où ne brûlaient plus les bûches des vieux chênes, deux fauteuils, recouverts d’un damassé vert feuille, avaient dû accueillir bien des dos fatigués. Une commode et une armoire en acajou complétaient ce décor très austère d’un autre temps. Il était clair que rien n’avait bougé  dans cette pièce depuis des lustres.
    
Eva s’approcha d’une des portes fenêtres, écarta les tentures d’un geste ample et vif et ouvrit les battants. Un air frais , lumineux, pénétra dans la pièce.
   
 Sous ses yeux, s’étalait un jardin à la pelouse joliment entretenue ; elle descendait en cascade vers des parterres fleurissant dans un fouillis organisé. Là, s’épanouissaient des cosmos aux tendres couleurs, des ancolies au milieu de fougères, de roses anciennes blanches et roses, de rhododendrons mauves, de camélias joufflus.
   
 Une glycine de plusieurs dizaines d’années, exubérante et folle, courait sur les murs de pierre, au-dessus des portes fenêtres de la fermette et du petit appentis situé à proximité. Ses lourdes grappes commençaient à fleurir emplissant l’air de leur parfum sucré.
   
 Il y avait, là, un enclos de verdure assez intimiste  pour y prendre ses repas sur une table et des bancs de bois encore installés.
   
 Eva découvrait ce jardin avec ravissement, respirant avidement l’odeur fine et puissante qui arrivait , maintenant, dans les coins les plus reculés du salon.
   
 Tout à l’heure, elle voulait prendre les jambes à son cou, s’éloigner de cet endroit qui suintait l’ennui et la tristesse, mais, à cet instant, séduite par la luxuriance extérieure, elle aurait offert ce qu’elle avait de plus précieux pour couler, là, des heures paisibles et lumineuses jusqu’au dernier jour de sa vie.
 

The place to be / Maïmouna Grunewald

 


Nous avions travaillé intensément toute l’année sur nos projets respectifs. Être à son compte à des avantages mais le revers de la médaille était l’investissement que l’on devait mettre dans la recherche de nouveaux clients, les démarches administratives en plus des projets eux-mêmes.

Nous avions vitalement besoin d’une pause et prioritairement de nous éloigner de Paris et de son bruit incessant. Je me sentais lessivée, à bout de souffle et d’idées.

Bertrand m’annonce au petit-déjeuner avoir trouvé l’endroit idéal. « Tu verras », me dit-il avec une pointe de malice dans le regard. D’habitude, je ne lui fais pas confiance pour tout ce qui retourne de l’organisation mais là je n’avais pas le choix car je manquais de temps et d’énergie pour m’en occuper moi-même.

Enfin, après trois longues semaines d’attente indispensables pour préparer notre absence, nous débarquons sur une petite île de l’océan atlantique surnommée l’île aux fleurs. Je suis Bertrand sur les sentiers étroits sans savoir ce qui m’attend et c’est un sentiment qui me met mal à l’aise moi qui ai l’habitude de tout contrôler. Savoir faire confiance, c’est un trait de caractère que je dois continuer de travailler. 

Je commence à me prendre au jeu et je laisse mon esprit vagabonder à mesure que nous avançons vers notre destination.

Bertrand s’écarte avec un sourire aux lèvres afin de me faire découvrir notre lieu d’accueil pour les trois prochaines semaines. « Waouh », je m’écrie soudainement, « elle est canon cette maison ! ». Tout droit sortie d’un conte irlandais ! En effet, les murs sont en pierres typiques de la région, le toit d’ardoise envahi par la mousse, les fenêtres en bois sont restées dans leur jus. 

« Et encore, tu n’as pas vu le jardin ... » me répond Bertrand.

Il sort la clé de sa poche comme un trésor de sa boîte et nous entrons dans une pièce pleine de charme qui sert à la fois d’entrée, de salle à manger, de cuisine et de salon. Mais ce qui attire le regard c’est la vue venant de la porte fenêtre. Comme ensorcelée, je me dirige vers l’ouverture et je découvre un écrin de verdure lumineux composé d’un jardin tellement fleuri que je ne sais plus où poser mon regard : des campanules, des coquelicots, des magnolias, une glycine si géante qu’elle tapisse les murs de l’enceinte du jardin. Cela sent le romarin et le chèvrefeuille, on entend bourdonner les abeilles et les frelons, on observe les papillons virevolter d’une fleur à l’autre.

Je me sens tout de suite en paix comme à ma place.

Je suis tellement charmée par ce spectacle que j’en oublie Bertrand qui me regarde avec attendrissement. Je cours vers lui en criant : « tu as trouvé l’endroit idéal ! ».


Permettez que je m’interroge… / Galet

 


Y a-t-il des lois qui régissent l’ordonnancement d’un jardin de curé ?

Dans le Droit canon, peut-être !?...

Des vacances réussies / L'Entille

 


Les vacances, un sujet important dans la vie d’une famille. La destination, les activités, la capacité de pouvoir s’isoler et bien d’autres sujets. Alors quand on part avec des amis, il fait être encore plus vigilant au risque de revenir seul ! Comment mettre tout le monde pleinement d’accord ?
Donc fort de cette certitude, j’ai commencé les recherches pour nos vacances. D’abord on s’était décidé pour le Guatemala. Ses forêts, ses temples, une civilisation perdue, ses villages séculaires et colorés, tout ça et plus encore nous a fait rêver en janvier. Pour finir par une chaleur intense, l’altitude, le vol trop long etc. etc.
En février, nous avons opté pour l’Autriche. On s’en léchait déjà les babines  des pâtisseries. On se voyait comme Heidi dans les montagnes verdoyantes. Vienne et ses musées nous a envoûté. La rencontre avec l’Histoire européenne et Sisi, on s’y voyait. Et puis…. On s’est dit que ça manquait un petit peu de fun, les vacances culturelles c’est bien mais… la plage et la foule, ça nous aurait manqué.
Mars, on a pensé à la Corse, trop chaud. Avril, destination l’Italie. « Les cinque terre» envahies. Mai, L’Espagne. Trop sec, même plus d’eau pour la douche. Juin, trop tard pour organiser un beau voyage qui plaise à tout le monde.
Juillet, on a choisi notre destination qui va bien à tous.
Août, on est resté à la maison. On n'a pas eu trop chaud. On a même été mouillé. Le jardin est magnifique. Quelques festivals par-ci par-là. Des amis qui vont qui viennent. La plage, et les terrasses bien couvert. Des vacances canon !


Manoir, à vendre / Jill Bill

 


Une annonce, dans les annonces notariales,

Attire mon attention,

Beau manoir à vendre

Avec sa chapelle, privée, son cimetière, à chiens...


Cette propriété est canon, ne fut-ce que par le parc

Après, à voir les intérieurs... !


Josselin Londe y repose, éternellement,

La condition, conserver le tout.......


Un havre de paix, pour vivants et, morts

Je le conçois...


Un havre de paix, de nos jours, ça n'a pas de prix...

Et, en effet....


Après mûres réflexions

Je ne vais pas acquérir ces murs...


En ai-je d'ailleurs les moyens ;

Moi, le citoyen moyen

Que se fait tout un cinéma sur cette demeure de star...


31 août 2024

Sujet n°104 - semaine du 31 août au 7 septembre

 Après une pause estivale qui -on l'espère- s'est bien passée pour tous, nous voilà repartis pour un tour de manège !