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18 mai 2024

L'arbre aux gouttelettes / Vegas sur sarthe

 




 

“Hé Mathieu! Si j'te disais que le gouttelier a pleuré ce matin...”

 (Il faut préciser aux citadins que l'arbre aux gouttelettes s'appelle un gouttelier)
 

“C'est de saison, l'Henri... c'est d'saison... comme on dit chez nous: Rosée du matin, rosée du matin” 
“Non non non! C'était point d'la rosée! J'te dis que l'gouttelier a fait des perles” 
“Ouais, Félicie aussi” 
“Je sais que c'est à peine croyable. D'habitude les goutteliers sont tranquilles jusqu'à début mars, et ben les miens ont déjà fait des perles !” 
“Ouais... Félicie aussi, ça tombe début mars” 
“Oublie ta Félicie une seconde! Deux mois d'avance, vindiou... c'est pas normal. Tu m'enlèveras pas d'l'idée qu'y détraquent nos goutteliers avec leurs spoutniques, leurs pots cataleptiques et leurs fesses de bouc !” 
“Ça dépend l'Henri... ça dépend. Tes goutteliers, d'abord c'est d'la variété Chagrins du matin ou Espoirs du soir?” 
“J'ai que des Chagrins du matin, ceux qu'ont la peau rugueuse comme des peaux d'chagrin quoi” 
“Des Chagrins du matin? C'est comme Félicie, elle est pas du matin... ni du soir d'ailleurs” 
“En plus - d'après l'Grégoire qu'est pépiniériste à Marsannay - c'est des “vinum clarum”, une variété qui gèle pas au point de rosée !” 
“Ouais... Félicie aussi... point de rosé. Que de l'alligator” 
“Tu veux dire de l'aligoté?” 
“Ouais mais Félicie elle dit alligator passeque quand y te tient, y te lâche plus” 
“Fais pas la tronche, Mathieu! C'est juste que cette année on n'est pas gâtés par la nature” 
“Ouais... Félicie non plus” 
“Qu'est-ce que t'en dis si j'leur mettais un grand coup de chaud au cul, ça les requinquerait ?” 
“Ouais... tu m'donnes une idée, là... c'est pas bête” 
“J'te leur colle le brasero bien chargé pendant une heure ou deux... et en voiture Simone” 
“Une heure ou deux... t'y vas fort l'Henri ! Elle en dit quoi la Simone ?” 
“Hein? Comprend pas. C'est que j'y tiens à mes goutteliers... y m'coûtent assez cher toute l'année” 
“Ouais... Félicie pareil” 
“Vindiou! Tu m'gaves avec ta Félicie. T'as t'y seulement été voir les tiens si y z'avaient goutté?” 
“Pas la peine. Moi j'ai des Espoirs du soir, alors tu penses ben que j'vais pas m'emmerder à aller les voir le matin... même si j'ai rien à foutre le matin vu qu'la Félic...” 
“Ahh! Maint'nant, y en a soupé de ta Félicie ! Un Espoir du soir, ça pleure pas... au contraire ça rigole, alors tu f'rais bien d'faire pareil au lieu de chialer tout l'temps !” 
“Ça rigole, ça rigole... ça dépend ! Y a des Espoirs du soir qui rigolent pas, par exemple ceux qui sont attaqués par l'araignée du matin” 
“Ah ben ouais... une attaque d'araignée, forcément. Et pourquoi pas une explosion eunucléaire? Si t'imagines le pire...” 
“Ben le pire... j'lai sous les yeux du matin au soir, alors...”

“Bon ben c'est pas tout ça mais j'vais aller bourrer l'brasero !” 

“Attends moi ! Y a longtemps que j'ai pas vu ça !”


LE BEL ORME / J.Libert



    Les arbres sont un mystère de vie à eux seuls. Nombreux sont ceux qui voient des générations et des générations  d’humains se succéder. S’ils pouvaient parler, les arbres retraceraient l’Histoire avec un grand H beaucoup plus fidèlement que n’importe quel manuel scolaire. Leur force et leur vitalité sont un véritable défi à la fragilité et à la brièveté de la vie humaine.
 
    Tel cet orme majestueux et puissant qui, au plus fort des après midi d’été, ombrageait l’immense pelouse de ses verts branchages. Il abritait l’écureuil fragile, les amours des jeunes oiseaux. Sous les feuilles, les tourterelles roucoulaient, le coucou chantait, les corbeaux croassaient.
 
    Inlassablement, saison après saison, il perdait et retrouvait son feuillage. L’hiver le voyait squelettique, décharné sur fond de ciel sombre et dépressif ou gelé, transparent comme un cristal dans le silence des matins neigeux.
 
    Mais, dès les premiers beaux jours, tel un phénix, il renaissait de ses cendres. On ne le reconnaissait plus : un véritable feu d’artifice de verdure.
 
    Peut-être qu’un jour, il s’est lassé de ce ballet incessant du temps et s’est laissé envahir par le souffle des vents trop froids. Son écorce s’est desséchée, les insectes l’ont grignoté et il a perdu de « sa superbe ». Le vieil orme a été tronçonné, débité et brûlé pour n’être plus que cendre, poussière de terre et d’étoiles
 

An 2127 / Keremma

 



Il n’y a plus de bourgeons.
Il n’y a plus de nids.
En silence, les insectes
ont même dévoré les oiseaux
de Monsieur Verfeuillage.


Immobile / K



L’ARBRE DU BONHEUR / Tarval


 


Quel est cet arbre dénudé,
Au milieu d’un champ isolé,
Il est seul, les ramifications mystérieusement étincelantes,
Je m’adosse sur le tronc,
En osmose avec la nature,
Et sors un livre de mon sac,
Je commence à lire,
Et bientôt je m’assoupis,
Sous cet arbre qui va me protéger,
Et sur lequel je me sens bien.
La nature, rien de tel pour vous remettre d’aplomb,
Et je profite de l’instant présent.

L'arbre de Georges / Jill Bill

 




Service Harcourt
Immortaliser des visages, en noir et blanc...


Un jour, une demande particulière,

Un arbre... !


Pas n'importe lequel, celui de Brassens

Vedette d'une chanson...,chêne « éternel »...


Dans un silence religieux

Dans un gris anthracite

Dans le recueillement

Les mille bras nus levés au ciel

Au milieu des personnalités

Trône un arbre, celui de Georges

Celui de Brassens

Dont il fit le jour venu

Son cercueil, après quelques pipes...


11 mai 2024

Sujet n°93 - Semaine du 11 au 18 mai

 


Voici pour cette nouvelle semaine !


l'image 




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