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25 janvier 2025

Ordonnance. / L'Entille

 



Ordonnance.


 

- Docteur, voici votre ordonnance. Que je n’y comprenne goutte, soit! Mais que vous mettiez le pharmacien en échec, là c’est fort !

- Madame, ce n’est pas un charabia, vous vous en doutez. Ai-je le temps pour ces gamineries ?

- Vous n’avez pas le temps, j’en suis fort aise. Croyez-vous que mon temps soit moins important que le vôtre ?

- Madame, je ne me permettrais pas.

- Et le pharmacien, ainsi que toute son équipe a tenté en vain de déchiffrer vos hiéroglyphes.

- Madame! Il est vrai que mon écriture laisse à désirer mais de là à la comparer à des idéographes.

- Ah les grands mots ! Mais, mes grands maux à moi ne sont pas prêts d’être calmés si l’apothicaire est dans l’impossibilité de me délivrer mes potions.

- Comme vous y allez !

- Et vous ? Tenez, regardez.

- Ah oui, quand même ! Je crois que là je me suis dépassé.

- Le logiciel pour taper les prescriptions est très au point, vous devriez l’essayer.

- Peut-être.

- A ce niveau vous n’avez guère le choix, à moins d’apprécier les retours d’expérience très désagréables.

- J’espère que ça pourrait aider à contrer ma dyslexie.

- Essayez l’intelligence artificielle. Il paraît que ça résout tous les problèmes.

 


Le code / Emma

 



Le code 
Il y avait, à Oxbridge, un très sérieux professeur d'histoire ancienne, nommé Willybillie Poe, que la reine avait anobli  pour l'ensemble de ses travaux, salués dans le monde entier,  sur  les vestiges des écuries d'Alexandre  le Grand qu'il avait lui-même découverts en Éthiopie orientale.
Au cours d'une mission dans les monts désertiques du Globaï, il trouva, dans une grotte à demi bouchée par le sable, une tablette d'argile gravée de signes.
La découverte était d'importance, car, selon la théorie du professeur Poe, Zarathoustra aurait fini sa vie en ermite dans le désert du Globaï.
Willybillie Poe entreprit donc de comparer les signes de la tablette, qu'il avait appelés "écriture globaïlienne", avec toutes les écritures qu'il connaissait : Chaldéen, Assyrien, Hittite, Egyptien de toutes les époques. En vain. Au mépris de toute logique, il étendit les recherches au Chinois antique, au Tartare moyen et bas, au Sibérien, à l'Iroquois, au Navajo, et aux signes des pyramides Maja… à toutes les langues répertoriées dans la grande bibliothèque d'Oxbridge.
 Aucun résultat.
Sir Poe passait toutes ses nuits dans une fièvre de plus en plus agitée. Il en perdit son latin. Puis sa santé. Puis sa femme. Enfin il fut licencié par l'université pour comportement erratique en cours, avant de mourir victime d'une infection transmise par les cloportes des grottes.
Or donc il arriva que le mois suivant, Harry Beans, Californien de 16 ans et demi, surfeur sur la vague le jour et le dark web la nuit, tomba sur la photo de la plaque du Globaï dans National geographic.
 
Ayant forcé quelques codes secrets en moins de temps qu'il ne faut pour saisir la souris, il lui fallut exactement 11 minutes pour déchiffrer les signes, après s'être connecté à "CIA cryptoservice niveau 7".
 
                       Et il lut :
- un sac de farine
- 2 poulets
- une jarre d'huile
et ne traîne pas en route !


MARQUES DÉPOSÉES / Galet

 



MARQUES DÉPOSÉES


C’était un dimanche de novembre gris et pluvieux et toute la famille était rassemblée pour l’anniversaire de l’aïeule. Cinq enfants et leurs conjoints et conjointes, plus leurs enfants, certains accompagnés et les petits enfants, cela faisait pas mal de monde et de bruit. Grand-mamy ayant déclaré vouloir se reposer un peu dans sa chambre, les adultes avaient investi la salle à manger pour jouer au scrabble ou aux cartes, quelques uns préférant le salon pour discuter de tout, de rien en sirotant un café ou un digestif.  Comme le temps ne se prêtait pas aux jeux d’extérieur et que les enfants, excités d’être ensemble commençaient à s’énerver mutuellement, Benjamin eut une idée : il les fit assoir en cercle sur le tapis du bureau, prit sur une étagère un gros album photos qu’il feuilleta quelques secondes avant d’en sortir un grand cliché qu’il fit circuler en proposant : « Trouvez ce que cela représente ». 
- Ben, c’est des lettres, dit Alan avec un haussement d’épaules, en passant la photo à sa voisine, même qu’y a les lettres de mon nom, mais elles sont pas ensemble.
Il était très fier de son savoir fraîchement acquis depuis son entrée au CP en septembre et apposait sa « signature » en lettres bâtons sur les cartes d’anniversaire.
- Bien sûr, bon début de réponse, dit son oncle, mais ce n’est pas celle que j'attends.
- C’est écrit dans la pierre, dit Jeanne – « gravé » la reprit son cousin Jules qui était tout de même en cinquième – mais c’est quelqu’un qui savait pas bien pasque y en a plein à l’envers.
- Exact ! valida Benjamin, mais pourtant tout est correct.
- Je sais ! Je sais ! cria Nicolas, y z’ont presque raison, Alan et Jeanne, c’est un jeu que j’aime bien, y en a un chaque fois dans le programme télé, y faut trouver le mot qui reste quand t’as barré toutes les lettres qui forment d’autres mots qui sont écrits dans tous les sens, en hauteur, à l’envers, même en travers ! Tiens, j’ai déjà trouvé : TOME, CAPE, AN…
Tous étaient maintenant têtes contre têtes au-dessus du rectangle de papier glacé.
- Et moi : TON, AME, BOOM, TOY… renchérit Virginie.
- Ça peut pas, c’est de l’anglais ! contesta Maxime.
- Moi, z’ai trouvé PINGOUIN, zozota la petite Line qui ne savait ni lire ni écrire, mais ne voulait pas être en reste.
Leur oncle s’amusait autant qu’eux à les voir si concentrés, mais encore une fois, ce n’était pas la bonne réponse.
- Et si c’était un message d’un pirate pour indiquer où il a caché un trésor ? suggéra Timothée.
- Non, plutôt un message codé comme pendant la guerre, pour dire quand les Américains vont débarquer par exemple. Il faut remplacer chaque fois une lettre par une autre pour pouvoir le déchiffrer, dit Sonia, l’aînée du groupe. Mais le problème, c’est de trouver si c’est la lettre d’avant, ou d’après, ou de plus loin… C’est pas fastoche !
- Et p’têt bien que c’est une liste de courses, ou une recette de cuisine ! gouailla Steph qui ne pouvait pas rester longtemps sérieux. Allez, Tonton, dis-nous !
Comme tous acquiesçaient, Benjamin expliqua qu’en fait c’était une inscription en grec très ancien, trouvée en Crète, avec d’autres blocs gravés semblables et complémentaires et que l’ensemble n’avait encore pas été complètement déchiffré. Le texte était rédigé en boustrophédon, c’est-à-dire en zig-zag, donc une ligne sur deux était écrite à l’envers, c’est pour cela que Jeanne avait repéré les caractères à l’envers. Si c’était une écriture moderne, ils pourraient lire ces lignes avec un miroir ! Et il leur montra un exemple trouvé sur internet. Les enfants trépignaient, tous voulaient essayer. Les adultes venus jeter un œil dans le bureau s’étaient aussi pris au jeu.
Pourtant l’heure tournait et chaque famille devait regagner son domicile, mais les enfants s’étaient juré d’échanger une lettre par semaine en boustrophédon ! En montant dans sa voiture, Ben souriait, content de son initiative mais très dubitatif quant à ce serment enfantin !




A...B...C… / J.Libert

 


A...B...C…



    La vieille Sonia se souvient encore de son apprentissage de l’alphabet vers l’âge de 4 ans, et pour elle, c’est un souvenir à la fois merveilleux et douloureux.
    Avant son entrée à l’école primaire du bourg, à 5 ans, c’est son père qui lui avait fait nommer, répéter, dans l’ordre, les 26 lettres de ce magnifique alphabet ; mais chaque fois qu’elle se trompait, il la corrigeait sévèrement à en avoir les cuisses bien rougies.
    Les lettre entrées dans ses chairs, quelle ne fut pas sa fierté de les découvrir, de les lire sans erreur et d’un trait, écrites à la craie blanche sur le haut du grand tableau noir qui couvrait le mur de la petite classe.
    Plus tard, docile, appliquée, la jeune Sonia répétait , journellement, l’enseignement ritournelle mnémotechnique de sa première maîtresse : re la roue, se la souris, pe la jambe à papa, que la jambe cassée etc. Ainsi,l’apprentissage de la lecture lui parut chose facile et fut , pour elle, une activité joyeuse.
    Est ce pour ces premiers souvenirs que la vieille Sonia préfère encore, aujourd’hui, le manuscrit à l’ordinateur ? Elle adore manier le crayon pour former des lettres même si celles ci évoluent avec le temps. Elle se demande toujours, naïvement comment on a pu et comment on peut inventer autant de mots avec seulement 26 lettres : tant de mots trésor mais aussi tant de mots tueurs – À nous de choisir !- 

A la masse ? / K

 



Kryptos : -Je te l’avais dit, encore une course au trésor truquée.  Il n’y a aucun levier, aucune trappe, pas de tiroir secret, tout est bloqué, rien ne bouge, ne rêve pas d’une lettre amovible, tout est en pierre !

Enigmus -Ah d’accord ! Alors va chercher les cadors ! Puisque là ils nous prennent pour des condors, on va leur montrer qui sont les ténors, foi de conquistador !

Kryptos alerta leurs deux camarades costauds Kulbutor et Kognesec qui attendaient à deux pas.

-Les gars, vous êtes prêts? Allez, amenez vos masses. Pas de quartier.

Les deux bestiaux ne se firent pas prier : ils mirent tout leur cœur à pulvériser l'obstacle qui contrariait tant leurs bons maîtres. 

Leur œuvre accomplie, enfin, le parchemin s'offrit à Kryptos et Enigmus.

Ceux-ci malgré leurs efforts ne parvinrent pas à le dérouler.

-    - Kryptos, rappelle les cadors !  

À LA RECHERCHE DE L'OR...THOGRAPHE / Marie Sylvie

 






Cette image me ravive mon combat.
Cela me rappelle effectivement lorsque j'ai retrouvé conscience après cette longue période végétative. 
Je ne savais plus écrire, j'avais perdu la maîtrise de la langue française et il m'a fallu un immense courage pour aujourd'hui arriver à écrire ces lignes. 
J'étais terrorisée de ne plus pouvoir parler à cause de mon handicap mais encore plus de ne plus pouvoir écrire une ligne.
J'avais oublié des souvenirs précieux et la manière de m'exprimer, pourtant j'éprouvais ce besoin immense de crier ma joie d'être vivante même si je restais une épave. 

Ne pouvant plus parler à cause de mon invalidité, j'ai d'abord voulu faire des mots croisés mais il m'était impossible de tenir un crayon. 
Pourtant, je tenais à retrouver ce trésor qu'on m'avait volé : Le vocabulaire français et son orthographe. 
J'étais effrayée de ne plus savoir écrire et de n'avoir plus qu'un vocabulaire restreint. 
Alors mon époux m'a offert un smartphone pour transmettre mes besoins par messagerie whatsapp ou par mail. 
Ainsi nous avons pu communiquer.

Pour lui, l'orthographe n'était pas important mais pour moi elle l'était. 
Je le vivais comme un traumatisme.
À force de ténacité, j'ai relu mes écrits que j'avais conservé, des textes poétiques et des chansons. 
J'ai commencé par un site de débat sur divers sujets pour me refamiliariser avec les mots mais aussi la vie quotidienne elle-même. 

Et cela m'a mené jusqu'à ces ateliers d'écriture qui me donnent des inspirations, des sujets d'écriture. 
Voilà trois ans que je livre ce combat, cherchant toujours ce besoin d'entretenir la manière de parler, pour l'instant par écrit, en espérant qu'un jour je pourrais également retrouver la force de parler.
Pour l'instant, il y a du progrès, mais parler c'est comme vouloir articuler  une phrase après un footing : Je suis essoufflée dès les premières mots.

En revanche, pour l'écriture, il suffit de lire mon blog où entre les textes frais répondant aux défis et mes textes que je recopie, j'occupe beaucoup de page, ayant toujours l' angoisse de me réveiller, d'ouvrir les yeux et de ne plus savoir à nouveau écrire. 


Les chercheurs d'or / Jill Bill

 


Les chercheurs d'or...

Pour trouver le trésor
Faut décrypter, ça.......... !!!

Trouvez-moi Champollion, vite fait....

Il est mort !!
Autant faire parler une momie m'sieur l'aventurier !!

Appelez Adèle Blanc-Sec alors,
Elle est extraordinaire là-dessus aussi.......

Et qu'est-ce qui dit que trésor il y a
M'sieur l'aventurier....... ?

Je le sens, c'est tout !!!

C'est peut-être une épitaphe, ou
Une liste de commissions, hi hi......

Suffit hein !!!!

Ah ces aventuriers en quête de bonne fortune
Tous les mêmes....

Il va tomber sur un os, je ne dis rien,
Les pilleurs de tombes sont rapides....