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18 octobre 2025

UN COEUR DE MISÈRE / François

 



UN COEUR DE MISÈRE

 

 

Dessiné d’une main malhabile,

il est un coeur sur un mur de pierre,

Perdu au milieu de la ville,

Qui évoque détresse et misère.

 

De rouge barbouillé,

On distingue une seule lette,

« L»

Est-ce l’existence d’un amour dépouillé,

D’un amour pleuré peut-être?

 

Ce coeur n’et pas gravé sur l’écorce d’un arbre,

Comme il se fait le plus souvent,

Il est comme ces regrets sur un plaque de marbre,

Où une vie perdue a rompu des serments.

 

Le désarroi se lit comme un crampon,

Où la flèche de Cupidon est devenue un harpon.

 

Du rouge / Pierre Lpc

 



Du rouge :

Je me cramponne aux murs, j'ai trop levé le coude.

J'ai ma main qui se soude au verre, liqueur de mûre.

Je tâche la brique dure, le verre vide je boude.

En pleine rue, je m'accoude au comptoir d'azur.


Je chute lourd au sol, mon nez tâche le bitume.

Le sang tourne à l'écume, le caniveau rigole

Le ramène à la fiole que demain on inhume.

le coeur cramponné/Lilou

Le cœur cramponné





Ce cœur-là, peint à la va-vite sur un vieux mur de pierre, a tout d’un amoureux désespéré. Il s’accroche, malgré les fissures, malgré le temps qui l’effrite. On dirait qu’il s’est planté là comme un crampon obstiné, refusant de glisser dans l’oubli. Peut-être voulait-il marquer son territoire, prouver que l’amour peut survivre même sur la pierre la plus dure.

Mais à force de s’accrocher, il finit par ressembler à ce qu’il redoutait : un cœur fissuré, un peu ridicule, qui confond passion et persévérance. Pourtant, au détour d’un rayon de soleil, son rouge écaillé rappelle celui d’un coquelicot battu par le vent — fragile, éphémère, mais vibrant encore d’un éclat de vie.

Peut-être que ce cœur, malgré tout, n’a pas totalement perdu. Car comme les coquelicots qui s’invitent dans les failles des chemins, il prouve qu’un peu de beauté peut pousser même dans les blessures du monde. En somme, un crampon sentimental, oui — mais un crampon fleuri, qui refuse de faner. 

Varlope, Varappe & Lycée de Versailles / Lothar


 


Varlope, Varappe & Lycée de Versailles 

La pépie vient en mangeant

Quatre jours sans ma mère, et c’est tant mieux, mais depuis, qu’est-ce que je mange mal. Et trois jours déjà que je ne vois plus Chloë. Mais elle, elle me manque. On est si complémentaires pourtant. Le bois et la pierre, la varlope et la varappe. Mais où est-elle donc passée ? Mince !

Oui, trois jours déjà… Et j’ai des crampes qui me tordent et me nouent le bas du ventre. Entre toutes, je ne peux plus rester ici. Il faut que je me défonce.

Footing à fond. Trois grands tours de l’île. Étirements. Cinquante pompes plus tard, ici, c’est le concours de pêche en Loire qui commence, alors je fuis, et ce sera mon VTT d’une blinde qui va crier grâce. Je fonds comme une flèche sur les chemins de la Sèvre et poursuis, à bride abattue, à travers le petit pont, à travers le petit bois. J’évite rapidement, en cadence, tous les troncs hérissés, arrachés, affalés sous les coups de butoir de la tempête Ciarán de 2023. Je fonce jusqu’à Pont Caffino. Je freine à mort sur un chien au milieu du chemin ! Tour d’horizon, autour …

Des chaussons et des crampons. Les types qui varappent sur les parois de schiste bleu taguées de coeurs, me refilent des suées. Mais elle n’est pas là. Personne. Demi-tour. Je tourne bride, sur les chapeaux de roue, et repars à toute vitesse, peau des fesses, et peau d’ourse qui débourse, braquet au maxi.

Ligne d’arrivée au jardin. Je me fais trois énormes rondins de 1 mètre aux coins et à la masse. Je prends gros. Je les éclate. Je les scie à la main. Et zig et zag, et zig et zag… Je me les farcis les débitant hargneusement à la cognée, au merlin. Je varlope électrique, à fond de caisse, une montagne de palettes. Je réduis deux victimes en mille bois, en petits morceaux, en cure-dents. Les nourrices d’alimentation en fondent, en fument.

Alors, je décloue, je tape, je scie, je retape, je re-débite, je rabote, je ronge. Je trie et je range ces copeaux. En croles crampons top crolées, en chim, chim chiminey d’un avenir radieux, j’attise et j’allume mon feu.

Illico presto, quatre-vingt-dix copies du Rectorat du Finistère, corrigées, moyennées, escaliers, salopées, varlopées, re-notées, re-GPT, dansent, dansent, leur coûtent un bras, s’emballent …

D’un coup, là où les étoiles tombent, Marc Dorcel sonne aux abonnés absents… je prends cher et m’effondre sur le lit !



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Voici une seconde variation, plus poétique et plus hallucinée :

Varlope, Varappe & Lycée de Versailles (variation nocturne)

La pépie vient en mangeant, disais-je, mais voilà quatre jours sans ma mère et tant mieux, car la faim s’est muée en fièvre. Depuis, je cherche Chloë. Entre toutes, elle était la plus vive étincelle, mais son absence ronge ma poitrine comme un crabe invisible.

Je marche dans les couloirs du Finistère intérieur, où les murs tagués de coeurs tout rouges transpirent l’humidité des pierres. Les nourrices de la mémoire, vieilles femmes de brume, me tendent leurs mains calleuses. Elles disent : « cours, rabote, varlope, tant que ton souffle dure. » Alors j’avance.

Sous mes pas se dresse le concours de pêche, grotesque foire où les corps se balancent au bout des hameçons rouillés. Un chien bien crampon au milieu du chemin me fixe, yeux phosphorescents, museau écumant. Je comprends que je dois le suivre.

Plus loin, une peau d’ourse déchirée claque dans le vent. Elle m’appelle. Je m’enveloppe dedans comme d’un suaire et je poursuis, haletant, vers la cime où les étoiles tombent. Là, sous la voûte fendue, je crois entendre encore la voix de Chloë :

« tant mieux si tu n’as plus de mère, tant mieux si la varlope et la varappe t’usent les bras ; car au bout de la nuit, un avenir radieux s’éveille, mais il faudra payer le prix. »

Je tends la main, mais déjà tout s’écroule, avalé par le silence.



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Alors allons-y pour la troisième variation, burlesque, un peu dada, où les pauvres titres se mêlent au délire :

Varlope, Varappe & Lycée de Versailles (version burlesque)

Quatre jours sans ma mère, tant mieux ! Enfin je respire, je digère mes nouilles froides en dansant la varlope au milieu du salon. Entre toutes mes lubies, c’est la plus brillante : scier les pieds de la table pour qu’elle se transforme en varappe improvisée.

J’invite Chloë. Elle arrive en Peau d’ourse, en crampons, déguisée comme un carnaval du Finistère, en lançant des Nourrices en plastique qui clignotent et chantent du Piaf. On rit, on s’étouffe, la pépie vient en mangeant, et je dévore trois tartes aux fraises de Plougastel sans respirer.

Mais soudain : un chien au milieu du chemin ! Pas de panique : il corrige mes copies de maths au Lycée de Versailles avec une plume trempée dans du chouchen. Quelle classe. Le concours de pêche commence, jette-moi ton hameçon, dis-je, et il me sort un Marc Dorcel en VHS.

Alors tout bascule : les étoiles tombent en pluie de cure-dents, les murs tagués de coeurs saignants crient « Un avenir radieux ! » et je flotte dans une baignoire pleine d’algues phosphorescentes. Entre toutes mes folies, c’est ma préférée. Tant mieux !

Les murmures des murs / L'Entille

 



Les murmures des murs
 
Au printemps les murs sont ornés de minuscules touches de couleur. Des tâches bleues parfois rouges les habillent de gaîté à l’ombre ou au soleil. Des mousses, des fougères, des fleurs ont glissé leurs crampons, accroché leurs courtes et faméliques tiges pour s’épanouir rajeunissant le gris des granits.
Et c’est pendant les nuits d’été que les amoureux du quartier ou les artistes en herbe laissaient leurs traces sur les aspérités des murs, répondant à l’instinct intrinsèque de l’humain depuis des temps immémoriaux.
Les murs des villes lisérés de lierre, auréolés de lichen, oubliés de l’art mais égayés de graffitis et de messages s’ennuient l’automne arrivant.
Mais tout change et les frimas de l’hiver séparent ceux qui s’aiment ou qui s’enchaînent. Les amoureux s’oublient et la tectonique des plaques ouvre des fissures à travers les ciments du cœur.
Des traces resteront longtemps, délavées au fil du temps. Des racines s’immisceront dans les failles et viendront au printemps revenu, réveiller l’envie de renaître, l’envie de revivre et d’aimer à nouveau.
 

Amours coquelicots / J.Libert

 





LE MURMURE DES PIERRES - Marie Sylvie

 



LE MURMURE DES PIERRES


Il était une fois un mur
Pas un mur de séparation ni de défense
Un mur de passage
De promesse
De lumière. 
Un mur sur lequel quelqu'un
Un jour a peint un cœur
Rouge
Vibrant
Net.
Un cœur offert au monde 
Sans peur 
Sans mesure.
Un cœur comme on en voit peu
Posé là sur la pierre encore jeune
Encore lisse 
Comme une déclaration silencieuse. 

Et le temps a passé.
Les saisons ont frotté leur souffle contre la surface
La pluie a glissé 
Le vent a râpé 
Le soleil a brûlé 
Et le cœur lui est resté
Mais le mur lui s'est fendu .

Les fissures sont venues lentement 
Comme des rides sur un visage que l'on oublie de regarder. 
Elles ont creusé leur chemin 
Non par violence mais par négligence
Car rien ne dure sans soin
Ni la pierre 
Ni l'amour.

Et dans une de ces failles 
Presque invisible 
Un crampon est resté 
Petit 
Rouillé 
Oublié. 
Un objet banal
Mais chargé d'une volonté ancienne 
Celle de tenir 
Celle de ne pas glisser 
De rester accroché malgré tout. 

Ce crampon c'est peut-être toi 
Ou moi
Ou celui qui a peint le cœur. 
C'est le geste discret de celui qui croit encore 
Même lorsque tout se fissure.
C'est l'amour qui s'accroche 
Non par éclat
Mais par fidélité. 

Et le mur parle
Il ne crie pas 
Il murmure. 
Il dit : 
《 Regarde ce que j'étais
Regarde ce que je suis devenu 
Et demande-toi ce que tu veux préserver.》

        Même la plus belle des pierres 
        se fend
        Si on oublie d'en prendre soin ...
        L'amour aussi.

Coups de coeur / K


 


Cœur de pierre

Cœur crampon

Cœur rouge

Cœur serré

Cœur de Paul

Cœur gros

Cœur fendu

Cœur du courrier

Bourreau du cœur

Cœur crevé

Cri du cœur

Cœur ouvert

Cœur greffé

Accroche-cœur

Cœur à l’ouvrage

Cœur de lion

Cœur sur la main

Chaud au cœur

Cœur d’or

Baume au cœur 

Sur mur froid... / Jak

 







La randonnée- Tarval

 

 

LA RANDONNEE

Je suis partie faire une randonnée en montagne,
Avec une bande d’amis amoureux de la nature,
Nous suivons les sentiers balisés,
Le temps est magnifique,
Le soleil brille dans le ciel,
Le chant des oiseaux nous accompagnent,
Nous traversons des endroits marécageux,
Où les crampons de nos chaussures de randonnée s’embourbent.
Nous traversons un petit lieu-dit,
Il y a peu d’habitants, les maisons semblent inhabitées,
Le lieu a été déserté de ses âmes,
Et nous croisons seulement quelques vieillards,
Qui nous sourient et nous souhaitent une bonne journée.
Le lieu-dit est parcouru tout du long par un muret,
Et nous apercevons quelques graffitis,
Notamment un cœur rouge, qui semble déplacé dans ce lieu.
Nous ne savons pas ce qu’il représente pour les habitants,
Est-ce une gravure en mémoire de quelqu’un,
Peut-être, nous faisons des suppositions,
Plus fantaisistes les unes que les autres,
Et nous passons notre chemin.
Nous nous arrêtons pour pique-niquer,
Sous un chêne centenaire dont le tronc et les branches sont immenses,
Et nous savourons cet instant de partage,
Et nous repartons l’esprit léger,
Nous avons encore deux heures de marche devant nous,
Puis nous rentrerons chez nous,
Avec le sentiment d’avoir passé une excellente journée.
Nous ressentons la fatigue, et je pense que nous allons bien dormir.
La marche fait du bien, permet de découvrir des paysages différents,
Et nous pensons déjà à notre prochaine randonnée,
Qui aura lieu dans les montagnes, le mois prochain.
J’ai hâte d’y être et de partager de nouvelles aventures avec mes amis.


A sa question / Jill Bill

 







A sa question


Ah ce que t'es crampon
A toujours me demander
« Est-ce que tu m'aimes, combien..... !? »

Alors, j'ai fini par l'écrire, à ma façon,
« Ecrire » sur un mur
Un mur de vieilles pierres
Pierres, non précieuses, que plus personne ne regarde...

Elle a trouvé à redire
Que si je l'aimais, moche comme ça....

Elle s'attendait à quoi, hein
A un diamant coeur sur une bague.......

J'ai eu tort un jour
De lui dire ma princesse...
Pas brillant de ma part, mon pauvre Richard !

Je sens venir la lézarde dans nos amours ;
Faut-il qu'il faille......

Après mûres réflexions, je vais prendre la porte !

11 octobre 2025

Sujet 157 - semaine du 11 au 18 octobre

Une proposition de L'Entille (merci!)  :