26 février 2024

Sujet 82 - les participants

 



La vitrine par Jill Bill

La toile gourmande par Tarval

Lu Lu gang par Keremma

Sur la toile de l'affiche par J.Libert 

La bande des quatre par K



24 février 2024

Sujet n°82 - Semaine du 24 février au 2 mars

 Bonjour, une nouvelle semaine commence ! 

L'image 


Le mot facultatif   toile 


  • Les textes, avec titre et signature, sont à envoyer à notre adresse :  

miletunesuite@gmail.com

Un fichier joint type Word facilite la publication.

  
  • Au plaisir de vous lire, bonne semaine  merci.

Quand ce sont les machines qui répondent... / La Licorne

 



L'ordinateur était allumé : une page internet affichait un tableau effrayant.

Paul détourna les yeux. Il avait toujours eu l'âme sensible, et le sang lui mettait le cœur à l'envers, même quand c'était celui d'une œuvre d'art."Qui a bien pu faire ce genre de recherche sur Google ?" se demanda-t-il. Ses deux enfants étaient encore très jeunes et sa femme ne s'intéressait pas à la peinture. Bizarre...

Il ferma la page et s'en alla vers le salon. Anna terminait son goûter. Jules était assis sur le canapé. Il tenait la télécommande dans une main et caressait le chat de l'autre. Le sparadrap sur son genou était à moitié décollé, mais il ne le voyait pas. Il avait les yeux dans le vague. L'air soucieux. En regardant mieux, Paul vit que sa main droite tremblait un peu.

Paul s'assit à ses côtés. Sur l'écran de la télé, trois experts débattaient sur la crise mondiale.

"C'est un peu compliqué, ce genre de sujet, à sept ans, non ? amorça-t-il en souriant. Tu n'as pas l'air dans ton assiette, mon p'tit bonhomme...qu'est-ce qui ne va pas ?

- Si, si...ça va...

- Un papa voit toujours quand son fiston ne va pas bien, tu devrais le savoir... Viens donc près de moi que je te fasse un gros câlin.

Jules ne se fit pas prier et se cala dans ses bras. Deux minutes de silence plus tard :

-Dis, papa...Francisco, c'est qui ? C'est le mari de Chantal ?

Paul mit trente secondes à recoller les morceaux. Francisco...Chantal...Francisco... Quel Francisco ? Ah ! Mais oui...Francisco Goya ! Le bout de chou était allé faire une recherche sur...Chantal Goya ! Et il était tombé, sans le vouloir, sur la peinture cauchemardesque. Voilà qui expliquait tout. Internet est un ogre irresponsable.

- Papa, c'est vrai que les pères dévorent leurs enfants?

Ouh là, là...c'est fragile une petite cervelle d'enfant....c'est impressionnable...et ça se met des choses invraisemblables en tête.

Pas le choix, il fallait qu'il réponde.

Mason et Lucie / Fredaine

 


 


Mason ouvrit la porte de la voiture et se ravisa soudain, songeur, les sourcils froncés...
Il pleuvait des cordes depuis ce matin, il avait eu bien du mal à s’extirper de son lit après une
soirée bien arrosée et n’avait cédé que lorsque le ton de Lucie s’était fait supplique. Elle était là,
lovée contre lui, le regard implorant. Lui, il aimait ces moments-là et n’avait aucune envie de
bouger. Mais à chaque fois c’était la même chose, dès qu’elle commençait à gémir comme une
malheureuse, il craquait. Cette fois encore, il avait fini par se lever.
Il avait espéré pouvoir profiter du petit déjeuner pour la faire changer d’avis. Il avait été tendre,
avait même accepté de partager ses céréales préférées. Mais rien n’y avait fait. On était samedi
et le samedi était sacré. Lucie ne tolérait aucune dérogation.
Ils étaient donc descendus au garage, lui la tête basse, elle toute pimpante. « Il pleut
beaucoup » avait-il dit. Elle n’avait pas changé d’avis. Ils avaient roulé, lui ronchonnant au
volant, elle frémissant d’impatience à ses côtés. Depuis leur première rencontre, le samedi était
le jour de la virée au bois de la Fontaine.
Une dernière fois, il avait tenté sa chance avant de sortir de la voiture.
« Lucie, brave toutou, est-ce bien nécessaire ? »

Surveillance / K

 


Mason ouvrit la porte de la voiture et se ravisa soudain, songeur, les sourcils froncés.
 
Il ne rêvait pas. On lui parlait :
 
-    Je vous envie vraiment !
Mais qui  ? Et d’où venait donc cette voix ? Cela reprit :
 
-    Ceci posé, il ne reste plus qu’à vous confondre.
 
Etrange… Il n’y comprenait rien. 
Pas le choix, il fallait qu’il réponde. 
Mason décida de tenter sur le champ une manœuvre pour donner le change.
Voisine de celle qui consiste à gagner du temps pour localiser un appel téléphonique.  
 
-    Ah, posé où ? fit-il.
-    Façon de parler, je m’entends, reprit la voix.
-    C’est heureux ! Ceci dit, "me confondre", vous risquez fort de ne pas vous y retrouver.
-    Oh, il en faudra plus que ça pour me désorienter…
 
Mason pensa « faut pas que je le perde ».
-    Vous êtes pourtant déconcertant ! poursuivit-il.
-    Comment ça ?
-    C’est tout de même vous qui parlez de confondre, non ? Et ça peut semer le trouble, ou en décontenancer plus d’un …
-    Là c’est vous qui amalgamez et semez la confusion.
-    Tout ceci me paraît bien embrouillé ! Je parle de cette conversation, risqua Mason.
-    Oh, ce n’est pas étonnant de votre part, puisque vous mélangez tout, sciemment.
-    Ne cherchez pas à me tromper, et puis vous n’avez aucune preuve.
-    Comment ça ? répéta la voix, interloquée.
-    Pour me démasquer, vous le savez très bien.
-    Ne vous méprenez pas…
-    Vous ne me roulerez dans aucune de vos farines !
-    Ah je l’attendais celle-là, vous poser en victime vous va « comme un gant » et je sais de quoi je parle.
 
Pendant l’échange, la portière de la voiture était restée ouverte et Mason peu à peu avait discerné que la voix semblait bel et bien venir de l’intérieur.
Il continua à jouer le jeu.
-    Soyons sérieux, je préfère déjouer un complot plutôt que de porter le chapeau.
-    Je vous reconnais bien là, renchérit la voix.
-    Je vous aurais prévenu.
-    Prévenu, comme vous y allez, je préfère de loin témoin averti.
-    Si vous croyez m’impressionner …
-    Je ne le crois pas, je le peux ! Écoutez bien, après tout, le criminel est peut-être un homme qui savait qu’il y avait une caméra de surveillance et a mis des gants de femme
-    Comment diable…
 
Sans attendre la réponse, Mason plongea dans l’habitacle et se jeta sur la boîte à
gants qu’il ouvrit brutalement. 
Il eut juste le temps d’entendre l’ultime transmission de l’émetteur planqué sous le chiffon avant de l’arracher.
 -    (…..) et nous n’avons pas encore la preuve que le docteur Ball s’y adonne.

Quelques secondes s'écoulèrent , puis ...
- (…)  Oh, qu’avez-vous fait, M. Mason, est-ce bien nécessaire ?

C'est à moi que tu parles ? / Vegas sur Sarthe

 



C'est à moi que tu parles ?
 
Mason ouvrit la porte de la voiture et se ravisa soudain, songeur, les sourcils froncés.
Avait-il bien tout fermé en quittant la maison ?
Il retraversa la rue et poussa le portail, accueilli par les féroces grondements du bulldog américain.
Il avait horreur de cette marque de chien, d'ailleurs il n'en aurait jamais pour rien au monde; songeur, il fronça les sourcils en gravissant les marches du perron.
Ce foutu chien allait alerter tout le quartier avec ses aboiements, d'ailleurs la porte s'entrebailla avant qu'il n'en saisisse la poignée.
La femme en peignoir rose et bigoudis ouvrait de grands yeux.
« Bonjour voisine» dit Mason « vous êtes venue voir Brenda ? »
Désorientée la voisine resta sans voix avant de murmurer « Mais Mason, ici c'est chez moi et Brenda est partie depuis ... »
« Où ai-je la tête » s'excusa Mason « c'est son jour d'entraide au City Harvest ! Je vous laisse mais n'oubliez pas de fermer à clef en partant »
La voisine abasourdie restait figée et comme Mason passait le portail elle bredouilla «elle est partie depuis deux ans »
 
Déjà Mason refermait le portail en repoussant le bulldog enragé et il fronça de nouveau les sourcils. Sa voiture n'était plus à sa place ou du moins l'avait-on remplacée par une autre, une Chevrolet !
Mason n'en croyait pas ses yeux. C'était une Caprice, le modèle 1987, celui qui le faisait baver dans les épisodes de Colombo mais celle-là était aux couleurs du New York Police Department.
Courtoisie, Professionalisme et Respect songea Mason.
 
En proie à une folle curiosité il s'approcha de la portière conducteur qui s'ouvrit aussitôt. Mais que foutait ici l'inspecteur Harry si loin de L.A. ?
« Tendez vos mains s'il vous plait » dit le flic solitaire.
Si Mason connaissait cette réplique par cœur il n'aurait jamais imaginé que Harry lui adresserait un jour en personne.
Il fallait qu'il raconte ça à Brenda quand elle rentrerait ; elle adorait Clint Eastwood.
Mason s'entendit répondre malgré lui « C'est à moi que tu parles ? Alors, à qui est-ce que tu parles ?»
Le flic solitaire porta la main à son arme, un lourd Smith&Wesson qui forçait le respect et répéta « Tendez vos mains s'il vous plait ».
Mason hésitait. Il tourna la tête vers la maison, la voisine en peignoir rose et bigoudis l'observait derrière une fenêtre.
Brenda n'avait pas de peignoir rose …
 
Avec Harry il devait pouvoir négocier et il répondit « Est-ce bien nécessaire ? »

Délit de fuite / J.Libert


 


Mason ouvrit la porte de sa voiture et se ravisa soudain, songeur, les sourcils froncés. Abasourdi par le choc, il resta quelques secondes penché sur son volant et finit quand même par sortir de son véhicule.

Il était 20 heures. Mason rentrait chez lui, dans sa fourgonnette blanche, à l’heure habituelle. On était en fin d’automne. Il faisait presque noir ; les ruelles étaient désertes. Mason conduisait au dessus de la vitesse autorisée mais d’une main sûre. Fatigué de sa journée, il était pressé de retrouver sa compagne, sa fillette adoptive de 10 ans et son chien Vandame quant, au détour d’un virage, une femme se précipita dans ses phares. Il n’eut que le temps de freiner à mort sans pouvoir l’éviter.

Une femme d’une quarantaine d’années gisait, inanimée, sur le bitume humide. Il se pencha sur elle pour voir si elle respirait. Il crut reconnaître une voisine qui vivait seule avec son fils de15 ans. Son mari l’avait quittée voilà 2 ans. Depuis, elle déprimait et faisait régulièrement des séjours en hôpital psychiatrique.

Mason sortit son portable de sa poche, hésita, regarda autour de lui. Le bruit de freinage ne semblait avoir alerté personne. Seul, dans un jardin, aux alentours, un chien aboyait à intervalles réguliers. « Piètre témoin » se dit Mason qui sentait la peur lui couper le souffle et les jambes. Il rangea son portable, remonta dans son véhicule et franchit, tous feux éteints, les derniers mètres qui le séparaient de chez lui. Il stoppa le moteur, se renversa sur son siège , ferma les yeux et murmura, entre haut et bas : « est ce bien nécessaire ? »

L’HORREUR EN IMAGE / Tarval

 



L’ordinateur était allumé, 
Une page internet affichait un tableau effrayant.
Charles arriva dans le bureau,
Et resta coi devant cette abomination.
C’était des corps nus, disloqués et démembrés,
Dans une fosse commune.
Il ne comprenait pas pourquoi on lui avait envoyé cette image,
Sans doute pour lui faire peur, 
Pour lui rappeler la guerre, qui était terminée depuis plusieurs mois déjà,
Et il avait déjà vu des scènes similaires dans les camps de concentration,
Il avait tout fait pour oublier ces moments de désolation et de tourments,
Mais voilà que cette image revenait le hanter,
Pour savoir d’où ça venait et qui lui avait envoyé cette horreur,
Pas le choix, il fallait qu’il réponde.

L'horreur absolue/Keremma


L'horreur Absolue 



La page internet affichait

Un tableau effrayant

 

En colonnes alignées

Les pixels révélaient

Sans aucune pitié

Les résultats scolaires

De notre fils

 

Notes et appréciations

Absences non justifiées

Devant l'écran

On découvrait l'abîme

 

Adieu les cachotteries

Fini le temps

Où les évaluations

Pouvaient sommeiller

À l'abri de la vérité


Cruauté

Du bulletin numérique

 

— Matthias ???


Pas le choix, il fallait qu'il réponde.


La Fiv/ Jill Bill

 La FIV





Je vous envie vraiment ! (Hypocrisie)


Avoir un enfant, même artificiellement, c'est merveilleux...

Parents com'blés.... Les langes, les biberons,

Les nuits sans dormir, les pleurs, la mésentente, du couple,

Les maladies, les bobos, le sparadrap, l'école, la crise de l'adolescence,

Moral en berne et portefeuille à plat...


Bref, en voir de toutes les couleurs !!

Votre vie, un arc-en-ciel, très chers !


Une fille ? Un garçon ? Des jumeaux ???


Aaah, vous préférez la surprise en kinder....


Et nous ???


Oooh nous... Un chien, probablement...

Et puis...


Nous n'avons pas encore la preuve

que le docteur Ball s'y adonne...


19 février 2024

Sujet 81 - Participants


 

La FIV par Jill Bill

L'horreur absolue par Keremma

L'horreur en image par Tarval

Délit de fuite par J.Libert 

C'est à moi que tu parles ? par Vegas sur Sarthe

Surveillance par K 

Mason et Lucie par Fredaine

Quand ce sont les machines qui répondent... par La Licorne

17 février 2024

Sujet n°81 - Semaine du 17 au 24 février

 Bonjour, voici notre nouvelle semaine !   


Vous disposez de la phrase de début et de la phrase de fin.

Choisissez une des trois propositions et ...

à vous de raconter ce qui se passe dans l'intervalle  !  



Si le coeur vous en dit, voici un mot facultatif   

sparadrap 

 

  • Les textes, avec titre et signature, sont à envoyer à notre adresse :  

miletunesuite@gmail.com

Un fichier joint type Word facilite la publication.

  
  • Au plaisir de vous lire, bonne semaine  merci.

tempête sous un crâne/Lilousoleil

 Tempête sous un crâne



La pauvre elle avait pris le train sur un coup de tête dès qu’elle avait reçu la réponse. Elle n’avait pas de bagage, juste un minuscule sac dans lequel, elle avait glissé ses papiers au cas où elle devrait s’identifier et la carte postale laissée à son intention. Maintenant elle était là assise, peu lui importait que sa jupe était relevée sur ses cuisses et laissait entrevoir… Bref la tête dans les mains, elle se demandait bien si elle avait eu raison ;

Iris avait le cœur serré. Elle attendait depuis si longtemps le moment où enfin elle la rencontrerait ; sa mère. Elle avait donc une mère ! Pas celles d’accueil. Il y en avait eu tant. Dès qu’elle s’attachait aux femmes que l’on s’obstinait à dénommer Nounou ou mieux Tata, hop, elle partait dans une nouvelle famille et le cycle infernal recommençait. Pourtant une fois, une fois seulement une tata avait laissé échapper une phrase : » je ne comprends pas pourquoi cette petite n’est pas adoptable. Nous pourrions la garder au moins elle retrouverait le sourire ».

Elle avait quinze ans et dans sa tête l’idée germa ; peut-être pouvait-elle retrouver ses origines. Elle s’inscrivit dans les clubs de généalogie, fit les démarches dans les services sociaux mais on lui opposa un refus. Elle était mineure ! Finalement se disait-elle, est-ce que j’existe pour quelqu’un, ne suis – je qu’un dossier avec un numéro rouge de non adoptable ! Si je retrouve ma mère comment l’aborder ? comment la recevra-t-elle ?

Toutes les recherches entreprises à sa majorité aboutirent ; il lui a fallu dix ans ! Plus encore deux avant d’oser prendre contact.

Aujourd’hui c’est le grand jour ; elle a pris ce train, encore deux heures de voyage à ruminer sa peur, passant de la phase euphorique, à la phase dépressive. Pourtant, cette femme avait accepté la rencontre. Et si elle n’était pas là. Le train ralentit ; puis s’arrêta.  Elle scrute à travers ses larmes ce quai tout enveloppé de nuit au bout duquel une silhouette se détache.

 

 

LA FEMME MYSTERIEUSE / Tarval

 



Prêt pour aller au travail,
Je rejoignis la gare et vit que mon train était déjà là.
J’allais monter dans le premier wagon, que je crus vide,
Quand j’aperçus une jeune fille recroquevillée sur elle-même,
En pleine pensée
Et je me fis discret pour ne pas la déranger.
Cependant, elle m’intriguait, de par son maintien,
Comme si elle était seule au monde,
Ses longues jambes recourbées l’une vers l’autre,
Et l’air perdu, comme si plus rien n’existait.
Soudain elle prit conscience que j’étais là,
Elle me sourit et me demanda si j’avais une carte du métro,
Je lui répondis que non je n’en avais pas,
Mais que je pouvais lui expliquer l’itinéraire de son parcours,
Et elle me remercia vivement et retomba dans sa léthargie,
J’avais l’impression d’avoir rêvé et que mon imagination me jouait des tours,
Mon train était arrivé à destination,
J’hésitais à lui dire qu’il fallait descendre là pour prendre le métro,
Mais ses yeux vides me perturbaient,
Et je descendis du train sans la déranger.
Cette rencontre m’avait laissé un goût amer,
Je n’avais pas pu l’aider,
Mais avait-elle vraiment envie d’être aidée,
Je n’en savais rien,
J’arrivais à mon travail,
Je m’étais mis rapidement à m’occuper de mes dossiers,
Ce qui m’avait permis d’oublier cette rencontre incongrue,
Et je ne la revis jamais.

Meurtre à Mount Eden Avenue Station / Vegas sur Sarthe


 

J'avais pris ce job pour un an à défaut de mieux et en dépit du qu'en dira-t-on.
Je ne voyais pas quelle honte il y aurait eu à tester et évaluer le confort des sièges et banquettes des trains du métro de New York pour le compte de la City Transit Authority.
J'appris plus tard que la fille qui m'avait précédée en avait eu plein le « dos » selon son expression.
Le job était facile : Souplesse des assises, fermeté des dossiers, velouté des accoudoirs, facilité d'accès, rien n'était sensé m'échapper et mes rapports écrits en étaient témoins.
Je sillonnais bravement les souterrains de la Grosse Pomme aux frais de la CTA et j'aurais été comblée si mon boss n'avait eu cette fâcheuse habitude de frôler de trop près les contours de ce qu'il appelait mon « outil de travail » …
 
Là où d'autres comptabilisent les heures de vol, je collectionnais les miles de voies, mille kilomètres de rails desservant cinq cent stations.
Quant à mon boss, il comptabilisait des rails mais d'une blancheur suspecte et qui le rendaient molasson pour quelques heures.
J'en profitais pour m'offrir mon trajet préféré :
 Broadway-7ème Avenue, un voyage mi-souterrain mi-aérien sur Manhattan, Brooklyn et le Bronx où je croisais Marty, un gars qui bossait là comme contrôleur et qui me plaisait bien.
 
Bien évidemment mon boss préférait la station de la 62ème rue, celle de la mémorable poursuite du film French Connection aussi ne fus-je pas étonnée lorsqu'il me proposa d'arrondir mes fins de mois en convoyant quelques denrées lors de mes nombreux aller-retours.
Pas facile d'agir en toute discrétion alors que je venais d'être élue Miss Subways et que ma trombine s'affichait sur la plupart des trains.
Je me demandais si ce job de testeuse de banquettes n'était pas une couverture pour un job moins catholique.
 
Et puis c'est arrivé à la station Mount Eden Avenue, tous les journaux en ont fait leur Une depuis hier : une dispute entre bandes du Bronx a fait un mort et cinq blessés.
Je ne me souviens que du bruit des déflagrations, des hurlements, du sang partout et des corps inanimés.
Le mort c'est mon pote Marty, contrôleur à la CTA.
Je crois que c'est moi qui était visée mais mon boss a démenti – petit sourire et mains baladeuses –  en disant qu'une Miss Subways est à l'épreuve des balles.
Je ne suis pas certaine d'y retourner demain.

26 / K

 



Annie F.  s’était effondrée dans le train Q.
Elle aurait dû deviner.
Dérisoire… Fini le plan A, elle marchait sur des E, elle n’avait pas vu comment Y couper.
Rétrospectivement, cette série de virages en S
Elle en avait sans doute manqué un le jour J, mais lequel …et elle s’était trompée sur l’heure H.
 
Elle se sentait vivre une très mauvaise série B.
Loin de WC Fields ou d’Histoire d’O, elle était comme tenaillée entre l’univers de Franz K et un épisode de X-Files.
Désespoir…
Pour changer d’R, devrait-elle jouer la suite aux ?
Elle ne savait plus quand cela avait dérapé, à quel moment M
Il s’était joué d’L.  C’était quelque chose d’invisible et d’impalpable comme les UV ou la 4 G.
 
Sa colère enflait. Allait-elle résister à cette N ? 
 
Elle se redressa un peu, se sentant légèrement mieux.
Elle allait passer au plan P, lui remettre les points sur les I et les barres aux T …à ce triste Z, comme Zéro.
Elle descendit sur le quai.


La mauvaise carte / Fredaine

 



Elle avait tiré la mauvaise carte …

Toute la soirée, la chance lui avait souri. Elle avait hésité à accepté l’invitation, elle n’avait pas vraiment envie de sortir. Finalement, elle s’était secouée, s’était dit que c’était peut-être l’occasion de voir un peu de monde et ma foi, elle connaissait tous les invités, en était même assez proches alors « pourquoi pas ». Et puis, il y a longtemps qu’elle n’avait pas vu Lucas, le fils de ses amis. Il avait dû bien grandir. Elle avait mis sa plus belle robe, s’était légèrement maquillée et avait appelé un taxi.

La soirée s’était déroulée à merveille. Elle était sur un nuage, heureuse de se retrouver dans cette ambiance chaleureuse. Le repas était excellent et Lucas, assis à côté d’elle lui avait raconté des blagues de son cru qui l’avait fait beaucoup rire. Lucas … la dernière fois qu’elle l’avait vu, il avait tout juste 8 ans. Aujourd’hui, c’était un adolescent, il allait bientôt souffler 15 bougies ! Brillant, cultivé, plein d’humour, ses parents étaient fiers de lui, de sa réussite. Un petit génie des mathématiques.

Quant il avait proposé une partie de poker pour finir la soirée, elle avait de suite accepté. Elle avait toujours été bonne à ce jeu et c’est même elle qui avait appris à jouer à Lucas. Ils avaient fait des parties endiablées lorsqu’il était enfant. Elle faisait parfois exprès de perdre pour ne pas le démoraliser.

Ce soir, elle s’était à nouveau montrée brillante au jeu. Elle remportait presque chaque tour. Elle s’était laissée grisée par l’ambiance. Quand Lucas avait proposé en riant de jouer un peu d’argent, tout le monde avait accepté, elle la première, c’était un jour de chance ma foi. Les parties s’étaient enchaînées, elle gagnait. L’heure avançant, elle avait proposé de tout misé pour le dernier coup.

Elle avait tiré la mauvaise carte, Lucas avait eu un sourire victorieux … et la voilà, seule dans cette rame de métro sinistre parce qu’elle n’avait plus un centime pour payer le taxi et avait été trop fière pour le dire.


Spleen/Keremma

Spleen




 

Que demander aux pieds dans ce train ?

Être les pieds

Posés sur le sol, devenir le sol,

Se fondre dans la poussière.

 

Que réclamer aux heures dans ce compartiment ?

Être les heures

 Écoulées de l’instant, devenir cet instant,

Se mêler à la nuit.

 

Qu’implorer au silence dans cette rame sombre ?

Être le silence

 Parmi les regrets, devenir des regrets,

Se perdre dans le voyage.

 

Qu’attendre d’un regard à la prochaine station?

Être un regard

Disparaître dans l'ombre, devenir cette ombre,

S'effacer dans la brume.

LA JEUNE FILLE AU TRAIN / J.Libert

 



    Elle a déjà consulté la veille carte routière de France des années 60 rangée  depuis des lustres dans le tiroir du bas de la commode du salon. Elle a bien situé la ville de Menton, si près de Gênes, à vol d’oiseaux.
 
    Menton, le nom résonne dans la tête de Viviane comme une obsession, mais un nom recouvert d’un voile, d’un mystère. Menton où sa très jeune mère, encore une adolescente, l’a portée, a accouché sous x et l’a livrée à des mains étrangères  sans un regard, sans une caresse sur son petit front de nouveau- né.
 
    Viviane a appris le secret de sa naissance après le décès de sa mère en retrouvant un mince carnet de velours vert  caché derrière une étagère. De son écriture d’écolière, celle ci relatait quelques bribes de sa jeune vie. Le temps qui avait effacé certains mots  ne nuisait en rien à la compréhension de sa situation. Tout indiquait que, sous la pression familiale, de sa mère en particulier, elle avait dû se séparer «  de l’enfant de la faute »
 
    Viviane, une exilée ; et comme si l’histoire se répétait, elle aussi porte, aujourd’hui, « l’enfant de la faute » qui l’exclue de son foyer et de Gênes, sa ville d’accueil.
 
    Un maigre sac à dos pour tout bagage, elle monte dans le train en direction de Menton, s’assoit dans un compartiment vide aux fauteuils vides, couleur de soleil. Elle a le cœur lourd  en s’éloignant de Gênes,  mais elle sait qu’elle ne reviendra jamais et fera tout pour retrouver ceux et celles qui ne l’ont pas reconnue.
                                                                                                                


L'inconnue du dernier train/Jill Bill

 L'inconnue du dernier train




Il est tard

Les banquettes sont vides

Une femme paumée

Sans carte d'identité

Sans rien

Que sa robe et ses chaussures

Va dans la nuit, vers le terminus...


Elle a tout d'une pauvre fille

Que la vie donne à réfléchir...

Jambes écartées

Provocante, elle s'en fiche de moi

Dans ce compartiment, délaissé...


J'ai les yeux dans mon roman,

Parfois je balance une lorgnade...


Mystérieuse brune

Porteuse d'un chagrin d'amour

Ma main à couper...

Elle pourrait me plaire

Mais déplaire à ma mère...


Ah, le terminus, tout le monde descend, enfin, nous,

Elle, non, plongée dans son mal-être...


Bonsoir mademoiselle !!!

Mais, elle m'ignore encore...


C'est ici la fin de cette histoire,

Celle de l'inconnue du dernier train...


12 février 2024

Sujet 80 - Les participants


 


L'inconnue du dernier train par Jill Bill

La jeune fille au train par J. Libert 

Spleen par Keremma

La mauvaise carte par Fredaine

26 par K

Meurtre à Mount Eden Avenue Station par Vegas sur Sarthe

La femme mystérieuse par Tarval

Tempête sous un crâne par Lilousoleil



10 février 2024

Sujet n°80 / Semaine du 10 au 17 février

Bonjour,

 c'est parti pour une nouvelle semaine, 

en espérant que tout le monde va bien  !   


 L'image 




Le mot facultatif   carte 

 

  • Les textes, avec titre et signature, sont à envoyer à notre adresse :  

miletunesuite@gmail.com

Un fichier joint type Word facilite la publication.

  
  • Au plaisir de vous lire, bonne semaine  merci.

 

Une tasse/Lilousoleil

 

Une tasse



Qu'y a-t-il à l'intérieur d'une tasse
du café, du thé, du chocolat ?
On y voit des couleurs irisées
On y voit des fleurs des champs

Les êtres aimés ou détestés

Une tasse
Qu'y a-t-il à l'intérieur d'une tasse
Quand elle est toute chaude

On y voit mille soleils, des oiseaux bleus

 On y voit des éclairs quand nos yeux papillotent  encore

Quand les robes volent sous la brise
On y voit les enfants se préparent pour l’école

Pas encore des bruits incongrus de voiture

Les colères pas encore apaisées

Une tasse

Qu'y a-t-il à l'intérieur d'une tasse
quand  le filtre a disparu

Plus rien parce qu’elle but

Et bonsoir !