Poèmes et
commentaires
Elle est toujours
en tête de file
Chapeau
Jill !
A chaque saison, c’est un challenge pour se démarquer, aller plus loin, plus haut, plus original.
Je restais bouche bée, médusée,
Par tant de grâce et d’habileté,
Ces femmes étaient fantastiques,
Elles virevoltaient sur leurs skates,
Comme des professionnelles,
Sans leur sac à mains,
Outil indispensable pour les femmes,
Qui aiment avoir tout le nécessaire sur elles,
Là, c’était la joie de se laisser glisser sur la route,
Bien sûr c’était une compétition,
Mais c’était surtout le plaisir
De pratiquer un loisir auparavant réservé aux hommes,
Les femmes s’émancipaient, acquérant des droits autrefois
interdits,
Et elles en profitaient pleinement,
Avant de retourner faire leur travail,
Mère au foyer en premier lieu,
Mais elles pouvaient aussi être journalistes,
Salariées dans les usines,
Et surtout, en 1944,
Acquérir le droit de vote.
Une nouvelle vie pour les femmes,
Qui n’étaient plus considérées comme des objets,
Mais comme un être humain à part entière.
Trois
amies s’étaient lassées de la course en sac
D’abord
Paulette avait lâché la bicyclette
Colette
ensuite avait vendu sa trottinette
Et
enfin les patins qu’avait largués Odette
Dormaient
fourbus dans un quelconque bric à brac
Le
poulailler se disait « oh mais quel micmac »
Mauvaises
langues au chaud bullant dans leur hamac
Imaginant
des sornettes du tac au tac
Pour
les commères à l’affut, fut-ce le couac
Qu’avides
elles guettaient depuis belle lurette ?
-Vous
savez bien sous la houlette de Paulette
La
perdition sera le lot des trois girouettes
Parler
sans savoir et travailler du chapeau
Raconter
n’importe quoi, c’était du pas beau
Les
trois s’étaient simplement mises à la planche
Une
course, deux, trois, la belle ou la revanche,
La
vitesse grisait, nouvelle sensation
Le
vent de front, c’est une autre paire de manches
Elles
descendaient toujours à fond, bille en tête
Les
dimanches filaient comme sur des roulettes
.
Au diable les balais ; objet de torture !
Elles ont troqué la planche à repasser au profit de la planche à roulette.
Libre, le vent comme allié, elles foncent sans se retourner.
Ecartez vous réactionnaire de tout bord !
Elles font parties du S.A.C. (sorcières activistes crantées).
Un jour, elles ont débarqué pour te prendre toi aussi. Elles pouvaient pas te pardonner d'être la meuf du rider indomptable, d'aimer un skate rat. T'as grindé sur les rails de la préparation intense. T'as entendu ces voix d'ailleurs, te balançant des moves et des encouragements. T'as senti devant toi ces ombres de mecs (aux réflexes de ouf) que tu savais juges et critiques. T'as eu à tes côtés d'autres skateuses marquées par l'effort et la passion, mais l'esprit intact. Et là, t'es déterminée. Direction place de la Concorde pour les JO 2024. Dans tes yeux, ça brûle, genre une pure flamme.
Le défi
« Bon, les filles, on va la gagner cette course. Ils nous considèrent comme des ménagères tout
juste bonnes à cuisiner, faire le ménage et torcher les gosses, on va leur prouver qu’avec notre
volonté et l’esprit d’équipe, ils ne nous arrivent pas à la cheville. »
Elles avaient découvert l’annonce de la course deux semaines plus tôt, juste avant la clôture
des inscriptions. Mathilde n’avait même pas pris la peine de leur demander leur avis, elle s’était
engagée pour le groupe certaine que toutes seraient partantes ce qui avait été le cas. De toute
façon, voilà des mois qu’elles s’entraînaient à l’abri des regards sur la petite route désaffectée
derrière la carrière, elles savaient avoir le niveau pour participer.
Il n’y aurait pas d’autres équipes féminines. L’organisateur avait d’ailleurs été un peu bousculé
par Mathilde avant d’accepter leur participation. Il avait cédé en se disant qu’elles mettraient de
l’animation et feraient venir du monde à défaut d’être de « vrais concurrents ».
Le jour J était enfin arrivé, elles étaient certaines de gagner. Les autres équipes ne seraient pas
préparées aussi bien qu’elles qui s’étaient mises au défi de remporter la course haut la main.
Elles les gagneraient ces sacs de sport avec équipements complets !
Les frangines
Surréaliste !
Ces femmes ont préféré
La planche à roulette au sac à main...
Je me demande
Si elles repasseront encore !!
Robe vieux jeu mais dans le vent
Ces demoiselles de, Rochefort... !?
Les soeurs Brontë, me dit une voix...
Charlotte, Emily, Anne,
Non, sans blague..... !
Où vont-elles... ?
Dans leur chapelle, magie noire
Me répond la voix...
Dans le lointain sombre elles disparaissent,
Ai-je rêvé, ou pas,
Sur la route de Memphis
Le soleil tape, à en faire toute une histoire...
Voici pour cette semaine !
Le mot facultatif : sac
miletunesuite@gmail.com
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