Philomène Jill Bill
mot facultatif : précipitation
Au château, c’était la fête de printemps avec le retour de toutes les manifestations champêtres et des promenades dans les jardins.
Chacun, chacune s’affairait, remettait en état, rafraîchissait tentures et tapis, cirait, lustrait meubles et dessertes, ventilant, aérant les antichambres restées trop longtemps confinées. La Reine avait convoqué son atourneuse pour la coiffer et poser sur sa chevelure d’un blond vénitien une série de pierres précieuses toutes plus brillantes les unes que les autres. Une opération longue et
délicate nécessitant une main d’œuvre expérimentée. C’est pourquoi elle était accompagnée d’une très jeune femme qu’elle venait de form er dans ses ateliers. Celle ci semblait fort compétente mais un peu jeunette au goût de la Reine.
D’ailleurs, elle n’arrêtait pas de tournevirer autour de son fauteuil, soulevait une mèche de ci de là puis la laissait gracieusement retomber au son de turlutaines répétées.
Agacée par les esbroufes de cette péronnelle, il lui fut demandé de sortir pour ne pas engendrer de tigreries.
Le patelineur la gourmandilla gentiment, vanta sa légitimité près de la Reine qui finit par accepter ses excuses.
Quelques heures plus tard, dans la lumière du soleil couchant, sa longue traîne brodée étincelait de tous ses feux, portée par la jeune péronnelle réhabilitée. La Reine avançait seule, lentement, majestueusement. Elle allait ouvrir le bal du printemps dans les jardins prestigieux du château.
J. Libert
"C'est l'heure !"
Grimauds et péronnelles
Oyez, oyez , c'est...Noël !
Une odeur de cannelle
Réjouit les renardeaux, les galapiats
Gourmandillés par leur papa !
Arrêt légitime des turlutaines :
Ni tigrerie ni fredaine
Dans la rue Dupuytren...
Ils vont dormir à l'heure, les petits patelineurs !
Nuit atourneuse, nuit merveilleuse
Sans retard...tournevire les regards !
.
Le corridor des neuf chambres
Je suis entrée par hasard dans la maison aux volets clos, poussée par une fatigue ancienne, celle qui ne vient ni du corps ni du cœur mais de l'âme qui cherche un lieu pour se reposer.
Folle de lui
Atourneuse pour me parer
Si je deviens sa légitime
Je sais, je fais ma turlutaine
Quand va t'il me demander ma main... !?
Crois-tu qu'il veuille d'une péronnelle
D'ailleurs il ne fait pas son patelineur...
Ta mère le trouve même grimaud !
Si je le vois tournevirer auprès d'une autre
Aaaah je serais capable de tigrerie !!
Je ne me contenterai pas de gourmandiller !!
Bon qui vivra verra
Tu as de vues sur lui, mais lui........ !!
J'oubliais te dire........
Oui, quoi donc.... !?
Oooh rien, enfin, il est gay Ziggy ma Céline...................
Samedi 3 janvier 2026 nous pourrons lire
Folle de lui Jill Bill
Le corridor des neuf chambres Marie Sylvie
C'est l'heure La Licorne
Fête de printemps au château J.Libert
Nous allons respecter la trêve des confiseurs. Vous avez été super toute la saison et m'avez réservé un bel accueil pour la reprise de l'atelier ; la succession de K n'est pas aisée et je vous en remercie. N'hésitez surtout pas à me faire part de vos remarques, de vos choix ou même de vos propositions.
Vous aurez donc jusqu'au 3 janvier pour peaufiner vos textes. Je vous propose un logorallye avec quelques mots obsolètes. Je ne vous donne pas les définitions. soit vous pouvez les chercher, soit vous lui donner la définition que vous voulez mais tous doivent être utiliser.
Le potentiel érotique du boulanger
Comme la pâte sous la paume,
mais jamais sans douceur.
Il y a chez le boulanger
ce pouvoir discret :
des mains qui savent attendre,
presser sans brutalité,
sentir le moment juste
où la matière cède.
Il se lève avant le désir des autres,
réveille la chaleur,
fait gonfler ce qui semblait inerte.
Dans la farine, il blanchit le monde,
dans le four, il provoque la métamorphose.
Son corps penché parle d’effort,
son tablier cache mal
la lente chorégraphie du quotidien.
Rien n’est montré, tout est suggéré :
le croustillant promis,
la mie encore tiède,
l’odeur qui reste sur les doigts.
Érotisme modeste,
à hauteur de comptoir.
Pas celui qui brûle —
celui qui nourrit.
Pas facile d'être boulanger
Pas facile d'être boulanger,
Je suis debout quand tout le monde dort.
Je me lève sans déranger
Ma femme qui s'endort.
Ma pâte préalablement travaillée,
Je la façonne sans arrêt pour faire,
Votre pain, s'il vous plaît.
Il mérite d'être bien préparé.
Parfois, des clients veulent me rouler dans la farine,
Pain trop cuit ou pas assez,
Avec toutes les réflexions qu'on imagine,
Ils me cherchent des miches et j'en ai assez.
Les idées noires fermentent en moi comme la levure,
Je ne suis pas un bâtard que l'on emmure,
Toutes les nuits de chaleur, je ruisselle.
Pour me consoler, je pense à ma belle.
Je ne veux pas être cet artisan mené à la baguette,
Toutes les ficelles, je les connais.
Aux râleurs je dis flûte et j'arrête.
Auprès de ma belle, je retourne me coucher.
Sa femme pour calmer ses suppliques,
Lui offrit une fin de nuit érotique.