03 janvier 2026

sujet 168 - semaine du 3 janvier au 10 janvier 2026


Je vous présente tous mes vœux pour cette année, quelle vous soit douce.
J'espère que nous lirons encore beaucoup de textes, sérieux ou plein d'humour comme vous savez écrire. 
Et pour commencer cette nouvelle session : 

Mémé fait de la moto





mot facultatif  : précipitation



Fête du printemps au château/ J. Libert

Fête du printemps au château



Au château, c’était la fête de printemps avec le retour de toutes les manifestations champêtres et des promenades dans les jardins.

Chacun, chacune s’affairait, remettait en état, rafraîchissait tentures et tapis, cirait, lustrait meubles et dessertes, ventilant, aérant les antichambres restées trop longtemps confinées. La Reine avait convoqué son atourneuse pour la coiffer et poser sur sa chevelure d’un blond vénitien une série de pierres précieuses toutes plus brillantes les unes que les autres. Une opération longue et

délicate nécessitant une main d’œuvre expérimentée. C’est pourquoi elle était accompagnée d’une très jeune femme qu’elle venait de form er dans ses ateliers. Celle ci semblait fort compétente mais un peu jeunette au goût de la Reine.

D’ailleurs, elle n’arrêtait pas de tournevirer autour de son fauteuil, soulevait une mèche de ci de là puis la laissait gracieusement retomber au son de turlutaines répétées.

Agacée par les esbroufes de cette péronnelle, il lui fut demandé de sortir pour ne pas engendrer de tigreries.

Le patelineur la gourmandilla gentiment, vanta sa légitimité près de la Reine qui finit par accepter ses excuses.

Quelques heures plus tard, dans la lumière du soleil couchant, sa longue traîne brodée étincelait de tous ses feux, portée par la jeune péronnelle réhabilitée. La Reine avançait seule, lentement, majestueusement. Elle allait ouvrir le bal du printemps dans les jardins prestigieux du château.


J. Libert

C'est l'heure/La Licorne

 "C'est l'heure !"




Grimauds et péronnelles

Oyez, oyez , c'est...Noël !

Une odeur de cannelle

Réjouit les renardeaux, les galapiats

Gourmandillés par leur papa !

Arrêt légitime des turlutaines :

Ni tigrerie ni fredaine

Dans la rue Dupuytren...

Ils vont dormir à l'heure, les petits patelineurs !

Nuit atourneuse, nuit merveilleuse

Sans retard...tournevire les regards !

.

Le corridor des neuf chambres/Marie Sylvie

 Le corridor des neuf chambres




Je suis entrée par hasard dans la maison aux volets clos, poussée par une fatigue ancienne, celle qui ne vient ni du corps ni du cœur mais de l'âme qui cherche un lieu pour se reposer.

Une  * Atourneuse m'a accueilli sans un mot, ses gestes précis effaçant les plis de mes pensées.
Elle m'a tendu une robe faite de souvenirs et j'ai compris que je ne pourrais ressortir indemne.

Dans la première chambre, une *Péronnelle chantait à tue-tête, tournant sur elle-même comme une girouette ivre.
Elle m'a parlé de tout et de rien, des amours en papier, de ses colères en sucre.
J'ai ri malgré moi et déjà je ne savais plus ce que je venais chercher.

La deuxième chambre était un atelier.
Un tournevier y façonnait des spirales de bois mais je voyais bien qu'il tournait surtout les regrets, les remords, les mots que l'on n'a pas dits.
Il m'a offert une bobine vide,
 -" pour y enrouler ce que tu ne veux plus porter".

Dans la troisième chambre, une femme se tenait droite, immobile.
Elle m'a dit :
-" Je suis *Légitime"
Et son regard m'a traversée comme une lame douce.
Elle ne demandait rien, elle était.
Et moi, je vacillais.

Un homme m'a suivi dans la quatrième. Le * Patelineur.
Il m'a parlé bas, m'a promis des éclaircies, des issues, des tendresses.
Mais ses mains étaient trop lisse, ses phrares trop rondes.
J'ai fui avant qu'il ne me tienne.

La cinquième chambre était vide mais une odeur de fauve flottait dans l'air.
La * tigrerie avait laissé ses griffes sur les murs.
J'ai senti en moi une rage ancienne, une danse qui voulait éclore.
J'ai hurlé sans bruit.

Puis la * Turlutaine s'est mise à jouer.
Une boîte à musique oubliée tournait seule dans la sixième pièce.
La mélodie était bancale mais elle me rappelait l'enfance, les jours où l'on croit que tout est possible.
J'ai pleuré doucement.

Le * Grimaud m'attendait dans la septième.
Il lisait à voix haute des pages qu'il ne comprenait pas.
Mais dans sa voix, il y avait une sincérité brute, une soif d'apprendre qui m'a émue.
J'ai écouté jusqu'à la fin.

Dans la huitième, rien que des mets posés sur une table basse.
Des fruits, des douceurs, des miettes de désir.
J'ai commencé à * Gourmandiller, à goûter sans faim, à savourer sans honte.
Le plaisir était là, simple, offert.

Et dans la neuvième chambre, il n'y avait que moi.
Moi et le silence.
Moi et la robe que l'atourneuse m'avait donnée.
Je me suis assise.
J'ai fermé les yeux.
Et j'ai compris que chaque mot, chaque figure, chaque détour, était une part de moi que je venais retrouver.

Folle de lui/Jill Bill

 Folle de lui 



Atourneuse pour me parer

Si je deviens sa légitime

Je sais, je fais ma turlutaine

Quand va t'il me demander ma main... !?


Crois-tu qu'il veuille d'une péronnelle

D'ailleurs il ne fait pas son patelineur...

Ta mère le trouve même grimaud !


Si je le vois tournevirer auprès d'une autre

Aaaah je serais capable de tigrerie !!

Je ne me contenterai pas de gourmandiller !!


Bon qui vivra verra

Tu as de vues sur lui, mais lui........ !!

J'oubliais te dire........

Oui, quoi donc.... !?


Oooh rien, enfin, il est gay Ziggy ma Céline...................



22 décembre 2025

sujet 167 les écrivains de la semaine

 Samedi 3 janvier 2026    nous pourrons lire



Folle de lui     Jill Bill

Le corridor des neuf chambres   Marie Sylvie

C'est l'heure   La Licorne

Fête de printemps au château   J.Libert

20 décembre 2025

sujet 167 - quinzaine du 20 décembre au samedi 3 janvier

Nous allons respecter la trêve des confiseurs. Vous avez été super toute la saison et m'avez réservé un bel accueil pour la reprise de l'atelier ; la succession de K n'est pas aisée et je vous en remercie. N'hésitez surtout pas à me faire part de vos remarques, de vos choix ou même de vos propositions. 

Vous aurez donc jusqu'au 3 janvier pour peaufiner vos textes. Je vous propose un logorallye avec quelques mots obsolètes. Je ne vous donne pas les définitions. soit vous pouvez les chercher, soit vous lui donner la définition que vous voulez mais tous doivent être utiliser.   




Et bonne fêtes à Tous

😍

le potentiel érotique du boulanger/ Lilou

 Le potentiel érotique du boulanger




Comme la pâte sous la paume,
mais jamais sans douceur.

Il y a chez le boulanger
ce pouvoir discret :
des mains qui savent attendre,
presser sans brutalité,
sentir le moment juste
où la matière cède.

Il se lève avant le désir des autres,
réveille la chaleur,
fait gonfler ce qui semblait inerte.
Dans la farine, il blanchit le monde,
dans le four, il provoque la métamorphose.

Son corps penché parle d’effort,
son tablier cache mal
la lente chorégraphie du quotidien.
Rien n’est montré, tout est suggéré :
le croustillant promis,
la mie encore tiède,
l’odeur qui reste sur les doigts.

Érotisme modeste,
à hauteur de comptoir.
Pas celui qui brûle —
celui qui nourrit.

Pas facile d'être boulanger/François

 Pas facile d'être boulanger




Pas facile d'être boulanger,

Je suis debout quand tout le monde dort.

Je me lève sans déranger

Ma femme qui s'endort.

 

Ma pâte préalablement travaillée,

Je la façonne sans arrêt pour faire,

Votre pain, s'il vous plaît.

Il mérite d'être bien préparé.

 

Parfois, des clients veulent me rouler dans la farine,

Pain trop cuit ou pas assez,

Avec toutes les réflexions qu'on imagine,

Ils me cherchent des miches et j'en ai assez.

 

Les idées noires fermentent en moi comme la levure,

Je ne suis pas un bâtard que l'on emmure,

Toutes les nuits de chaleur, je ruisselle.

Pour me consoler, je pense à ma belle.

 

Je ne veux pas être cet artisan mené à la baguette,

Toutes les ficelles, je les connais.

Aux râleurs je dis flûte et j'arrête.

Auprès de ma belle, je retourne me coucher.

 

Sa femme pour calmer ses suppliques,

Lui offrit une fin de nuit érotique.