24 janvier 2026

Le manoir caché/J.Libert

 LE MANOIR CACHÉ




Ce coin de nature idyllique, à l’écart du monde urbain, est un décor de rêve où chacun souhaiterait s’exiler ou faire une retraite quelques jours.

Derrière le manoir d’une autre époque, les arbres de l’épaisse forêt se reflètent dans le lac aux eaux tranquilles, frissonnantes; leur verdeur profonde tranche avec le ciel clair où s’attardent de lourds nuages laiteux.

On y devine les gîtes et les nids de centaines de bêtes et d’oiseaux sauvages. Le jour, ils se cachent aux yeux de tous mais sortent la nuit, s’approchent de la rive pour s’abreuver tout leur soûl. Les biches côtoient les sangliers, la chouette, le héron cendré.

Sur les talus herbus, les oies, les canards, les cygnes font la pause, à la recherche de vers et d’insectes, avant de replonger, de concert, dans la fraîcheur bienfaisante de leur élément liquide.

En cette belle matinée de printemps, le manoir prend tout son relief. De loin, on le croirait inhabité, abandonné et, pourtant, quand on l’approche, il y règne un certain remue ménage.

Quelques jeunes filles, vivent là, pensionnaires, prisonnières pour plusieurs mois, le temps de terminer une grossesse et d’accoucher sur place avec l’aide d’une sage femme. Le manoir, appelé « maison maternelle » est loué par le Conseil Général du département. Il accueille de très jeunes femmes enceintes, qui n’ont pas la majorité. Elles sont exclues de leur environnement familial car elles sortent du cadre de la conformité sociale de cette époque. Certaines sont forcées d’accoucher sous x. On est en 1965 !!

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