Au château, c’était la fête de printemps avec le retour de toutes les manifestations champêtres et des promenades dans les jardins.
Chacun, chacune s’affairait, remettait en état, rafraîchissait tentures et tapis, cirait, lustrait meubles et dessertes, ventilant, aérant les antichambres restées trop longtemps confinées. La Reine avait convoqué son atourneuse pour la coiffer et poser sur sa chevelure d’un blond vénitien une série de pierres précieuses toutes plus brillantes les unes que les autres. Une opération longue et
délicate nécessitant une main d’œuvre expérimentée. C’est pourquoi elle était accompagnée d’une très jeune femme qu’elle venait de form er dans ses ateliers. Celle ci semblait fort compétente mais un peu jeunette au goût de la Reine.
D’ailleurs, elle n’arrêtait pas de tournevirer autour de son fauteuil, soulevait une mèche de ci de là puis la laissait gracieusement retomber au son de turlutaines répétées.
Agacée par les esbroufes de cette péronnelle, il lui fut demandé de sortir pour ne pas engendrer de tigreries.
Le patelineur la gourmandilla gentiment, vanta sa légitimité près de la Reine qui finit par accepter ses excuses.
Quelques heures plus tard, dans la lumière du soleil couchant, sa longue traîne brodée étincelait de tous ses feux, portée par la jeune péronnelle réhabilitée. La Reine avançait seule, lentement, majestueusement. Elle allait ouvrir le bal du printemps dans les jardins prestigieux du château.
J. Libert

Mais qu'en de beaux attiffiaux notre reine paraît !
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