La prisonnière
Dans cette maison aux allures de château vivait depuis longtemps une femme qui en son temps fut connue mais on oublia peu à peu son existence.
La Prisonnière du pavillon fut enfermée dans cette demeure isolée, construite comme un château miniature, élégant en apparence mais soigneusement tenu à l’écart du reste du domaine. Elle se trouvait non loin d'un étang où elle pouvait apercevoir la vie dehors, Des canards venaient souvent au bord de la rive et se baignaient tranquillement.
Parfois des gens passaient sans songer un instant que dans cette maison se trouvait quelqu'un qui hélas n'avait pas été d'accord avec le pouvoir des élites. Sa position au cœur des affaires politiques la rendait trop dangereuse pour rester libre. Elle avait été témoin de décisions sensibles, de négociations discrètes et de compromis que l’on ne voulait pas voir exposés.
Plutôt que de l’emprisonner officiellement, ce qui aurait attiré l’attention, il fut décidé de la faire disparaître des cercles publics. On parla d’une retraite volontaire, d’une santé fragile, puis plus rien. En réalité, elle fut installée ici, sous surveillance constante, dans un cadre choisi pour donner l’illusion d’un confort acceptable.
Des domestiques et des intendants étaient chargés de ses besoins quotidiens, veillant à ce qu’elle ne manque de rien, tout en contrôlant ses déplacements. Tous ceux qui étaient amenés à la contacter devait signer une clause de non divulgation.
La maison, avec ses allures de petit château, servait à masquer la nature réelle de sa situation : une détention discrète, ordonnée, pensée pour durer. Face à l’étang, la Prisonnière du pavillon vécut ainsi mise à l’écart du monde, sacrifiée au nom de la stabilité politique.
Une sorte de ""Masque de Fer "" féminine de notre temps...

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