31 janvier 2026

sujet 172 - semaine du 31 janvier au 7 février

 



et le mot facultatif : instrument








Le Royaume des Douceurs/Lilou

 

Le Royaume des Douceurs





Le battement de la porte vient de s’éteindre, laissant place au silence feutré de la boutique. Dans l’air flotte un parfum lourd et délicieux, un mélange de vanille ancienne, de réglisse et de papier glacé. Pour la petite fille, le monde s’arrête ici, à la frontière de cette vitrine de verre qui la sépare de l’irréel. Ses yeux, que l’on devine écarquillés, parcourent les rangées de bocaux et les plateaux de petits fours comme on explore une carte aux trésors. Chaque bonbon est une promesse, chaque biscuit une aventure.

Derrière son comptoir de bois sombre, la commerçante observe ce manège avec une patience infinie. Elle ne dit rien, habituée à ce rituel dominical où le temps s'étire. Elle sait que pour l’enfant, le choix est une affaire sérieuse, presque solennelle. On n’achète pas seulement une friandise ; on choisit le compagnon de son après-midi. Les étagères hautes, chargées de boîtes métalliques aux noms oubliés, semblent veiller sur elles comme les gardiennes d'un secret d'autrefois.

Sur le sol aux rayures graphiques, l’ombre de la fillette s’allonge, soulignant sa solitude émerveillée. Tout est immobile, figé dans une teinte sépia qui rend l’instant éternel. C’est l’image même de l’innocence face au désir, un fragment de vie minuscule et immense à la fois. Bientôt, une pièce tintera sur le marbre, un sachet de papier crissera entre des doigts agiles, et la porte tintera à nouveau, refermant derrière elle le souvenir sucré d'un jour d'enfance.

Une pâte à macher/François

 

UNE PÂTE À MÂCHER, C’EST TOUT






En chemin elle trouva quatre sous,

Elle se rendit à l'épicerie,

Pour acheter une pâte à mâcher, c’est tout,

Sans penser à ses caries.

 

Sa préférence alla pour un malabar.

En espérant faire des grosses bulles,

Comme son frère aîné, Théodule,

Envers qui, elle avait tant d'égards.

 

L’épicière lui donna,

La friandise de son cœur.

Et sur ses lèvres elle claqua,

De belles bulles pour son bonheur.

Le cadeau d'anniversaire/J.Libert

 Le cadeau d'anniversaire



Ce 29 février 1948, jour de l’anniversaire de sa mère, Jocelyne, alors âgée de 5 ou 6 ans, lui avait demandé deux pièces de cent sous pour lui offrir cette douceur colorée qu’elle avait déjà repérée chez l'épicière boulangère du bourg, à proximité de son établissement scolaire.

Souvent, après l’école, avec une petite copine, elle s’y arrêtait pour acheter un ruban de réglisse enroulé autour d’un bonbon rond, bleu, rouge ou vert. Et tout au long du chemin de retour, toutes les deux tiraient sur ce rouleau noir, le déchiraient de leurs petites dents de lait pointues pour le mélanger au goût acide des mûres qu’elles cueillaient sur les buissons épineux.

Ce jour d’anniversaire était un dimanche matin. On était encore en Février. Emmitouflée dans sa veste à capuche, Jocelyne était entrée fièrement dans le magasin, avait désigné de son index droit les trois jolis fruits déguisés qu’elle convoitait en secret : trois pruneaux luisants fourrés de pâte d’amandes colorée en rose, beige et vert. L’épicière avait pris soin de les envelopper dans un cornet légèrement cartonné.

De retour chez elle, la fillette se tenait penaude, se dandinait d’un pied sur l’autre sur le pas de la porte de chambre que sa mère finissait de ranger. - Qu’as tu ma chérie ? Lui demanda doucement sa mère lui trouvant une attitude étrange.

- Maman, j’avais acheté des petits fruits à la pâte d’amandes pour ton anniversaire mais j’ai voulu y goûter et je les ai trop sucés ! répondit Jocelyne au bord des larmes...



Le chemin des douceurs invisibles/Marie Sylvie

 LE CHEMIN DES DOUCEURS INVISIBLES 





l y a des moments de ma vie où mon corps parlait sans mots.
Alors, j'étais un chant de pâtisserie.

Viennoiserie au matin
Flan à midi
Tartelette en offrande.
Chaque geste
Chaque pas
Chaque goutte de sueur 
Distillait les arômes d'un banquet secret.

J'étais mon propre parfum
Non celui que l'on vaporise
Mais celui que l'on vit.
Une alchimie entre l'effort et la gourmandise
Entre le muscle et la crème pâtissière.

Les clients s'arrêtaient 
Attirés par ce mystère sucré :
Une présence qui sentait le réconfort 
La chaleur du four
La tendresse d'un goûter d'enfance.

Et dans ce ballet quotidien
Je traçais mon chemin.
Un chemin de travail 
De joie
De corps offert au monde
Où chaque tartelette devenait une signature invisible.


       Sur mon chemin
       Même la sueur  avait le goût 
       Des douceurs que je portais en moi.

Vitrine Toxique - Vegas sur Sarthe

 Vitrine toxique




Des Antilles elle sentait cette longueur en bouche

et ces belles rondeurs des grasses langoureuses

je la rêvais fruitée, gourmande et généreuse

telle une gâterie qu'on liche et qu'on embouche.

J'avais abandonné Proust et sa madeleine

croyant gagner au change en croquant dans le dur

quelque torréfacteur féru de procédure

l'avait de son briquet grillée acétylène.

Je pensais au sucré du goût caribéen

je la trouvai molasse et cucul la praline

ganache parfumée enrobée gélatine

C'était la fée Cabosse et j'allais abdiquer

quand je vis effaré son pigment trafiqué

et le bleu patenté du E131*


* Colorant pétrochimique bleu-violet sombre dérivé du méthane

Petit instant de bonheur/Tarval

 Petit instant de bonheur



Petits gâteaux, tous aussi beaux, Lequel choisir, la fillette soupire, Sur le chemin de la maison, Elle s’est fait une raison. Son ventre réclame ce délicieux goûter, Et ses parents elle n’a pas écouté. Elle a pris un chemin de traverse, S’éloignant de chez elle sous l’averse, Pour aller rejoindre ce lieu magique, Où tout est magnifique. Elle regarde fiévreusement la vitrine, Cherchant la perle divine, Qui la fera chavirer de bonheur, Et lui donnera du baume au cœur


A l'Abeille/Jill bill

 A l'Abeille


Sur le chemin de l'école
Il y avait l'Abeille....... tout sucre, tout miel.

Ce comptoir si désuet à présent ;
Fallait-il encore avoir le sou en poche
Dans les années 60...
Si j'osais garder celui de la pieuse quête
Il était pour l'Abeille...... Ses divines hosties !!!

Commerce riquiqui
Une serveuse cravatée
Mademoiselle Violette
Et ses bonbons acidulés
Bâtons de réglisse
Sachets de poudre surprise.... Etc, etc...

Au bonheur des enfants
Des enfants non « griffés »
Des enfants en uniforme
Des enfants de la marelle, de la bille
Des enfants, tout court......

Il est où ma soeur Anne ce temps
Il est où......

La rigolade/ Jak

 La rigolade



Allô, c’est toi ? Je t’entends comme à travers une chaussette...


-Mais oui, c’est moi! Quelle surprise, tu n’es pas encore fâchée

avec ton téléphone ? Ça faisait un bail.


-Tu sais, en vieillissant, ce truc me tape sur les nerfs. Il sonne

toujours quand je m’endors enfin. La sieste, c’est devenu un

sport extrême : réussir à dormir avant que quelqu’un appelle.

Bon, bref... comment vas‐tu? Bien, j’espère.


- Oh, moi ça va. Et toi ?


-Ah... écoute, mieux vaut ne pas trop creuser. !


Figure‐toi que j’ai eu Hélène au téléphone. Et comme je lui

demandais si elle était toujours aussi bonne pâtissière, elle m’a

ressorti une histoire de nos jeunes années... Tu t’en souviens

peut‐être ?

Un jeudi, nous avions passé l’après‐midi à courir comme des

chèvres sur les chemins caillouteux.

On aurait dit trois tornades en jupons.

En rentrant, affamées comme des loups, on passe devant la


boulangerie... et là, la tentation. Le piège. Le guet-apens

pâtissier.

On entre. L’étal déborde de gâteaux. On salive comme des

Saint-Bernard.

Moi, je prends un baba au rhum. Hélène, un Saint‐Honoré.

Toi... mystère. Peut‐être un éclair, peut‐être deux, qui sait.

Arrive le moment de payer. On fouille nos poches. Le désert.

Le vide intersidéral.

Et là, idée de génie — la tienne, évidemment — on détale

comme des lapins.

La boulangère nous avait reconnues, bien sûr. On accompagnait

nos mères aux courses toutes les semaines.

- Oh oui, je m’en souviens! Quelle rigolade ! Mais j’en rougis

encore. Et la tannée que nos mères nous ont mise... Là, on a

moins rigolé !

— Ah, c’était le bon temps.

A propos, si je t’appelais, c’est pour te dire que je vais entrer

en maison de retraite. Le quotidien devient un peu compliqué à

gérer.

Mais attention: je compte bien sur toi pour venir me voir. Et

pas en courant cette fois......



25 janvier 2026

sujet 171 - Côté écrivains


 

La rigolade - Jak

A l'Abeille - Jill

Petit instant de bonheur  - Tarval

Le chemin des douceurs invisibles - Marie Sylvie

le cadeau d'anniversaire - J.Libert

Vitrine toxique - Vegas sur Sarthe

Une pâte à mâcher, c'est tout  - François

Le Royaume des Douceurs - Lilou


24 janvier 2026

sujet 171 - semaine du 24 au 31 janvier

Pour certains les souvenirs vont affluer. Gourmandise quand tu nous tiens.


 


et le mot  chemin



Le château d'Ancy le franc/François

 



Le château d'Ancy le Franc




Au pays des bons escargots,

Et du jambon persillé,

En Bourgogne, je suis allé au bord de l'eau,

Devant un château qui m'a émerveillé.

 

Je me suis posé dans le parc d'ANCY LE FRANC.

Là, j'ai mangé mon pique-nique.

Au milieu des oies, le spectacle était magnifique,

Une belle bâtisse trônait auprès de l'étang.

 

Derrière, après les arbres touffus,

J'ai pu visiter le magnifique château,

À vrai dire, à la visite m'a plu.

La Bourgogne aime montrer ses trésors.

Le manoir caché/J.Libert

 LE MANOIR CACHÉ




Ce coin de nature idyllique, à l’écart du monde urbain, est un décor de rêve où chacun souhaiterait s’exiler ou faire une retraite quelques jours.

Derrière le manoir d’une autre époque, les arbres de l’épaisse forêt se reflètent dans le lac aux eaux tranquilles, frissonnantes; leur verdeur profonde tranche avec le ciel clair où s’attardent de lourds nuages laiteux.

On y devine les gîtes et les nids de centaines de bêtes et d’oiseaux sauvages. Le jour, ils se cachent aux yeux de tous mais sortent la nuit, s’approchent de la rive pour s’abreuver tout leur soûl. Les biches côtoient les sangliers, la chouette, le héron cendré.

Sur les talus herbus, les oies, les canards, les cygnes font la pause, à la recherche de vers et d’insectes, avant de replonger, de concert, dans la fraîcheur bienfaisante de leur élément liquide.

En cette belle matinée de printemps, le manoir prend tout son relief. De loin, on le croirait inhabité, abandonné et, pourtant, quand on l’approche, il y règne un certain remue ménage.

Quelques jeunes filles, vivent là, pensionnaires, prisonnières pour plusieurs mois, le temps de terminer une grossesse et d’accoucher sur place avec l’aide d’une sage femme. Le manoir, appelé « maison maternelle » est loué par le Conseil Général du département. Il accueille de très jeunes femmes enceintes, qui n’ont pas la majorité. Elles sont exclues de leur environnement familial car elles sortent du cadre de la conformité sociale de cette époque. Certaines sont forcées d’accoucher sous x. On est en 1965 !!

Ballade pour une prisonnière/Marie Sylvie

 Ballade pour une prisonnière



Je suis prisonnière 
D'un corps qui ne marche plus
Mais mon âme elle
Elle s'élance au rythme des plumes sur l'eau.

Le bâtiment veille
Immobile comme moi
Mais il abrite mes rêves 
Qui traversent les murs.

L'eau s'écoule
Comme mes jours 
Avec lenteur
Avec peine
Mais elle reflète le ciel
Et parfois ... un miracle.

Les oies avancent
Sans me voir
Mais je les suis en silence
Dans mes ballades intérieures
Où chaque mot est une aile
Chaque vers une échappée.

Je suis prisonnière 
Mais je bénis cette prison
Qui m'ouvre à l'invisible 
À la beauté qui ne demande
Ni pas ni distance
Juste un cœur qui écoute.
     
         Lorsque mes pas se taisent
            Mes mots avancent pour moi.

LA PRISONNIÈRE/Ecridelle

 La prisonnière



Dans cette maison aux allures de château vivait depuis longtemps une femme qui en son temps fut connue mais on oublia peu à peu son existence.
La Prisonnière du pavillon fut enfermée dans cette demeure isolée, construite comme un château miniature, élégant en apparence mais soigneusement tenu à l’écart du reste du domaine. Elle se trouvait non loin d'un étang où elle pouvait apercevoir la vie dehors, Des canards venaient souvent au bord de la rive et se baignaient tranquillement.
Parfois des gens passaient sans songer un instant que dans cette maison se trouvait quelqu'un qui hélas n'avait pas été d'accord avec le pouvoir des élites. Sa position au cœur des affaires politiques la rendait trop dangereuse pour rester libre. Elle avait été témoin de décisions sensibles, de négociations discrètes et de compromis que l’on ne voulait pas voir exposés.
Plutôt que de l’emprisonner officiellement, ce qui aurait attiré l’attention, il fut décidé de la faire disparaître des cercles publics. On parla d’une retraite volontaire, d’une santé fragile, puis plus rien. En réalité, elle fut installée ici, sous surveillance constante, dans un cadre choisi pour donner l’illusion d’un confort acceptable.
Des domestiques et des intendants étaient chargés de ses besoins quotidiens, veillant à ce qu’elle ne manque de rien, tout en contrôlant ses déplacements. Tous ceux qui étaient amenés à la contacter devait signer une clause de non divulgation.
La maison, avec ses allures de petit château, servait à masquer la nature réelle de sa situation : une détention discrète, ordonnée, pensée pour durer. Face à l’étang, la Prisonnière du pavillon vécut ainsi mise à l’écart du monde, sacrifiée au nom de la stabilité politique.
Une sorte de ""Masque de Fer "" féminine de notre temps...

LA FOLIE D’UN HOMME JALOUX/Tarval

 LA FOLIE D’UN HOMME JALOUX




Il était une fois un châtelain et sa femme,

Une femme à la beauté éblouissante,

Qui n’avait d’égale que sa bonté et sa gentillesse.

Leur demeure était un joli manoir à la campagne,

Entouré d’un parc arboré et d’un étang,

Où la faune locale avait pris possession des lieux.

Mais dans ce décor paradisiaque, se tramait un drame.

Le châtelain était très amoureux de son épouse,

Mais il était aussi très jaloux,

Et ne supportait plus les regards insistants des invités,

Lors des dîners prestigieux qu’il organisait avec le gratin alentour.

Il s’enferma alors dans un délire paranoïaque,

Et décida de soustraire la beauté de sa femme aux yeux du monde.

Malgré ses supplications, il l’enferma dans la plus haute chambre du manoir,

Et lui expliqua, que dorénavant, il serait son seul visiteur.

Même les domestiques avaient ordre de ne pas rentrer dans la chambre,

Il lui apportait ses repas et choisissait ses toilettes.

Prisonnière de son époux, la châtelaine était désespérée.

Ses pleurs résonnaient dans le manoir,

Mais personne ne lui vint en aide.

Un soir de décembre, elle se pendit au lustre du plafond,

Préférant mourir que de vivre recluse.

Fou de douleur, son mari se donnât la mort avec son fusil de chasse,

Et depuis, l’on raconte que les nuits de pleine lune,

On peut entendre les pleurs de cette malheureuse dans le vent.

Aujourd’hui, le manoir est à l’abandon,

Il est dit hanté, et les gens ont peur de s’en approcher.

La légende dit que le châtelain est damné, condamné à brûler en enfer,

Pour avoir provoqué la mort d’un ange.


Vie de château/Jill Bill

 VIE DE CHÂTEAU





Il est chouette notre nouvel îlot, hein,

Avec son abri genre Petit Trianon...

Soyons comme les oies du capitole

Veillons au grain !! Pas bêtes, comme on le dit.....

 

Merci N'ancy-le-Franc

Amie des oiseaux palmés...

 

Nous sommes traitées en reines

Nous les oies, sauvages !

 

Prisonnière, mot que nous ignorons,

Notre foie en paix

Et mourir de notre belle mort

Au bord du canal, doux dernier soupir...

 

Pour l'heure

Du bel escargot de Bourgogne

Fera notre délice, avec les herbes tendres...

 

Et si une épinoche venait à sauter hors de l'eau

Ne boudons pas cet autre plaisir....

 

Plus belle la vie, plus belle

Notre feuilleton au jour le jour !

 




18 janvier 2026

sujet 170 - Coté écrivains


 


La vie de château    Jill Bill

La folie d'un homme jaloux   Tarval

La prisonnière    Ecridelle

Ballade pour une prisonnière  Marie Sylvie

Le manoir caché   J.Libert

Le château d'Ancy le Franc   François

17 janvier 2026

sujet 170 - semaine du 17 au 24 janvier

 Allez hop tout le monde à la campagne sur une photo que j'ai prise lors d'une balade. Pour l'instant je ne vous dis pas où pour ne pas influencer les textes. 


le mot facultatif : prisonnier (ou prisonnière)





Dignité/François

 Dignité





On se demande si c'est une statue,

Ou un mannequin de mode,

Parfaitement revêtu.

 

Ses vêtements révèlent un code,

D’un être qui a bien réussi,

Qui a su sortir des vieilles images,

Que l'on voyait dans certains pays

Qui pratiquaient malheureusement l'esclavage.

 

Cet homme a trouvé sa dignité,

Et au-delà de son costume,

Son maintien discret et sa fierté.

Engage le respect, en respirant la fortune.

 

Il y a là une balsamique note olfactive.

Qui fait contraste avec une impression ségrégative.

 

C'est une belle revanche sur la vie.

Jamais, il ne sera plus asservi.

Une îcone/J.Libert

 UNE ICÔNE



L’homme en bronze semble avancer d’un pas sûr et léger. Il est encore comme bien vivant, le regardsouriant, fier, sous son chapeau à larges bords ; le pantalon large, un peu bouffant dont les jambes seterminent en un joli revers sur de souples mocassins lui imprime cette allure élégante et décontractée.

Hormis sa canne sous l’un de ses bras tandis que l’autre s’enfonce dans la poche du pantalon, rien n’indique le but de sa promenade.

À première vue, nul ne sait, non plus, qui est cet homme en marche. Aucune plaque commémorative ne le désigne.

Ancré, sans piédestal, grandeur nature : 1, 83 m. il a le regard orienté vers la mer, là bas, tout près. Il arpente le long boulevard d’une des plus belles villes Cubaines qu’il a tendrement aimé au cours de sa vie un peu trop brève puisqu’il décède à 44 ans.

Les Cubains ont encore dans les oreilles ces rythmes Africo-Cubains aux vertus balsamiques que lui seul savait si bien rendre.

De tout temps, en tout lieu, le monde produit des génies dans tous les domaines. « Benny Moré » était de ceux là. Doté d’une oreille hors du commun, très jeune, il apprend, il retient avec une étonnante facilité. Il deviendra l’une des icônes de la musique populaire Cubaine des années 40-60.

L'elixir du passant/Marie Sylvie

 L'élixir du passant


Il se tient là
Tel un souffle figé dans l'instant
Le pouce levé vers l'invisible 
Statufié dans l'éloge du quotidien.

Son chapeau abrite les pensées du vent
Sa poche garde les secrets des pavés
Et son regard ... balsamique
Distille la paix dans le tumulte urbain.

Autour de lui les bancs attendent 
Les arbres murmurent des confidences
Les colonnes des façades s'inclinent 
Comme pour saluer un vieux compagnon.

Il ne marche plus
Mais il avance avec nous
Telle une mémoire douce
Un baume sur les heures pressées.

Et nous passons 
Sans toujours le voir
Mais lui
Lui bénit chaque pas.

Le promeneur/Tarval

 LE PROMENEUR




Que fait ce dandy dans cette rue déserte ?

Il a l’air heureux dans son costume couleur balsamique,

Une bougie à la main, pour éclairer je ne sais quoi,

Il marche d’un pas nonchalant,

Son chapeau vissé sur la tête,

En regardant d’un air pensif les arbres alentours,

Il paraît irréel, dans cette allée sans âmes,

Où seuls ses pas résonnent dans le silence du quartier.

Mais est-ce vraiment un homme,

Ou simplement une statue déposée là par quelque artiste,

Le doute subsiste, mais cette présence est rassurante,

Le flegme de cette créature met en confiance,

On a envie de l’aborder pour un brin de discussion,

Et de comprendre cette béatitude qui le traverse,

Un peu de douceur et de fantaisie,

Dans ce monde empreint de violence.

Un gentleman/Jill BIll

 Un gentleman






Un gentleman décontracté
Sur l'avenue, vide
A déserté ses bureaux, son business
Pour une césure,
Il est dans le barreau, de chaise
Cigare de Cuba...... Le Churchill !

Il use de manière balsamique
Avec son personnel
Douce-aigre
Tout dépend des ventes......

On chuchote dans son dos
Plus on n'ose, chacun tient à son job.....

Eusebio est bagué mais à maîtresses, sa nicotine,
Pas très fidèle le bougre...
Il s'enflamme comme allumette
A la vue d'une nana couleur tabac, surtout...
Monsieur a du tirage !

Un gentleman décontracté
Sur l'avenue, vide
En poche sa guillotine
Pour son bon plaisir.......