La biquette Babeth
La Biquette Babeth se repose à l’étable sur sa moquette, baillant et croquant le foin qui lui sert de couette. Elle rumine son ennui et se souvient des jours de soleil et de Thibault, son maître.
Celui ci , après un samedi soir en guinguette, bien arrosé de piquette est mal réveillé. Casquette sur l’œil, liquette flottante sur un pantalon fripé, sous une jaquette élimée, chaussettes en accordéon, une éternelle cigarette entre les lèvres, il vient la détacher de son piquet pour l’emmener en goguette, dès le matin, sur les hauteurs de la colline.
Tout au long des heures, elle est sa seule compagnie et lui obéit au doigt et à l’œil sans faire sa coquette. Elle a l’impression de le connaître depuis toujours. Entre eux deux, c’est à la vie , à la mort, une affaire d’amour. Il lui parle à l’oreille et lui sussure des mots que personne d’autre ne comprend.
Il la laisse aller et venir le long des bosquets et respirer l’odeur piquante des herbes folles. Il sait qu’elle ne rêve ni de grands espaces ni de lointaines escapades.
Contrairement à la légende, Biquette Babeth ne se sent pas l’âme d’une téméraire. Elle n’est heureuse que près de son maître capable de la protéger contre les méchants prédateurs et de niais insectes piqueurs.
Ce soir, l’intouchable Biquette regarde d’un œil nostalgique l’ombre s’avancer sur le rebord de la tablette de sa mangeoire.

Il ne lui manquait plus que la parole à Babeth le biquette!
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