17 septembre 2022

Depuis que mes mains / Laura VANEL-COYTTE

 


Depuis que mes mains te cherchent
Pour m’aimer et m’aider
J’ai mis dans mon escarcelle :
Avec l’aide de ton père
Et de ton frère de lait,
Tes adieux à ta famille :
Tout le monde était là.
Avec l’aide des paroisses
Et de mes collègues de l’époque,
Tes adieux à tes collègues,
A notre ville d’adoption.
Depuis que mes mains te cherchent
Pour m’aimer et m’aider
J’ai mis dans mon escarcelle :
Des choses que tu gérais :
Les comptes, les papiers
Dont ceux de ta mort
Et de ses suites.
J’ai mené notre voiture
Que tu conduisais
Dans un mur
Et mon avenir avec elle.
Depuis que mes mains te cherchent
Pour m’aimer et m’aider
J’ai mis dans mon escarcelle :
Encore plus de kilomètres
A pied qu’avant : le pétrole
Qui alourdit les courses
Mais chauffe et allège la facture.
Tous les trajets du matin
Et du soir que ta conduite
Réduisait autant que possible.
Les montées pénibles.

Mon déménagement
De ton train et de mes livres.
Des lourdingues ont fait du lourd
Mais pas dans la dentelle.
Depuis que mes mains te cherchent
Pour m’aimer et m’aider
J’ai mis dans mon escarcelle
Deux bibliothèques de plus.
Qui prennent sur mes pieds
Et mon temps mais enrichissent
Mon âme.
Des malaises et des chutes
Une fracture de côte
Des opérations
Que la solitude aggrave.
Depuis que mes mains te cherchent
Pour m’aimer et m’aider
J’ai mis dans mon escarcelle
Deux voyages d’été
Un de Toussaint
De sinistre mémoire
Des balades
Depuis que mes mains te cherchent
Pour m’aimer et m’aider
J’ai gardé dans mon escarcelle
Des films, des expos
Des lectures, la presse,
Les polars, les balades
Des photos, des paysages.
Depuis que mes mains te cherchent
Pour m’aimer et m’aider
J’ai vidé mon escarcelle
De vingt kilos
De mes vêtements d’obèse

Clostrophobie / Josette

 

 


Au début ça devait être un jeu et c’est en toute confiance
que je me suis laissée enfermer dans cette baudruche

géante…

Très vite c’est devenu un cauchemar !
Quelle idée aussi d’avoir participé à cette animation pour
3 francs 6 sous sortis de mon escarcelle…

Laissez-moi sortir…

Je me débats prisonnière derrière ce voile opaque, me
voilà engluée, otage d’une toile glissante et insaisissable.

Ne m’entendez-vous pas hurler ?

A qui m’adresser pour retrouver la liberté, il doit y avoir
une erreur, je ne peux pas payer une rançon !
Dites-moi que le soleil existe et que je vais me réveiller.
Il me semble que ça dure depuis des heures.

L’air me manque, j’étouffe.

Haletante et le cœur palpitant par cette oppression
continue, l’angoisse devient insoutenable, je ne peux plus
crier juste un râle qui sort de ma gorge…

Au Secours

Le gêneur / jill bill


 En vouloir à mon escarcelle
De patron chanceux
Et le piège se referme sur moi...
J'ai fait, sans l'ombre d'un doute, des envieux,

Des jaloux, prêts à tout
Est-ce toi, toi, ou toi... Qui !?
Enfermé dans la salle frigorifique
Je lâche prise, et personne en vue...
Au s'cours !!! Au s'cours !!!
Sortez-moi d'là...

11 septembre 2022

SUJET 11 - PARTICIPANTS

 


Vous pourrez lire samedi 17 septembre : 

Jill bill 

Josette

Laura

margi 

Jama

Lilousoleil

K

Katrina

Colette

10 septembre 2022

SUJET 011 - du 10 au 17 septembre 2022

 La photo :

 



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escarcelle  


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Par une nuit sans étoiles / Katrina Franklyn

 


C’était une nuit sans étoiles où le ciel se disputait avec lui-même. Un vent terrible faisait valdinguer des trombes d’eau dans tous les sens, et les vagues vrombissaient leur fureur en devenant des géantes grises crachant des tonnes d’écumes en ébullition. J’étais camouflée sur le rivage près d’une muraille de pierre où je me sentais en sécurité malgré le vent et la pluie qui semblaient servir de parure à cet être en colère qui tonnait de sa grosse voix, et envoyait des éclats de lumière déchirer le ciel nocturne en représailles d’on ne sait qu’elle attaque.

Dans ce contexte apocalyptique, on aurait dit que ce navire, sortant de nulle part, et n’était qu’un jouet de bois se débattant pour rester à flot.

De ma cachette, j’observais la scène, intriguée. Des petits êtres semblant minuscules s’envolaient par-dessus bord, comme éjectés. Les voiles se déchiraient comme du papier. Le mat se sectionna en son centre. J’aurais pu entendre les complaintes de terreur des habitants de ce phasme mécanique mais, je n’entendais que la colère de ce dieu invisible qui faisait éclater sa rage dans le ciel en y mêlant tous les éléments, depuis des heures.

Le bateau qui se craquelait à vue d’œil disparaissait et réapparaissait au rythme endiablé des vagues rendues folles. Le temps ne semblait plus finir de s’écouler, et ce combat incessant réduit à néant les résistances de ce pauvre bateau désarmé qui finit par abandonner la lutte.

 Cette histoire s’est déroulée il y a bien des lunes et des lunes avec et sans étoiles.

Aujourd’hui le soleil brille, le sable est fin et ses minuscules grains chauds glissent agréablement sur mes écailles et entre mes griffes, alors que je parcours cette plage en attendant que mes gosses sortent des œufs pour le grand voyage de leur vie.

Ça y est, le premier remonte du lieu de la ponte. Il sort du sable, se met à courir en faisant danser sa petite carapace en direction de la mer… mais que fait-il ? Je le vois rebrousser chemin et s’engouffrer dans les ruines de ce vieux bateau échoué depuis des lustres sur notre plage ! Et soudain ses frères et sœurs, ils sont des dizaines, sortent également et filent aussi vite que leurs jeunes pattes le leur permettent dans la même direction que leur frère. Et voilà que ces garnements s’en donnent à cœur joie à fouiller cette épave qui dormait tranquillement. Je me mets à striduler dans leur direction, mais ce son est si faible que mes petits rebelles feignent de ne pas l’entendre. Je les laisse donc satisfaire leur curiosité car bientôt ce sera le grand départ en pleine eau. Je partirai avec eux et l’année prochaine je reviendrai et serai à nouveau maîtresse des lieux.

Au fait, je m’appelle Utopie, et je suis la reine de cette crique pour des instants dans le temps ;)

EVIDENCE / Colette

 


Idéalisme 

Enlisé dans le sable 

Quelle UTOPIE 

. 

Château de rêve 

Enlisé dans le sable 

Quelle chimère 

. 

Vaine attente 

Enlisé dans le sable 

Mais quelle fiction 

. 

Un sens à tout ça 

Un changement s’impose 

Vers l’évidence

UTOPIE ? / Laura

 


 

Une plage

Trace des hommes

Oasis dans le désert

Paix dans l’anse de beauté

Il est temps de partir

Et de retrouver les ergs

 

Utopie / Margi


 

Vieille carcasse échouée

D'un fier bateau rempli d'esclaves

Le sable a mangé ton bois

Comme tu as mangé leurs vies

Tu n'es plus rien qu'un gisant

Posé en terre inconnue

Dont la mer peu à peu

Ronge la grève

 

Le vent forcit

Une lame scélérate se dresse

Comme un cheval fou

Pauvre petit bateau

Tu dois disparaître

La crique n'existe déjà plus

J'enfourche mon cheval d'écume

Il est temps de partir

LE PARADIS / Josette


 

C’est au fond d’un trou béant
Au pieds des falaises
De l’île du diable
Entre sable chaud et mer turquoise
Que le navire s’est échoué
Entre ombre et soleil
Beaucoup ont péri
Les autres ont fui
Nageant vers d’autres rivages
Laissant là Robinson
Prisonnier de son Utopie