23 décembre 2023
SOMBRES PRÉSAGES / J.Libert
Grève aviaire / Fredaine
- des couverture chauffantes car on en a ras le bec de se geler tout l’hiver.
- de la musique relaxante par hauts-parleurs à l’heure du coucher.
- des graines bio, par les temps qui courent, on ne veut plus manger n’importe quoi.
- et bien sur la fin du gavage !!! On n’est plus au 20e siècle !!! On a aussi notre mot à dire et on veut une vie digne !!!
Tant que tout ne nous sera pas accordé, on ne bouge pas d’ici et on ne mangera plus une graine. Le premier qui s’approche, on se jette toutes sur lui !!! »
Voilà ce que Joséphine, la fille de Georgette, elle-même fille de Léontine, éleveuse d’oie du Périgord a entendu alors qu’elle passait un soir à proximité du hangar aux oies de sa grand-mère. Elle en est restée coite et c’est ainsi qu’elle l’a raconté à Georgette qui elle-même l’a raconté à Léontine. Et Léontine, qu’est-ce qu’elle a fait elle ? Elle s’est assise et elle a réfléchi...longtemps. Ses oies, elle les connaît bien. Elle sait ce dont elles sont capables surtout depuis qu’elles se sont choisi une nouvelle meneuse, la Lulu du Périgord. Alors Léontine se demande bien quoi faire. D’autant qu’à l’âge qu’elle a, elle prendrait bien sa retraite. Et puis, ma foi, elle les comprend leurs revendications.
Méfiance / K
Léo Ferré, la mémoire et la mer :
« Cette rumeur me suit longtemps comme un mendiant sous
l'anathème »
On répète que c’est le hasard du calendrier.
Le bruit court que les fakirs adorent le clou du spectacle.
On chuchote que les fourmis fourmillent quand elles pullulent.
La rumeur prétend que le serpent d’Hippocrate n’a jamais juré de rien.
Il paraît que la pointure des bottes secrètes ne se divulgue pas.
Il se murmure qu’il n’y a en principe pas de compas perdus d’avance.
D’aucuns laissent entendre que le temps n’arrive à passer quand l’heure est aiguë.
Il se dit que le chien de ma chienne n’est pas le meilleur ami de l’homme.
Il paraît que quand tu fumes du haschich parmentier, ça donne la patate.
On répète souvent que la pendaison, ça ne se commande pas.
Le bruit court que Chimène buvait du cidre.
On chuchote qu’être à la croisée des chemins n’empêche pas d’être attendu au tournant.
La rumeur assure que L’assassin marche.
Il paraît que les abricots aussi ont une fin.
Il se murmure que la morale est dans les chaussettes.
D’aucuns laissent entendre que certaines défaites essuyées ne sèchent pas.
Il se dit que les éoliennes peuvent se faire porter pâles.
On répète qu’il aimait bien l’orange Homère.
Le bruit court qu’un licenciement poli, c’est être viré à quatre épingles
On chuchote que le lapin est une langue morpe.
La rumeur assure que le félon parfois fait court.
Il paraîtrait que l’assassin est essoufflé.
Il se dit qu’il n’y a pas de pharaon dans la pyramide des âges.
On répète que dans le triangle des Bermudes, les hypothèses usent.
Le bruit court qu’on peut avoir plus d’un tour du monde dans son sac.
On chuchote que blanchir sous le carnet, c’est un problème d’inspiration.
La rumeur assure que ce n’est pas simple non plus de chercher une aiguille dans une botte de loin.
Il paraît que les bons ennemis tiennent quand même leurs comptes.
D’aucuns prétendent que les rumeurs vagues abondent.
Brèves de Noël/ La Licorne
Brèves de noël
TRIBUNAL INTERNATIONAL
On nous annonce qu'un dépôt de plainte
vient d'être déposé contre le Père Noël !
Il serait accusé de concurrence déloyale
et d'usurpation d'identité
par un certain SANKT Nicolaus.
.
CHAUD LES MARRONS
Scoop de dernière minute :
les marrons des marchés de noël,
seraient en fait des châtaignes :
premier cas avéré de "transidentité"
dans le monde végétal !
.
ZELE DEPLACE
A Strasbourg,
certains agents de police ont fait du zèle :
on les a vus certains arracher des mains des gens
leurs confiseries chocolatées.
Motif :
Aucun mendiant n'est toléré
dans le périmètre du marché de noël.
.
ANTISEMITISME
Un adolescent vient d'écoper
d'une amende conséquente
pour propos antisémites.
Il avait déclaré sur son compte Facebook
qu'il n'aimait pas les papillotes.
.
REFUS
Un bénéficiaire du RSA
vient de se faire refuser
sa demande de prime de noël,
sous prétexte qu'il ne remplissait pas
les conditions d'âge minimum.
Il a eu beau protester et rappeler
qu'il était sur la paille
depuis son plus jeune âge...
et que ses parents étaient
sans domicile fixe,
rien n'y a fait.
A l'heure qu'il est,
on ne sait toujours pas
où il crèche.
Le ras le bol/Jill Bill
Le
ras-le-bol
Il
fallait s'y attendre un jour
Et de
là à ce que les canards les rejoignent... !!
Le
gavage de fin d'année
Il ne
faut pas chercher plus loin...
Le
foie gras, notre bon plaisir,
Passe
par le supplice des autres...
Les
oies du Périgord
En
mode grève de la faim
Bec
cloué
Refusent
l'entonnoir et son maïs !!
Et la
rumeur enfle...
Les
dindes se sont évadées...
La
langouste bleue de Bretagne
Est
introuvable...
L'esturgeon
et le saumon, pareil !!!
A
quoi ressemblera la table de fête
A une
végan... !?
Le
boucher traiteur, le poissonnier,
Le
restaurant ont du mouron à se faire,
Pour
le pâtissier... Pas d'embûche de ce côté-là... !
18 décembre 2023
Sujet 72 - Participants
Brèves de Noël par La Licorne
Méfiance par K
Grève aviaire par Fredaine
Sombres présages par J. Libert
Rififi au pays du gavage par L'Entille
Supplique par Keremma
La révolte des oies par Lilou
16 décembre 2023
Sujet n° 72 / Semaine du 16 au 23 décembre
L'image
- Le mot facultatif : rumeur
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miletunesuite@gmail.com
Un fichier joint type Word facilite la publication.
- Au plaisir de vous lire, bonne semaine, merci.
le coup du chapeau/Lilou
Le coup du chapeau
Je m’baladais sur l’avenue
sifflotant un air bien connu pourtant je n’étais pas sur les Champs Élysées.
Quelque inconnu avait oublié ou perdu son chapeau et comme toute personne bien élevée,
réflexe je shootais dedans sauf aïe aïe aïe il y avait un caillou dessous une
sorte de menhir qui me broya les orteils, me fit voir trente-six chandelles et
me fit choir sur le trottoir pendant que des rires fusaient et j’entendis avant
de m’endormir « té encore un couillon de la lune ». Les quatre fers
en l’air, à plat dos reprenant mes esprits, je vis se découpant dans le ciel
une portée musicale. Des notes étaient accrochées, des croches, des doubles,
des blanches et des noires. On aurait dit le début de la symphonie cinq de
Beethoven. J’entendais des pom pom pom et Cram cram cram, des trompettes et des
coups d’archet violent de violon : do do do ré ré mi mi fa !
Tenais-je là le début de ma composition celle que depuis plusieurs j’essayais
de pondre pour mon éditeur de musique et qui me gavais. Puis les notes se
déplacèrent se déformèrent et s’agglutinèrent dans un souffle de vent. Mais que
venaient faire ses baskets sur ma portée.
Monsieur, entendis-je, monsieur
serrez-moi la main si vous m’entendez. J’ouvris les yeux et un joli visage m’apparut,
cheveux auburn voletant autour. Étais-je au paradis. Marie veillait-elle sur moi ?
Elle me regardait avec un demi sourire un peu inquiet. Monsieur, vous allez-bien
répéta cette voix magique. Séduit je jouait un peu les prolongations pour entendre encore cette douce voix musicale.
Enfin je me remis debout, me
remis à siffler ; les notes venaient toutes seules. Enfin mon chef d’œuvre
grâce à un couvre-chef mal placé !
Rendez-vous / L'Entille
Il m’avait dit « rendez-vous au deuxième top en
partant du croisement de la pointe du vent vers T heure moins le quart ».
Certainement les indications étaient les bonnes. Nous nous sommes retrouvés. Nous avons échangé des mots puis des idées. Et de fil en aiguille nous avons
échangé des baisers lèvres contre lèvres. Enlacés, nous n’avons pas vu le temps
passer. La nuit était tombée depuis longtemps lorsque nos enveloppes ont
retrouvé leur forme initiale. Étrangement, notre attirance l’un pour l’autre
n’en était que plus forte ! Une joie inextinguible s’est emparée de nous,
une immense liberté nous a envahi. Nous avons jeté en l’air frusques et
chaussures. Ces dernières se sont accrochées au fil électrique pas pour
signaler un point de deal, à moins que ce ne soit un shoot amoureux !
Et nous nous sommes enfoncés dans la lande à la recherche d'un terrier pour
jouer les prolongations, jusqu’au prochain jeu de piste, jusqu’au prochain
scénario...
Chaussures volantes / Tarval
Linda se promenait tranquillement à la foire,
Passant de stands en stands,
Demandant des explications sur certains articles
Qui l’interpellaient, de par leurs étrangetés,
Et elle était curieuse de connaître leurs histoires.
Soudain, elle vit un attroupement autour d’une attraction,
Et elle s’approcha pour voir ce qui se passait,
Et là, elle vit des tyroliennes avec des chaussures,
Mais où étaient passés les propriétaires ?
Soudain elle vit les personnes qui n’avaient plus de chaussures,
Ceux-ci s’amusaient comme des enfants,
Rigolaient de façon bruyante en se tenant les côtes,
Contents de leur farce.
Les gens autour d’elle riaient aussi,
Et même elle trouva ça drôle.
Elle repartit de la foire en souriant,
Elle avait passé un bon après-midi,
Et elle rentra chez elle se reposer,
La tête pleine de souvenirs.








