Tout fout l'camp / Jill Bill
LA FRANCE EN VERT / Marie Sylvie
Un rêve de gosse / J.Libert
Progrès / K
Petit-Pont / La Licorne
Tout fout l'camp / Jill Bill
LA FRANCE EN VERT / Marie Sylvie
Un rêve de gosse / J.Libert
Progrès / K
Petit-Pont / La Licorne
Je flippe
Je suis
planté devant le flipper ! il est bizarre ce machin.
Il me dit d’aller
à droite, mais c’est de là que je viens !
Il me dit d’aller
à gauche mais je n’ai rien à y faire.
Tout droit
je perds la boule.
Il me dit
vous êtes ici mais ça je le sais !
Ah où vais,
où cours-je ! Étage zéro
Et que
fais-je avec mon livre sous le bras ?
Et si je
remets une pièce dans la fente.
Où est- elle
cette fente ?
Bon, il est temps d’y aller ! Eulalie m’attend.
Enfin les
temps changent du mien il y avait un compteur et cela clignotait.
Pourquoi sommes-je-ici ?
J’ai RV avec le directeur pour un emploi,
Mais c’est un vrai dédale pour parvenir jusqu’à lui.
Pourtant il faut absolument que je le rencontre,
J’ai absolument besoin d’un travail.
Mais le chemin qui mène à lui semble vraiment tortueux,
Et je finis par me demander pourquoi je suis ici.
Je travaille dans la finance,
Et je suis bien côté dans mon domaine,
Je me suis fait licencier suite à de nombreux mauvais calculs de la société qui m’embauchait,
Et depuis, je recherche du travail.
Mais la vie n’est pas facile,
J’ai eu beaucoup d’entretiens d’embauche,
Mais aucun n’a donné suite,
C’est vrai que la renommée de mon ancienne entreprise y est pour beaucoup,
Et je subis les conséquences de leurs erreurs.
Mais j’ai décidé de me battre,
Et de faire oublier les précédents qui m’incriminent aussi,
Je vais trouver le directeur,
Et lui prouver que je suis un battant,
Que je suis capable et déterminé,
Et surtout que je suis compétent dans mon travail.
Alors c’est parti, je suis le plan,
Et dans peu de temps,
Je serai dans son bureau,
A moi de me vendre et de me rendre irremplaçable,
Et le tour sera joué.
J’y vais, je me lance,
Et je crois en moi.
Pourquoi êtes-vous là ?
Et n'essaie même pas en rêve "un seul hêtre vous manque et tout est dépeuplé."
C'est non.
Dis donc, au fait, "Être ou ne pas être" là, je t’en pose des questions ?
Je suis là et même ici.
Las.
De ci de là, je ne suis pas là pour me faire engueuler, et je pense donc je suis, et au point où j’en suis, je pense que tant que j’y suis, je pige. Tu me suis ?
Et tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien.
Donc ta question est déplacée, et d’ailleurs je ne suis plus là.
RECONVERSION
- Pourquoi êtes vous ici ? dit la chaude voix enregistrée sur l’appareil d’accueil de la direction de l’institut de philosophie
-Je n’ose pas dire... répond timidement l’homme d’une cinquantaine d’années, tout étonné d’être ainsi accueilli
- Allez-y ! cela reste entre nous, reprend la voix incitative
-Et bien, voilà ! J’ai un problème avec le zéro
- Ah oui ? Et quel est ce problème ?
- Je suis comptable dans une grande entreprise ; je manie des chiffres à longueur de temps. Quel que soit l’emplacement du zéro, ceux ci m’entraînent systématiquement à les placer à droite en me tordant les doigts ou la main. Ainsi, je parviens à des sommes astronomiques,en positif ou en négatif. Mon patron m’a déjà menacé de porter plainte ne croyant pas en ma bonne foi. Que dois je faire ?
- La première solution, dit à nouveau la voix chaude, serait de prendre un traitement décontractant pour détendre vos muscles. Mais, si rien n’y fait, le mieux serait de vous reconvertir dans une profession où vous ne toucheriez plus jamais aux chiffres : jardinier par exemple ?
C’est ainsi que cet homme devint jardinier en chef de la petite ville de Dizéros, en toutes lettres.
COGITO ERGO SUM
Pourquoi suis-je là ? Bonne question. D’ailleurs, qui suis-je ? Je n’ai toujours pas réussi à atteindre le « Connais-toi toi-même »… J’en déduis donc que je ne m’ai jamais été présentée. Mais me suis-je seulement représenté ce que je suis ? Un animal pensant ? Trop restrictif pour les bêtes ! Surtout le singe dont certains disent que nous sommes une évolution, terme ô combien contestable. D’autres prétendent que notre lointain ancêtre était un poisson. Nous en aurions alors perdu les écailles pour n’en conserver que la capacité à louvoyer ou à nager en eaux troubles ! Et il en est pour affirmer que le singe lui-même descend du fameux poisson. Serait-ce là l’origine des sirènes ? Des êtres hybrides incapables de survivre loin de ces deux éléments ? Personnellement je connais des individus au profil simiesque vivant près de la mer, mais là n’est sans doute pas le propos.
Je dois me ressaisir et essayer de revenir au point de départ de mon introspection, tentative hasardeuse puisqu’on n’est pas supposé pouvoir remonter le temps, tout ce temps perdu à essayer de le rattraper… Assez ! Retour au point zéro de tout ceci : pourquoi suis-je là, alors que j’ai tant à faire ailleurs ? Et si, ailleurs, personne n’avait besoin de moi ? Mais moi, quel besoin, quelle envie m’ont poussée à entrer ici ?
Eureka ! Je sais ! Besoin, envie… Je suis pratiquement certaine qu’il y a des toilettes au rez-de-chaussée de cet institut !
Le nom ne fait pas le moine / Jill Bill
COGITO ERGO SUM / Galet j
RECONVERSION / J.Libert
C'est non / K
Ici et ailleurs / Marie Sylvie
L'ENTRETIEN /Tarval
Je flippe /Lilou
Une étrange
conversation !
Téléphone
Orange : Bip
bip Oh là là ! J.: Bip bip Oh là là ! J'ai trop chaud, je surchauffe
à force d'être utilisé toute la journée !
Éponge : Oh , pauvre de: Oh, pauvre de
toi ! Moi, je passe ma journée à absorber de l'eau et à être pressée comme un
citron. C'est épuisant !
Téléphone
Orange : Pff… au
moins, toi, tu as le droit à des bains ! Moi, je ne peux même pas toucher une
goutte d'eau, sinon, c'est la panne assurée !
Éponge : Héhé , c'est vrai ! Mais crois
- moi , ce n'est pas si agréable que ça: Héhé, c'est vrai ! Mais crois-moi, ce
n'est pas si agréable que ça. Je suis toujours trempée et on me tord dans tous
les sens.
Téléphone Orange : Moi , au moindre
choc: Moi, au moindre choc, j'ai peur de me casser ! Hier, mon propriétaire m'a
fait tomber par terre… J'ai cru que j'allais y passer !
Éponge : Oh ,: Oh, je comprends ! Moi,
après chaque utilisation, on me jette sans ménagement dans l'évier. Quelle vie…
Téléphone
Orange : On dirait
que nous avons: On dirait que nous avons tous les deux des vies difficiles…
Éponge : Oui… mais au moins, on sert à
quelque chose !
Téléphone Orange : C'est vrai ! Allez,
courage, mon amie !
Éponge : Courage à toi aussi, téléphone
orange !
A tout
bientôt
ALLO ? ALLO ?
Allo ? Allo ?
Qui est au téléphone ?
Est-ce pour une publicité, encore ?
J’en ai assez de ce téléphone qui sonne sans arrêt.
C’est cinq à dix fois par jour,
Et à chaque fois que je décroche, personne.
Serait-ce des coups de fil menaçants ?
Je n’en sais rien, mais cela commence à m’inquiéter.
Alors, quoi faire ?
Changer de numéro ?
Mais il faudra prévenir tous mes contacts,
Et je ne m’en sens pas le courage.
Alors, les ignorer ?
Mais si je reçois un coup de fil important,
Je risque de passer à côté.
Déposer une main courante à la police ?
Ils vont me rire au nez,
Ils n’ont pas que cela à s’occuper.
Je n’ai pas de solution,
Sinon me résoudre à répondre,
Même si je sais que cela ne sert à rien.
Je repose le combiné, perturbée.
Je vais dans un premier temps avertir l’opérateur téléphonique,
Peut-être pourrait-il agir en ciblant les appels.
Oui, je vais commencer par ça,
Et ensuite, j’aviserai selon les résultats.
En attendant, je prends mon mal en patience,
Et je vais répondre malgré le fait qu’il ne se passe rien quand je décroche.
Je ne sais pas quoi faire d’autre, donc je m’y résous avec tristesse.
Nadine avait exactement le même que sur la photo, remisé au grenier avec le moulin à café en grains et le transistor, impeccable, la bakélite toujours brillante après un coup d’éponge. Elle ne pouvait se résoudre à s’en séparer ; pourtant, elle savait que ce téléphone ne reprendrait jamais du service. Sans doute, était-il le témoin d’une époque où la vie lui était légère.
En jetant un œil dans le rétroviseur des années, elle se souvint qu’elle, comme ses parents, avait connu les années « sans ». On communiquait surtout par courrier ; l’on mettait des jours à se rejoindre pour se donner ou avoir des nouvelles des uns et des autres. Écrire, pour certains anciens, relevait de l’exploit ; les années d’école primaire très loin derrière eux.
Nadine utilisa son premier téléphone, au début de sa vie professionnelle, autour des années:66-70. C’était un appareil noir, imposant, luisant, prenant une place énorme sur le bureau. Peu familière avec la nouveauté, au début, elle en avait presque peur et sursautait à chaque sonnerie.
En quelques années lui avait succédé le téléphone de la photo, léger, fantaisie, coloré, à cadran. On avait tout le temps de songer à la prochaine conversation en formant le numéro de son interlocuteur. Seulement, impossible de le joindre en cas d’absence.
Les touches remplacèrent bientôt le cadran. On ne faisait plus tourner, on appuyait ! Sur répondeur incorporé, on pouvait signifier son appel.
Avec l’arrivée d’internet, disparurent les téléphones filaires et toutes les traces anciennes de télécommunications : les opératrices à qui l’on demandait « le 22 à Asnières », les cabines téléphoniques de coins de rue qui voulaient bien fonctionner avec quelques pièces de monnaie. Une véritable révolution !
Aujourd’hui, qui n’a pas son smartphone ? « sa prothèse » collée en permanence à l’oreille, ou dans les mains, ou dans la poche de son pantalon, les petits comme les grands, les jeunes comme les vieux, partout, en tout temps, à tout moment, en tout lieux.
L’évolution est constante. Ses utilisations et ses applications sont multiples, une sorte d’extension du « moi » avec les risques que cela comporte.
L’avenir nous en fera le bilan !!
Allo ! Allo !
Oh nostalgie des seventies…
Quand Nino chantait Gaston,
Quand le 22 à Asnières était déjà has been,
Quand le PCV n’était pas encore obsolète,
Quand la mémoire était un muscle efficient,
Quand le téléphone n’était pas encore importun,
Quand on pouvait vagabonder sans laisse.
Avons-nous gagné au change ?
Je n’en sais rien, je jette l’éponge !
Il n’y a plus d’abonné au numéro demandé…
Bip… bip… bip...
Ils remisaient le rouge lorsque le temps était à la décrispation, voire la normalisation, ou même la détente, au point que chaque dirigeant était autorisé à répondre ou à appeler son homologue en peignoir éponge.
Peut être que.
Elle se dresse haute et verte de ses murs, son aura est voilé de verdure.
Qui abrite t-elle en son royaume si haut ?
Qui va là ?
Fait il bon y vivre ou n'est ce qu'une réalité subliminale ?
Qui se cache dans ses appartements ?
La rumeur dit que ce n'est qu'un image, tout droit sortie
d'une imagination fertile !
Mais la rumeur peut avoir tort !
Un endroit si plein de verdure,
un endroit avec un joli jardin,
un endroit avec piscine et parasols,
un endroit avec un parking propre,
mais oui bien sur que cela existe ?
Certainement quelque part, cette belle tour
qui se dresse, haute et fière...
Certainement qu'elle fait le bonheur de quelques uns.
Mais si en fait ce n' était qu'un mirage ?
Un été avec l’IA
Nous voulions réserver un chalet au cœur de la forêt. Enfin c’est ce que je voulais pour nos prochaines vacances. Sauf que mon mari, lui souhaitait un road trip en moto sur la route 66 au départ de Los Angelès, un rêve de jeunesse en supens depuis des décennies. Je n’ose imaginer le rat de bibliothèque qu’il est devenu sur une Harley de location.
Suzanne, notre fille, elle a opté pour un été à Ibiza avec villa les pieds dans l’eau plus piscine. Elle a toujours été très organisée, je me demande de qui elle tient. Elle avait rassemblé toute la documentation nécessaire à notre voyage, vol, tarif, jours, horaires, prix de la location, etc.
Maurice, notre fils, lui, n’avait pas d’ambition particulière, le contraire m’eût surprise. Il avait juste quelques exigences, ne pas avoir à nous suivre en rando, ne pas avoir de courses à faire ni de vaisselle. Il voulait seulement profiter de son temps à lui comme bon lui semblerait.
Suzanne, toujours pratique, a proposé de soumettre toutes nos demandes à Boris, notre intelligence artificielle at home.
Après un long moment de réflexion, Boris nous a sorti la destination idéale pour toute la famille.
Saint Maurice sur Moselle dans les Vosges, nationale 66, Hôtel avec piscine et restaurant sur place. On avait tout, les randos en montagne, la route 66 à sillonner en Harley, la piscine et pas de courses ni de vaisselle. Après moult réflexions, on s’est dit que peut-être l’aventure était dans les Vosges.
Alors Osons les Vosges !
IMMEUBLE D’EXCEPTION
Habiter un immeuble aussi propre, aussi coloré : je signe tout de suite, j’aurais du cœur à y vivre. Malheureusement, la réalité est souvent tout autre.
Situés la plupart du temps à la périphérie des villes, beaucoup d’immeubles se dégradent très vite au fil des années, les syndics de copropriétés se faisant parfois tirer l’oreille pour l’entretien et la réfection des façades. Il faut dire que le montant des charges et les provisions demandées à tous bloquent ou diffèrent les décisions de travaux. Cependant, un distinguo apparaît entre les immeubles habités par des propriétaires et les immeubles en location, type H.L.M. Le propriétaire garde le souci de son bien qu’il devra revendre en bon état s’il ne veut pas y perdre financièrement.
Ce qui est déprimant dans les immeubles loués, c’est de constater non seulement les dégradations des parties communes mais aussi le jean foutisme de certains. Ils n’ont aucune considération pour le bien être général et de ceux qui en assurent l’entretien régulier laissant parfois traîner des détritus de toute nature.
La vie en immeuble nécessiterait une éducation particulière de l’occupant quant au respect qu’il doit aux autres : propreté, bruits, etc
Alors qu’en maison , la promiscuité étant moindre, le propriétaire peut toujours monter le son de sa musique, le propriétaire ou le locataire d’un immeuble doit se faire plus discret et penser à ses voisins.
On a vu des gens faire de la dépression à cause de l’incivilité de leurs voisins trop bruyants ou incorrects qu’aucune remarque n’arrêtait.